Tu sais, je savais pas si j’allais y aller… Déjà parce que 48 heures avant je me disais que peut-être j’allais bosser. Finalement j’ai bien rejoint Balard, mais un peu plus tard.

Ensuite y a eu les gilets jaunes et les CRS. Ceux qui ont pris tout l’espace. Je suis bien placée pour le savoir : j’ai passé ma matinée à les regarder… Par curiosité, incompréhension parfois et déformation professionnelle aussi, un peu.
Je savais qu’ils étaient là, à 3 rues du rassemblement, à 3 rues du point de RDV décalé (pour l’occasion) de Madeleine à Opéra.

3 rues ce n’est rien : serions #NousToutes présentes ?

Puis finalement, y aller… Parce que 3 rues c’est beaucoup. À l’échelle de Paris c’est gigantesque. 3 rues, c’est tout de suite 2 ambiances.

En fait à Paris (et ailleurs, qu’on se rassure), ce qui ne change jamais d’une rue à l’autre, ce sont les regards qu’on n’a pas demandés, les écouteurs qu’on met sur ses oreilles et le pas décidé, les sièges du quai de métro sur lesquels on ne s’assoit jamais parce qu’on a bien essayé une ou deux fois mais on s’est sentie comme une proie, le sentiment persistant qu’être une nana blonde et pas trop mal gaulée ça signifie de toute façon devoir faire 3 fois plus ses preuves, les insultes (« salope », « sale pute », « je te boufferais bien le cul » balancé au milieu du 17e par un homme en âge d’être mon père), etc.

Ah oui parce que, j’en ai pas écrit une ligne, mais #MeToo.

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