LA copine a décidé de se reproduire.
Sur le principe je ne suis pas forcément contre, surtout qu’elle a fait ça bien (disons le comme ça) (et qu’on ne m’a pas demandé mon avis, en fait), elle a fait ça avec celui que je considère comme mon frère. Forcément leur progéniture prend une place un peu particulière dans ma vie : ils en ont une (de place) (dans ma vie).
Il y a  d’abord eu Chouchou Jr. Parce que ses parents se sont mis à l’appeler Chouchou, mais Chouchou c’était déjà son père, bref, junior. Il est devenu, malgré son caractère de coquin, le plus chou de tous les chouchous. Ça fait 2 ans et demi qu’on se côtoie et il se planque toujours dans les jambes de ses parents quand je le croise, mais on va dire que c’est l’âge.
Il y a deux mois et quelques jours, est arrivée sa frangine, en pleine saison des toutes petites minuscules. Baby L. Baby choute (Parce que la plus choute de toutes les chouchoutes ça sonne lourdingue).

Ainsi, le bordel de mon Palace étant dorénavant rangé derrière des portes d’armoire, ils sont venus un dimanche d’octobre, découvrir les lieux. Et c’est là que la demande est tombée. LA demande de LA copine.
– LA copine : j’ai un service à te demander
– Moi raidissant légèrement mon dos (ça me met mal à l’aise ce genre de phrases car ça me confronte à mon égoïsme : je n’aime pas rendre des services) : ouiiiiiii…
– LA copine : Et ça m’angoisse rien que de te le demander
– Moi (me voyant mise à nue dans mon incapacité à aider mon prochain) : … aaaaah ?

Je vous la fais courte : on me demandait de garder Baby L pour une heure (qui voulait dire au moins 2) mercredi après-midi, Baby L et ses 2 mois et 2 jours, Baby L que je n’avais JAMAIS mise dans mes bras même une fois (j’ai UN principe : jamais avant 3 mois), et on me le demandait à Moi, maternelle comme une semelle de converse (pas trouvé mieux) n’ayant jamais été seule avec un enfant de moins de 5 ans.
Non c’est faux.
Une fois j’ai été seule avec le plus chou de tous les chouchous, pendant 5 minutes. Il avait 1 an et demi, c’était dans le couloir d’un hôtel, pendant que les parents s’habillaient dans la chambre, de l’autre côté de la porte. Fermée, la porte. Mes amis sont donc tarés. J’aurais dû me méfier.

Sans surprise : j’ai refusé, me sentant à peu près aussi à l’aise avec l’idée qu’avec la perspective d’annoncer « j’espère que ton rendez-vous s’est bien passé, j’ai cassé ton enfant ».

Mais ça, c’était dimanche. Entre temps j’ai 1. réfléchi, 2. apprécié l’absurde confiance que mes copains ont en moi (on prend ce qu’on peut), 3. réfléchi. Et après moultes réflexions, j’en suis venue à écrire cet improbable email que je paraphraserai ainsi : si tu te sens plus à l’aise de la laisser avec moi et sachant que je ne change pas les couches (pas de discussions) et que je n’ai jamais donné un biberon (si tu m’expliques je peux essayer), alors c’est d’accord…
Il m’arrive aussi d’être accueillante parfois.
J’avoue, j’espérais secrètement que ce mot arriverait trop tard et que le plan B se serait mis en ordre de marche… Mais c’est aussi pour cette certaine désinvolture que j’aime mes copains.

Mercredi, 14h, la copine est arrivée avec les bagels. J’étais affamée, Baby L dormait. J’ai essayé de me montrer à la hauteur pour préparer sa mère à son rendez-vous entre 2 bouchées de pain rond. L’enfante s’est éveillée. Je n’avais toujours pas fini de manger. Elle est restée avec son ascendance.
Vers 14h45, pour la libérer un peu, j’ai pris mon courage et Baby L à deux mains. Elle n’a pas chouiné. Sa mère non plus. Moi non plus. Ça partait pas trop trop mal.
Et quand 45 minutes plus tard on nous a laissé toute les deux promettant un retour vers 17h30 max (donc 18h et quelques minutes), on était prête à affronter l’épreuve, Baby L et moi (j’étais briefée sur les consignes de sécurité, comment tenir le bib’, la tétine (si jamais), elle était changée et avait presque bien mangé). En tous cas j’étais prête à faire semblant pour rassurer tout le monde.

Sa mère est partie, Baby L était sur mon lit, toute fraiche de la couche et tranquillement allongée à babuller des petits sons.
J’ai donc jugé que ce n’était pas très fun, et l’ai prise dans mes bras. Où elle a commencé à pleurer.
Enseignement numéro 1 : quand Baby L est bien, ça ne sert à rien de la bouger pour ton plaisir personnel. Non. À rien du tout. Ce n’est pas une poupée.
Leçon retenue.

Au bout de 20 minutes de pleurs (à peine 2 je pense) on a tenté de finir le bib’. On a bien fait. On s’est arrêté en arrivant au bout et après moins d’une minute pour trouver LA position, la magie a opéré et ses yeux se sont fermés.

Alors j’en ai profité pour livetweeté les évènements :

 

Ça ne se passait pas trop mal jusque là et je finissais par me laisser charmer par son abandon, tout contre mon cœur (pas ma poitrine, non, je n’en n’ai pas, et puis c’est plus choubidoubidouchouchou « contre mon cœur »). C’est alors que mon téléphone a sonné, sans perturber plus que ça Baby L. 

 

À ce stade je me sentais un peu tel un maitre Yoda en pleine puissance. Mais Baby L m’a donné ma seconde leçon de la journée : il ne faut jamais crier victoire ! En effet la lune de miel dans laquelle nous étions jusqu’à présent allait se terminer. 

Et là, mon ami, il n’était pas encore l’heure de partir.
Alors on a parlé.
J’ai mis mes yeux dans ses yeux bleus et j’ai cherché quelques réponses dans leur innocence. Ils étaient trop innocents.
J’ai voulu lui enlever la tétine, ça ne semblait pas être une chouette idée.
On a regardé par la fenêtre, #DansLeCielDeLisette.
J’ai fini par lui chanter une rengaine un peu stupide, mais je n’ai pas su faire illusion. Alors je lui ai trouvé la chanson que je lui avais dédicacée, le soir de sa naissance, et elle a souri. Pour de vrai ! Suffisamment pour que j’enlève la tétine et qu’on partage quelques petites secondes d’éternité rien que toutes les deux.
Ça a frappé à la porte : on a fait rentrer LA copine dans notre bulle pour quelle nous raconte son après-midi.
And just like that, c’était fini !

J’ai raccompagné les deux chouchoutes au métro et suis retournée chez moi.
Au grand jeu des 2 moments dans la journée (celui dont je suis fière, celui qui m’a fait plaisir), c’est finalement Baby L qui a tout gagné.

2 heures 30 entre l’angoisse de mal faire, la certitude de ne pas savoir et l’infini plaisir de son abandon.
J’étais épuisée.

Mais mine rien, et ça sera la leçon numéro 3 :

xxx

Cette photo n’a d’intérêt QUE parce que j’ai la peau aussi lisse que la sienne dessus. #BabyLBabyChoute A photo posted by Elise Richard (@misserichard) on

Moment sieste. Tata-Elise au top du confort. #BabyLBabyChoute

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