Des embrassades, toujours des embrassades. Du genre que l’on répète à chaque épisode des festivités, entre deux piles d’assiettes à débarrasser et un fond de verre à vider. Dans les bises flotte un parfum mélé d’alcool, de chocolat, de clémentines, de cookies et le bruit des bisous cache un message aussi secret qu’il est connu de l’ensemble : c’était bien, c’est toujours bien, c’est quand même dommage qu’on ne se voit pas plus souvent. « On a encore trop mangé cette année » se verra forcément suivi comme une ombre d’un « pourtant on avait prévu light ». Lui même précèdera la dénonciation de l’évident fautif : « c’est l’apéro, on n’avait déjà plus faim en se mettant à table ». Sous le bras les sacs, les manteaux, les cadeaux. « Qui c’est qui conduit ? » dit dans un fou-rire. Le prédisposé lui rigole un peu moins. Dans tous les cas nous sommes le 25, qu’on soit à la fin du réveillon ou à la fin du déjeuner de Noël.

Viennent alors les moments d’après. Le soir même on ne mange pas, plus, stop, on arrête. On fait manger les mini nièces rapidement et on les couche. Au passage Tata-Elise (yours truly) s’enquille les mini pâtes au beurre et au ketchup restées au fond de la casserole. Pas faute d’avoir balancer un « je ne mange pas » à la cantonade 15 minutes plus tôt depuis l’autre bout de la maison, mais le goût des pâtes trop cuites collées dans le fond d’une casserole est aussi tentant qu’il est régressif. D’un coup le coup de barre. La nuit d’avant a été courte, l’excitation quelque part est retombée. Quelque part oui : entre l’ouverture du dernier paquet et la dernière embrassade.

Ma sœur partira la première avec sa tribu, la voiture dégueulante de cadeaux avant d’aller ramasser les prochains lâchés au pied d’un sapin, plus au sud. Impossible pour moi de retrouver mon Palace sans le traditionnel stop pâtes-carbo entre blondes, les copines de plus de 15 ans. Un Noël tous les deux ans réussi à nous regrouper toutes les 5 (plus les juniors apparus au fil du temps). Cette année c’est la bonne. Mais arrive forcément le moment où il faut remettre dans les sacs ce qu’on a déballé au fur et à mesure et disséminé de ci de là. Les chaussures posées au pied du sapin par exemple y sont toujours, un peu comme si elles attendaient un dernier rappel, un dernier cadeau à déballer. Le retour se fera plus légère que l’aller. Il faudra tout de même caler une plante, nouvelle venue de l’encombrance, sans oublier les vinyles dévalisés de l’étagère familiale au passage.

Enfin il y a l’accès côté sud, toujours côté sud. Le TGV lui est voix 2 ou 3, de l’autre côté de la gare. Le couloir, les escaliers, les repères sur le quai, le wagon. Un tout petit peu plus de 2 heures me séparent de Paris. La musique dans mes écouteurs va générer le silence.

C’est passé en un battement de cils dans un chevauchement d’émotions, de beaucoup de sourires, de quelques larmes. Ça se termine comme ça, Noël, avec l’enchevêtrement de quelques pensées dans un wagon de TGV.

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