Cet après-midi je me promenais avec une femme enceinte. Le fait que ce soit ma meilleure pote donne un peu de logique à l’évènement, en tous cas dans ma tête.
Parce que dans les faits, j’ai 31 ans et les photos de mes amis en version mini pullulent sur les statuts Facebook. Il semblerait que ce soit, de toute façon, normal.

J’habite à côté d’un collège / lycée, juste là, au coin. Par ailleurs la fenêtre de ma chambre donne sur une cour d’école maternelle / primaire, de l’autre côté de la rue. Pourquoi cette mise en contexte ? J’y viens…

Un jour (ouvré) par semaine, je ne travaille pas. Un jour par semaine j’ai un rythme décalé. Et régulièrement, je passe la tête par ma fenêtre de chambre histoire de renouveler l’inspiration. Là, sous mes yeux, dans la rue qui mène à l’école primaire, trainent les d’jeunes ados à la sortie des cours. Je les vois, échanger en sous mains des cigarettes, dealer gentiment quelques miettes d’illégalité. Il y a les groupes de mecs. Certains roulent les mécaniques. Les filles qui parlent fort. La belle gosse, ou en tous cas la grande gueule, celle qui vient se frotter de plus près aux attroupements de chromosomes Y. Les autres, plus à l’écart. On se regarde, on rigole, on se jauge. Rien n’a changé : 10 ou 15 ans plus tôt, c’était moi.

Parfois, en revenant des courses, quelques pas devant moi, je suis dans l’ombre d’une maman. Je la reconnais avec son pantalon 7/8ème (oui, c’est un vrai truc), ses sandales K.Jacques et son cabas Vanessa Bruno. Elle est parisienne et se rend d’un pas pressé vers la sortie de l’école maternelle récupérer son bout d’chou de 3 pommes.

C’était une journée comme une autre il y a quelques semaines. La « maman » a poursuivi son chemin vers les portes de l’école des petits pendant que je remontais vers celle des plus grands. Et j’ai réalisé… Ah oui mais parce qu’en fait, elle, cette dame, cette maman, elle a mon âge, ou pas loin. C’est ma soeur (jolies mini nièces), ça sera bientôt ma meilleure pote allant récupérer le grand frère de celle qui s’apprête à naitre, c’est déjà l’une de mes copine blonde de lycée, bientôt ce seront les autres, toutes les 4 d’entre elles, etc. Ah oui mais parce qu’en fait, cette maman est plus proche de ma réalité que l’inconscience des émois qui se joue sous mes fenêtre.

Ah bon ?

La réalité : Samedi j’ai tenu la main d’un p’tit chou de 8 mois en visite depuis son sud dans le porte bébé de sa maman qui reste avant tout pour moi une amie de plus de 15 ans. Il y a dix jours j’apprivoisais les 8 mois (encore) d’une mini blonde (rousse) dont la maman suivait les mêmes cours de maths que moi en première. Et cet après midi je laissais ma copine reprendre son souffle de femme enceinte (de 8 mois) aux barreaux d’un lit d’exposition alors que nous choisissions – désabusées – une alèse pour le lit de son plus grand chez Aubert.

Moi, bizarrement, j’ai toujours l’impression d’avoir 15 ans et qu’au détour d’un regard timide derrière mon cahier (mojito), il comprendra qu’il me plait bien. Ça marche moyen, mais j’avoue ne pas m’être encore complètement rassasiée de l’insouciance égoïste qui me fait penser à moi juste à moi. Même si j’avoue de temps en temps avoir un petit kiff très personnel quand les rares petits choux que j’aime d’amour, dans mes bras, savent le temps d’un instant, qu’ils peuvent poser leur tête sur mon épaule ou serrer fort ma main de leur tout petit équivalent. Quand ça pue je rends et si ça bave je chouine. Mais entre les deux je distribue quelques bisous.

La réalité est un concept dont il faut savoir jouer parfois.

Sinon pour info, cet après-midi il s’est passé un truc de dingue, du genre « jamais vu » en plus de 10 ans à Paris. Avec la copine on a commandé une menthe à l’eau. On nous a servi une menthe à l’eau. Et on nous a fait payer une menthe à l’eau. 3 euros… Pour deux verres. Pas un Vittel menthe, mais bien une menthe à l’eau.
J’en aurais pleuré.
Le café s’appelle « La pause du conservatoire », au 11 rue Bergère, dans le 9ème. À quelques pas de la jolie BNP.
Ça sera la conclusion.

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