Il m’est arrivé ce matin un truc de dingue : j’ai rangé mes sarcasmes dans un tiroir… Et mis un mouchoir dessus.
J’vous raconte…

Dimanche matin, tranquille Émile, je m’ennuie sévère avec Balzac (dur, pénible, reste 160 pages à finir en 5 jours si je veux être dans les temps pour mon un mois = un classique). Mon portable intelligent à portée de main, je me suis engouffrée dans la faille spatio temporelle que peut être Facebook, l’endroit où vont se piéger mes pensées quand elles sont instables. Et autant dire que Balzac peine à les accaparer. Je défile le fil et tombe sur le fameux / universel « Machine a écrit sur le mur de Roger : je t’aime +++ amour de moi ! »
Bien évidemment moi, en contact Facebook, je n’ai que Roger et ne connais pas Machine, vu que c’est mon crush secret de lycée / ex de collège / amoureux de fac (tout ceci n’est que pure fiction vu que je n’ai pas eu d’amoureux au collège, ne suis jamais allée à la fac et rien n’était vraiment secret au lycée). Mais comme c’est mon « ami », ça apparaît sur mon fil d’actu.
Là, drame, j’ai le malheur de cliquer sur le profil de sa douce et tendre, et VLAN. Le peu d’actu qui m’est accessible depuis son compte privé se résume via les posts où elle a tagué Roger et ses photos de profil (elle et lui) : l’ensemble de leurs vacances, mariage, achat de maison, fiançailles, date de première rencontre, status « je t’aime chouchou d’amour de mon cœur qui fond quand il te voit » , etc etc.

Premier réflexe, un réflexe gastrique à tendance vomi. Gros coup de too much pour moi. De quoi activer mon fameux mode connasse – celui qui juge et sait mieux que tout le monde : « si un jour j’agis comme ça, poussez moi dans le ravin ! ».
Et puis j’ai réfléchis (oh boy..!).
J’avais qu’à pas cliquer, d’abord. Ensuite, j’avais qu’à pas continuer à faire défiler les détails des 7 dernières années de la vie de Machine quand j’ai vu les émois dans lesquels ça partait. Enfin, qu’est-ce tu t’en fous ? me suis-je dis comme ça. Ma copine psy aurait même pu enchainer : qu’est ce que ça te renvoie de ta propre histoire pour que ça se translate en ce réflexe nauséeux ? (Un problème avec ton père / ta mère ?)

Là, à ce moment là de l’histoire, je ne me suis pas reconnue. Est venue dans ma tête cette phrase inconsidérée :

si c’est leur façon d’exprimer leur amour après tout, ça les regarde, ils ont l’air heureux !

J’avoue m’être, pendant 2 secondes, décrochée de mon corps pour prendre de la hauteur sur moi-même et me souffler « bouffonne ». Mais n’empêche, c’est un peu vrai : si certains ont envie de transpirer publiquement leur bonheur, c’est un droit, un choix. Moi, par exemple, je vis une relation paisible avec le célibat et je ne m’en cache pas.

Je vous vois venir : « ah bah voilà, c’est ÇA, elle est célibataire et malheureuse ! ». Alors, oui (célibataire), mais non (malheureuse). Vous imaginez bien que si j’en arrive là en guise de conclusion c’est que j’ai réfléchis à la question (oh boy..!).
Je ne suis pas célibataire par choix, ça n’existe pas je pense (vérité universelle qui n’a rien demandé, bonjour !). L’être humain est un être sociable qui ne dirait pas non à la présence bienveillante d’un compagnon(e) sur qui se reposer parfois et partager les bonheurs du monde (et je suis convaincue qu’avec la bonne personne le couple ça peut être fun). Mais, je vis bien tout seule. En gros, comme dirait Meredith (Grey’s anatomy) dans le grand larmoiement que peut-être la fin de la saison 11 (non mais sérieux, cette fin !!) : Je n’ai pas besoin de toi pour vivre ma vie, je n’ai juste pas envie de la vivre sans toi. #Moment♥♥

Bref tout ça pour dire, ce matin j’ai fait preuve d’un grand recul sur moi même pour défendre, contre mes propres jugements, des gens qui ne savent pas trop / plus vraiment qui je suis. GROS début de journée !
Le marque page de Balzac lui est toujours kéblo page 196.

xxx