Posts on août 2014

All by myself

Y a 2 types de gens dans la vie de grands (moment je mets dans les cases et caricature pour expliciter un propos) : ceux qui sont en couples et ceux qui sont célibataires. Histoire de pousser l’idée plus loin, je peux aller jusqu’à vous écrire : il y a ceux qui planifient leurs vacances en prenant en considération les désidératas et possibilités de tiers, et ceux qui savent ce que ça veut dire « partir tout(e) seul(e) ».

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L.A. : Le mot de la faim

Avec ce séjour à L.A.*, j’ai profité des joies de la culture culinaire américaine. D’une façon générale, ce que j’apprécie dans la cuisine de là-bas, c’est cette qualité qu’ « ils »ont à prendre le MEILLEUR de tous les pays, et se l’approprier. C’est vrai à New York, et c’est aussi vrai à Los Angeles (Venice Beach / Santa Monica) (je le rappelle, je ne pense pas que ces 2 villes soient représentatives de l’ensemble des US cela dit).
Évidemment au côté du meilleur (à des prix qui vont de « abordable » à « vas y lâche l’affaire tu m’as prise pour Crésus ? »), il y a aussi le pire de la mal-bouffe et des boui-bouis qui franchement ne donnent pas envie, mais très honnêtement plutôt moins qu’à Paris.

A Los Angeles, il n’est pas rare du tout de tomber dans des endroits végétariens / sans gluten / bio / produits locaux (et parfois le tout combiné). L’éco-responsable en moi (oui oui) s’en trouve comblée. D’autant plus que ça ne signifie pas nécessairement « prix de tarés ».

Alors woilà, sous vos yeux ébahis, un petit tour de mes jolies découvertes avec les quelques histoires qui vont avec. Je ne vais pas vous mentir, je n’aspire pas à la reconversion vers le blog foodcritic, et c’est certainement plus les petites histoires qui vont autour des « endroits » qui m’intéressent.

Huckleberry

Dimanche, premier jour à L.A. officiellement, je me dirige vers Santa Monica. Mon Lonely Planet me recommande Huckleberry, à l’intersection entre Wilshire blvd et la 10ème (rue ou avenue je ne sais plus mais ce n’est pas aussi important qu’à N.Y. ce genre de détails). A priori les plats sont à tomber. Et ça doit être le cas car il y a je pense 45 bonnes minutes de queue avant de pouvoir passer commande pour ensuite avoir une table. Je lâche l’affaire et décide de prendre to go (comprendre « à emporter ») un chocolat et un peach & cream kouign amann (oui, tu as bien lu, la Bretagne n’est jamais très loin). Le chocolat est au top et la pâtisserie une tuerie : la pèche cuite au four, juste juteuse et au goût du soleil repose sur une crème pâtissière vanillée comme je l’aime, le tout sur une pâte feuilletée qui ne vole pas son nom de kouign amman. Une tuerie, pour de vrai.

2 jours plus tard, je retente l’expérience juste avant midi. Le weekend est passé et tout est beaucoup plus simple. En 10 minutes j’ai une table.
Quelques minutes plus tard Jack vient s’asseoir à mes côtés. J’apprendrai plus tard qu’il vient du Montana, est déjà régulièrement venu à Paris, vit à Venice depuis « plus longtemps que je ne suis sur cette terre », qu’il a choisi Venice pour a peu près les mêmes raisons que j’apprécie cet endroit : l’océan, le mix social, l’attitude positive qui s’y dégage. Comment je sais tout ça ? Par ce que quand mon croque madame est arrivé et que j’ai posé mon magazine, il a souri, m’a dit que c’était son plat préféré, et m’a demandé si j’avais déjà été à Paris car là bas, c’est fou comme on en trouve à tous les coins de rues. J’ai souri à mon tour. Oui, Paris, je connais Paris… Et de blabla en blabla sur la qualité du croque, son plat à lui, les endroits où bien manger dans le coin et autres évidences sur Paris et Los Angeles… Jack, 60 ans bien passé m’a souhaité de très bonnes vacances, laissé son numéro si j’avais besoin de quoi que ce soit, et d’un commun accord nous a fait passé un bien chouette moment.
Le croque était de fait effectivement très bon. Le lieu chouette. Et puis les produits locaux et bio. Une adresse que je recommande chaudement (hors weekend car c’est un lieu de RDV pour les brunchs des Angelinos).

Huckleberry –
1014 Wilshire Boulevard, Santa Monica, CA 90401 // (310) 451-2311

 

What are you grateful for? – Gratitude

Le lundi, décalage horaire oblige, je suis prête à commencer ma journée à 7h30, et je pars donc vers le café Gratitude, adresse recommandée par ma barrista de copine. Gratitude, sur Rose avenue est donc bio / végétarien / sans gluten / produits locaux. J’y ai commandé des pancakes qui en avait surtout le nom (pas de farine de blé utilisé, ni d’œufs) et le sirop d’érable. C’était… étrange, mais pas dégueu non plus. En revanche Gratitude c’est un concept. Les serveurs portent tous un chapeau (ambiance american farmers) et un teeshirt avec une mention du genre love is the best thing ever (l’amour c’est la vie – je caricature… à peine).
Alors que je bouquinais tranquillement le Cosmo du mois (ou Truman Capotte / oui ça se joue entre les 2), le gentil serveur (et au passage plutôt pas mal malgré son tee-shirt et son chapeau un peu ridicules) est venu me poser la question du jour (every day a new question) : qu’est ce qui te rend le plus heureuse ? (OK, let me think about that ai-je répondu).

Gratitude

La salle est très grande, le lieu un peu froid de l’extérieur et perdu sur une grande avenue (L.A. style), mais on a l’impression d’être dans un resto plutôt classe et c’est vraiment pas mauvais, le tout a un prix abordable (même si pas donné).
J’ai terminé tranquillement mon thé glacé à la pèche (un rooibos). Il s’appelait « Love » (et au moment de le servir, le serveur derrière ses yeux bleus m’a bien dit « here is your love« ). J’ai pu terminer tranquillement mon love, sans sentir la pression d’être la reloue qui retient une table alors qu’elle est toute seule et va faire une toute petite note. On était lundi matin, il n’était pas 9h. Ça joue peut-être aussi.

Gratitude –
512 Rose Ave, Venice, CA 90291 // (424) 231-8000

 

Au long de mes « recherches » mon Lonely Planet m’indique ce qui est supposé être « le meilleur sandwich de L.A., voir même meilleur sandwich de tous les temps ». Il faut savoir (il le FAUT) que j’adore les sandwichs. Outre le traditionnel truc de boulangerie que l’on trouve un peu partout, je sais qu’avec du vrai bon pain et de chouettes produits, il y a moyen de complètement réinventer le sandwich pour en faire un truc de dingue questions saveurs (on a compris que je suis dans le superlatif sur ce poste). Les traiteurs italiens près de mon boulot me confirment la chose régulièrement, et Bay Cities à Santa Monica, je vous le donne en mile, est un traiteur / une épicerie italien(ne).
Il y a du monde, surtout à partir de midi 30, mais après être rentré dans ce qui semble être une épicerie de quartier, on prend un ticket au comptoir traiteur, on attend son tour, et on choisi son sandwich, avec ou sans les works (ça serait l’équivalent des crudités – tomate, salade, cornichon, moutarde) la taille (moyen ou grand) et là bam bam, c’est fait sur place et devant vos yeux. Le pain n’est pas fou, mais reste un bon pain italien légèrement parfumé à l’huile d’olive. Et pour 8 dollars 50, on savoure la grande version du sandwich (with works) qui n’est peut être pas le meilleure de tous les temps, mais s’inscrit sur ma liste des tops of the pop. Clairement.

Bon, je nuance quand même largement le côté « prenez vos sandwichs puis allez les déguster sur la plage de Santa Monica », par ce qu’il faut remonter 6 ou 7 blocks avant d’arriver à Bay Cities, rien de fou, mais une bonne bonne demi heure à pieds quand même. On sort de l’ambiance plage, on est plus + dans l’ambiance pause déjeuner des Angelinos. Mais ça reste L.A. donc même avec du sable sur les épaules et le sel dans les cheveux, je me sentais à l’aise. 
Bay Cities –
1517 Lincoln Blvd, Santa Monica, CA 90401 // (310) 395-8279

 

Retour sur Abbot Kinney à la fin de ma première semaine, la rue principale de Venice où se succèdent des boutiques de fringues plus ou moins grand public / abordables, des shop de créateurs, et bien-sur des petites boutiques comme j’adore avec des trucs un peu décalés, souvent trop cher pour ce que c’est, mais des trucs que je ne trouverai nul par ailleurs (comme mon tote bag « Venice », mon mug, mon joli carnet, quelques cartes souvenirs…). Et bien sur des cafés, quelques bars et des restaurants comme Gjelina. L’ambiance est très hipster, les plats ne sont pas donnés donnés, mais damned que c’est bon.
Les pizzas sont cuites sur une pâte d’une grande finesse (dans tous les sens du terme), les apetizers ont l’air trop bons, les produits sont frais, les associations de produit donnent trop (trop) envies, et j’ai mis 15 minutes à me décider sur ce que j’allais prendre.
Je n’y suis allée qu’une fois car pas du tout dans mon budget de traveleuse et un peu trop dans le show-off et « vas y que je regarde à droite et à gauche pour savoir si je suis bien entouré(e) » pour mon humeur. Mais Gjelina est typiquement américain : des associations à la française, une pointe d’Italie, quelques condiments asiatiques, le tout avec des produits locaux.
MI-A-AM!

Gjelina –
1429 Abbot Kinney Blvd, Venice, CA 90291 // (310) 450-1429

Tous les jours, après mon petit rituel plage, lecture, plouf, marche, soleil, lecture, marche, déjeuner, plouf, mec plus ou moins relou qui vient papoter, musique, lecture, arrivait ce moment fatidique où mes épaules criaient chaud/chaud et où le vent devenait désagréable. C’est en règle général le moment où je rentrais vers une petite douche et emportais mon ordi pour une session à l’Intelligentsia coffee. Je n’y connais rien de rien en café et c’est la copine barista qui m’a indiqué l’adresse. Il en existe 2 à Los Angeles, l’adresse se refile entre connaisseurs, et l’uniforme officiel du consommateur se résume en barbe + macbook + chemise + pantalon bien coupé + tatouage (hum!, oui, j’ai maté comme une tarée !). Un peu comme pour Gjelina, à quelques mètres tout juste de là, c’est hipsterland, mais un peu plus accessible, un peu plus simple, beaucoup plus détendu.
Le chocolat y était très très bon, l’endroit est devenu rapidement un repère.
Lors de ma première visite, je me suis assise juste à côté de ce que je croyais être un couple, mais c’était plus un first date je pense. Ils détonnaient un peu dans la faune local. Pas assez dans la hype, sûrement un lieu choisi pour sa renommée plus que par goût véritable (l’avantage de ma position de blogueuse derrière son écran, c’est que je peux broder un peu ce que je veux autour d’une situation, ça n’engage que moi). Les questions étaient basiques (d’où tu viens, et sinon tu penses quoi de ça, tu lis quel genre de bouquin…) jusqu’au moment où, pour lui faire plaisir, il a sorti un paquet de bonbons… Des réglisses. Elle a eu l’air surprise. « Bah oui comme tu m’as dit que tu aimais ça » lui a t-il rappelé. Air un peu gêné de la demoiselle. Il ouvre le paquet. Elle affirme sur un ton faussement enjoué comme les américains en ont le secret de fabrication (beaucoup imité, jamais égalé) que c’est so great. Elle goutte. Lui aussi. « J’en n’avais pas mangé depuis tellement longtemps » dit-elle comme pour s’excuser d’avoir, un soir (sûrement), pour se donner un genre, évoqué dans sa discussion avec lui qu’elle aimait ça. Par ce que finalement, leur tête veut bien dire ce qu’elle veut dire : non, ce n’est pas terrible. Ainsi, ils ne toucheront plus le paquet pendant les 45 minutes où ils resteront à ma gauche, me laissant dans l’attente, depuis mon coin de l’œil, pour savoir si ça allait conclure… ou pas. Je n’ai malheureusement pas eu le fin mot. Mais les jeux de la séduction auront toujours le mérite de me faire sourire, surtout devant un bon chocolat chaud avec plein plein de mousse de lait.

Intelligentsia Coffee Venice Coffeebar – 
1331 Abbot Kinney Blvd, Venice, CA 90291 // (310) 399-1233

 

Je vais finir sur une note japonaise. J’étais assez persuadée jusqu’à maintenant que les sushis que l’on mange ici en France (et qui font largement partis de mon régime alimentaire) ne sont pas du tout au niveau des vrais de vrais. Alors je ne suis toujours pas aller au Japon, mais j’ai goutté, dégusté, savouré les sushis de Sugarfish à Santa Monica. Et depuis, plus RIEN n’est pareil. Sugarfish est une chaîne créée par le chef Kazunori Nozawa, un mec un peu connu à ce qu’il parait (pas de moi, je vous rassure). Le concept : revenir aux basiques, à l’essentiel, à un poisson d’une extrême finesse de goût, de grande qualité et qui fond dans la bouche comme j’avais jamais vu du poisson (cru) fondre. Le riz qui l’accompagne est doucement tiède, fondant lui aussi, un délice. Et les rolls sont loin du rouleau de riz bourratif qui entoure une garniture plus ou moins cuisiné entouré d’un rouleau d’algue caoutchouteux. Non, chez Sugarfish l’algue est craquante, le riz, cf. ci-avant, un régal, et le poisson parfaitement cuisiné, frais, au top. On peut y choisir ce qu’on souhaite à la carte ou faire confiance au chef qui vous cuisine 3 menus selon la pêche, l’arrivage, la qualité des poissons et l’humeur peut être. C’est simple, clairement pas donné, mais un tel régal que j’y ai succombé deux fois (c’était la fin des vacances et le budget était déjà en mode portaouak).
Le restau est situé près de la plage, mais il s’agit néanmoins d’un restaurant de chef, alors quand j’y suis allée la première fois avec mes cheveux mouillés en bun négligé (mais travaillé… toujours !) et poumboum short en jean, je n’étais pas sure d’avoir la tenue adéquat. Mais non. Pas un regard, pas une remarque, des sourires, des gens polis, un serveur prévenant… C’est ma new yorkaise de copine qui m’a dit que je ne pouvais PAS partir de L.A sans y passer.
Il faut toujours écouter les copines !

Sugarfish by Sushi Nozawa – 
1345 2nd St, Santa Monica, CA 90401 // (310) 393-3338

 

En bonne française et malgré un rapport à la nourriture pas forcément toujours très régulier, mes repas rythmaient mes journées et mes ballades. J’ai très très bien mangé à Los Angeles. Je n’en attendais pas autant.
Quand on a les vagues, le soleil, les trente degrés et les mecs tatoués, ne manque plus que les bons plats pour signer la carte postale.

xxx

* si tu débarques là, avec ton bronzage de « j’viens juste de rentrer de vacances, il s’est passé quoi ? », sache ami lecteur que ça fait 15 jours que je suis rentrée (MOI) et 3 semaines que j’ai atterri d’un périple merveilleux à Los Angeles, Californie – j’ai kiffé sa reum en short comme t’imagines même pas, et si tu cherches un peu dans les archives, tu pourras retrouver tout le détail (genre ici, par exemple)

Eternal Sunshine of the Spotless Mind

C’est un voyage en train. Il est près de 20h. Je sors mon ordinateur, celui qui voyage, le petit, celui qui rame à chaque fois que je lance quelque chose, celui qui porte mes écrits quand j’ai le nez collé à la fenêtre / au hublot. J’ai plus de 3h devant moi, alors je double clique sur un film. Eternal Sunshine of the Spotless Mind.
J’ai vu ce film pour la première fois en 2005. Et depuis, régulièrement, il m’accompagne. Parce que Kate Winslet y est formidable, Jim Carrey loin des rôles qu’on lui connait, Gondry dans la réalisation d’une poésie à la fois touchante, joyeuse, mélancolique, et Beck signe la chanson originale pour enrubanner le paquet cadeau.

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L.A. : On m’avait dit…

… Te pose pas trop de questions. Tu sais petit, c’est la vie qui t’répond. (Philosophie Patrick Bruel du jour : bonjour !)

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