Aujourd’hui c’était dimanche, je me suis levée tard. Midi, peut-être ? Parce que la soirée de la veille était fort chouette, parce que même si « normalement, le dimanche, j’écris », là, j’avais juste envie qu’on soit dimanche.
Juste…

J’ai fini par mettre mes baskets (chouette, c’est sympa, tu verras, viens !) afin d’aller déménager une copine en haut de sa colline. J’ai d’abord descendu la mienne (de colline) et suis passée par la place de la République. Ça fait un mois dit donc. 130. 130 un peu comme moi qui picolaient en terrasse, attendaient de savoir s’ils allaient chopper, passaient le temps ou des bons moments. Aujourd’hui c’était le 13 décembre. Et comme tous les jours depuis un mois, on se recueillait… encore.
Finalement j’ai descendu des sacs, sacs remontés quelques mètres plus loin : sans ascenseur, 5 étages. Cela dit déménager 15 mètres carrés, ça va vite. Des 6 présents, au moins 4 d’entre nous avons choisi, en tout état de cause, la précarité volontaire. Fuck les CDI. On en chie, mais on s’épanouit (il parait) (dans nos apparts minuscules).

Je ne suis pas partie trop tard pour aller voter. Voter pour personne en particulier mais contre une liste particulièrement. Vus les premiers résultats, on dit « ouf ». Les grands noms nous disent qu’ils ont compris, que rien ne sera plus jamais pareil, mais beaucoup d’électeurs ont avalé des couleuvres pour mettre des gens à la tête de régions juste afin d’en éviter d’autres. Aujourd’hui, c’étaient les élections.

Alors vois-tu, ce soir, j’en ai eu ma claque : de me recueillir après avoir pris cher au nom de trucs qui me dépassent, de bosser 7/7 pour m’épanouir parce que le système classique ne me convient pas, de voter contre à défaut de voter pour, de manger bio et payer plus cher pour du local parce que la cop21 a accouché d’une souris écrite au conditionnel et que là encore il ne faut pas se leurrer ce n’est pas d’en haut que viendra la solution. Aujourd’hui, c’était le lendemain d’un accord « historique ». Ce soir j’ai mangé un big mac et un 280 du macdal, le tout accompagné d’un coca à l’eau. J’ai mangé des pesticides et du gras saturé que tout le monde sait mauvais pour moi mais qu’on laisse en libre circulation. J’ai fait simple, j’ai fait bon.

C’était dégeu.

Et c’était bien kiffant de se laisser porter, l’espace d’un diner. D’arrêter de nager contre un courant qui parfois va trop fort.

xxx