Hier, après quelques jours de pause, j’avais le stylo qui me démangeait et les mots qui s’accumulaient. J’ai, ainsi, commencé la journée de ce mardi contente de retrouver DamePomme, contente de lister les bouts d’idées, contente de commencer à évacuer de ma petite tête l’embouteillage qui se formait.
Je finissais le tri d’un flux RSS dégueulant de 450 notifications (ma conférence de rédac’ à moi) quand Europe1 est passée en édition spéciale.
8h45.
Pas de Canteloup.
Pas de Jean-Marc Morandini pour m’annoncer des audiences que j’aurais lues par ailleurs en simultanée.
« Oh Putain » furent les premiers mots prononcés en ce 22 mars par ma voix cassée depuis 4 jours (les pauses me réussissent).
Le même « Oh putain » que celui prononcé 9 jours avant, après les annonces de Grand Bassam et Ankara (et tant d’autres fois encore).
Et la même tristesse, profonde, incontrôlée, indéfinissable, que celle du 13 novembre.

Après 1 heure à l’écoute de Thomas Sotto, j’ai posé mes yeux sur Itélé, puis France2, sans vraiment décrocher de mon fil Twitter. Comme une routine, comme un réflexe.

Faut-il vraiment que les éditions spéciales soient à ce point devenues banales ?

Alors que mes yeux se sont figés sur le décompte des disparus, les mots se sont bloqués. Ma journée a pris une tournure différente de celle imaginée.  Et après plusieurs heures hypnotisée, j’ai fini par zapper, faire taire les « experts », éteindre ceux qui, en vain, expliquaient l’inexplicable. Un œil toujours posé vers le fil de l’oiseau bleu j’ai tenté, malgré tout et malgré moi, d’ajuster l’autre vers un défilé de mots sur mon écran : futiles et décevants.

Cet après-midi, pendant mon cours de Body Combat, entre deux croisés alternés « genou, genou, et reviens » les larmes sont montées (où étaient-ce mes yeux qui transpiraient, eux aussi ?)
La tristesse a fait place à la colère.
Toujours la même : profonde, incontrôlée, indéfinissable.
Contre qui et contre quoi ?

Au nom de qui et au nom de quoi ?

Toujours les mêmes questions.

Puis finalement écrire.
Quelques mots posés trop vite, trop tôt. Mais des mots pour parler de Bruxelles et de ses Bruxellois touchés aujourd’hui, à défaut de parler du reste. Le reste on verra plus tard.
Demain.
Un autre jour.
Entre temps, des hauteurs de mon #Palace je contemple les nuages et m’en irai, à la tombée de la nuit et après avoir allumé de nouvelles bougies sur mon balcon, m’enfouir sous mon plaid à fleurs.

Il y a eu, aujourd’hui, plus de 30 morts à Bruxelles.
Si ce midi je laissais parler Brel sur ma page Facebook, je laisse ce soir le dernier mot à Stromae. D’abord parler d’amour, mais in fine, demain, un autre jour, recommencer à danser.
Et y croire… Toujours.

xxx

Image : esperanzah!