Moment confession : en janvier j’ai l’œil baladeur.

Je ne sais pas si c’est le défilé incessant de photos de sable, de surfeurs à la planche ou de barbecue au bord des plages du pacifique, reste que, tous les ans depuis une dizaine d’année, en janvier, je maudis les comptes Instagram / Facebook de mes comparses, d’ici ou de là-bas, résidant en Australie. Je maudis mais je scroll, comme dirait la jeunette qui se tartine de crèmes anti-acné, comprendre « je râle mais je m’obstine à m’assurer de ne rien en manquer » comme dirait l’adepte des crèmes anti-rides.
(les joies de la trentaine, cet entre-deux).

Il parait que petit à petit les jours s’allongent, qu’en plein cœur de l’hiver on peut se réjouir, cette année, de vivre de vraies températures froides, du genre bonnes pour la nature et assainissantes pour l’air ambiant (abstraction faite du nuage de pollution qui plane sur Paris). Il parait qu’après l’hiver vient le printemps et que tout ceci n’est qu’un éternel recommencement nous entrainant inéluctablement vers une canicule prochaine.

N’empêche, on ne m’enlèvera pas de l’idée que là où l’eau s’écoule dans l’autre sens dans le lavabo, en ce moment, c’est l’été.

Oui, à l’heure où j’écris ces quelques lignes habillée d’un pull en pilou, sous la couette et les pieds sur une bouillotte blanche ornée d’un cœur rouge, d’inconscients et d’inconscientes jeunes gens se prélassent sous un soleil de plomb, racontent leurs dernières soirées autour d’un feu de camp ou peaufinent les détails du barbecue à venir.
Nous on atteint les pics d’épidémie de grippe et de gastro.
Chacun ses fardeaux.

L’espace de quelques instants fermons les yeux et imaginons que l’odeur de la fleur de frangipanier ne viendrait pas d’une bougie que l’on aurait reçu à Noël et que le bruit un peu lointain qui revient tel un écho serait celui des vagues… Et pas juste la chasse d’eau du voisin.
Non cette sensation de chaleur sur ton bras gauche n’est pas liée à l’utilisation de ton chauffage distribuant dans un rayon de moins d’un mètre ces précieux degrés supplémentaires risquant, au passage, de faire disjoncter la moitié du quartier si l’on en croit les derniers emails envoyés par EDF.
Non.
Il s’agit bien d’un soleil austral à son zénith.

En janvier j’ai l’œil baladeur et l’imagination estivale.

Puisqu’on en est dans la confession, il faut quand même que je te dise, j’ai retrouvé mes cheveux longs. Dit comme ça, tu imagine que ça n’a aucun rapport, mais ça serait bien mal me connaitre. Parce que si mon expérience australienne ou sur d’autres plages aux vagues attirant les planches tels des aimants particulièrement magnétiques n’a jamais poussé ma curiosité jusqu’à aller me ridiculiser sur une longboard, il y a une leçon que j’ai bien retenue en revanche : la surfeuse voit ses longueurs blondies par le sel et le soleil dégringoler dans son dos dans un effet wavy des plus wild. C’est un principe de base.
Alors à défaut d’équilibre, je cultive un autre talent.

Laisse-moi donc reformuler les choses ainsi :

J’ai retrouvé la chevelure pour aller jouer les belles gosses sur la plage et la configuration de mon Palace fait que mon maillot de bain et mon paréo sont actuellement rangés à quelques centimètres sous mon lit / sous mes fesses.

Je pense qu’il est temps, amis de l’hémisphère sud, que vous renvoyiez par retour de boomerang l’été qui devrait être le nôtre.

Perso, j’suis prête.

xxx

Image : Bondi – Sydney – 20 janvier 2006