Chers aventuriers du quotidien, contre toute attente (en tous cas la mienne) je m’en vais te parler MÉNAGE.
Reste ça va être bien.

Je crois. 

Je n’ai pas eu une formation très poussée en terme d’arts ménagers. Non pas qu’on n’ait jamais voulu me transmettre le savoir (à l’ancienne), mais ça ne m’a jamais follement intéressée. Alors depuis près de 15 ans maintenant que je dois gérer mon petit intérieur, je suis passée par plusieurs phases : de la découverte que la poussière vient AUSSI se déposer derrière les meubles (et que si je ne l’aspire pas, elle finit par faire des gros moutons) à la quête de la graisse incrustée dans ma cuisine, en passant par l’apprentissage de la machine à laver (faut-il revenir sur ma passion en la matière ?) (je ne pense pas) (mais tu peux cliquer quand même).

Comme c’est en forgeant qu’on devient forgeronne, tout ne s’est pas toujours passé comme prévu. Il y a eu les pulls à 150 euros rétrécis après seulement UN lavage, le surdosage de produit pour le sol qui laisse un film gras, le dégraissant magique qui ne dégraisse rien ou encore ce moment où tu réalises que tu fais ta vaisselle avec la même éponge que celle utilisée pour nettoyer … tout le reste !

Si j’ai commencé par acheter les mêmes produits que ceux présents chez mes parents (si ma mère m’a fourni mes premiers produits ménagers), j’ai ensuite fait preuve de grande sensiblerie vis à vis d’arguments marketing plus ou moins fallacieux avouant, ainsi, une grosse préférence pour le classique et intemporel « sans frotter ». J’adore la promesse du « sans frotter », le « sans frotter » et le « regardez comme j’aspire bien les millions de confettis sur le sol » sont mes favoris du téléshopping ! Vous savez, ces effets de bande réalisés par l’éponge ou l’aspirateur-fou où l’on voit très clairement que là où on est passé, c’est PROPRE ! (et à côté, dégueu…)

J’ai une certaine fascination pour le téléshopping. Si j’en suis un peu revenue, petite, quand d’autres enfants se levaient en douce pour aller jouer à la console ou regarder les dessins animés, moi je savais très bien que sur TF1, avant le club Dorothée, il y avait téléshopping. Je regardais les démonstrations de bijoux moches et autres moules mous « sans besoin d’ajouter de matière grasse », je dévorais des yeux les jambes fuselées de demoiselles qui avaient « perdu 2 tailles après l’application méthodique de la crème magique » ou encore, et c’était mes préférées, les démonstrations de produits ménagers.
L’effet miraculeux du truc et les mines extasiés des acteurs confortées par les intonations toujours plus enjouées des voix-off ne faisaient que confirmer mon sentiment : aux petites heures du matin, et alors que je me devais de ne pas réveiller mes parents, se jouait devant mes yeux quelque chose d’incroyable, d’invraisemblable même !

Ma déception, des années plus tard, face aux promesses non tenues des différents produits de ménage entrés en ma possession n’on fait que confirmer ce sentiment : c’était effectivement pour de faux.

De mal en pis, au fur et à mesure des années, je me suis contentée de quelques petits plaisirs quand, par exemple, j’attends que mon parquet soit suffisament crado de poussières cheveux et miettes pour jouer à l’aspire-fou. Si j’ai depuis compris que c’est le principe de base de tout aspirateur (aspirer), je n’en suis pas moins satisfaite de jouer, l’espace de 5 minutes, à la meuf trop bien maquillée qui fait la démo du téléshopping (comme je te disais, je suis un peu revenue de cette lubie, je fais donc dorénavant autre chose de mes samedi / dimanche matin, et sa représentation est bloquée à ce que je m’en faisais quand j’avais 8 ans).

Et puis, il y a peu, j’ai découvert une nouvelle formule magique, celle du bicarbonate de soude et du vinaigre blanc. Les blogs qui savent de quoi ils parlent sont capables de te donner les indications et mesures précises de ce qu’il faut mettre dans son « pistolet » rechargeable (une mesure de vinaigre, de l’eau, des huiles essentiels, du bicarbonate et le tour est joué, tu as ton produit nettoyant écolo et fait maison à moindre coûts!).
Bon.
Je ne suis donc pas ce genre de blogs.

Non, moi ce que je te promets, c’est l’histoire du miracle !!!

J’avais, depuis quelques temps maintenant, fait l’essai du vinaigre blanc : dans la machine à laver il joue le rôle d’adoucissant en combattant (de ses petits bras forts) le calcaire ; sur la robinetterie il joue le rôle d’anti-calcaire (on y revient) ; il ne coute rien ; bref, il est parfait.
Au détour d’un rayon de ma biocoop je me suis essayée au bicarbonate alimentaire. Les deux cumulés devaient faire miracle. Et miracle il y eu : ils ont fait des bulles !

Pour explication scientifique à cette dernière phrase (encore une fois, pas le bon blog), disons que vinaigre blanc + bicarbonate = effervescence. Comme l’aspinie au gout dégueu dans le fond d’un verre d’eau. Pareil, sauf que ça nettoie (et qu’il ne faut pas le boire). Précisément ça détartre et dégraisse comme personne. Particulièrement dans la salle de bain (pièce la plus chiante du monde à nettoyer), ça fait des prouesses.

Si je ne te recommande pas ma façon de faire (car sûrement trop abrasive et trop peu économique), j’adore la sensation de liberté que j’acquiers en saupoudrant aléatoirement ma baignoire de bicarbonate, puis l’effet bubulles quand je viens passer mon éponge imbibée du vinaigre blanc. Je ne vais pas te mentir d’un « sans frotter » ma baignoire est plus blanche que mon postérieur, reste que c’est le plus proche du « sans frotter » que je n’ai jamais connu, de tous les produits ménagers jamais utilisés jusqu’à présent. Et parfois, même, je peux voir la trace de l’éponge, comme dans les plus belles démos de téléshopping !!

Le plus drôle dans cette histoire ? C’est que bien que remis au gout du jour par certains avec l’ajout d’huiles essentiels pour tous les effets qu’elles peuvent avoir, le combo bicarbonate + vinaigre blanc est la recette de grand mère par excellence.

Alors je m’interroge, je t’interroge, je nous interroge : un jour, des marques ont sortis des produits plus chers et mois efficaces, pourquoi, et surtout comment, ont elles-fait pour ainsi s’implanter dans les placards de différentes maisonnées (toutes ?) alors que, globalement, ça marche tellement moins bien !?
Allez-va, je crois que j’ai compris. Un peu comme le retour au naturel est une façon moderne de nous révolter face aux générations précédentes, l’adoption de nouveaux produits modernes fut la rupture nécessaire de la génération de nos grands-mères.

N’empêche, mamie, un bon coup de bicarbonate + vinaigre blanc et HOP !

Alors, toi, dis moi, quelle est donc ta recette miracle ?

xxx

Image : Loic Collin