Chers aventuriers du quotidien, parlons aujourd’hui de ces moments un peu gênants où bon gré et malgré tout, on réalise que le sujet d’attention nous a complètement échappé et s’est dangereusement déporté.

Ce matin, j’ai reçu ma lightbox, nouveau jouet ô combien fun me permettant d’afficher mes petits mantras avec toute la luminosité qui leur revient. Sauf que la demoiselle consomme des piles. Si je n’étais pas du tout dans l’état d’esprit de sortir de mes fringues ultra-conforts prêtes à m’accueillir en cette journée pluvieuse, je n’avais pas pour autant envie d’attendre pour voir l’objet dans toute sa splendeur. Ni une ni deux, je me motivais donc à chausser mes bottes de pluie sur mon caleçon doublé coton doudou, un trench sur mon hoody, et hop ! j’étais partie, le porte-monnaie dans une poche et les clés dans l’autre.

Je ne faisais pas du tout illusion, mais je partais juste acheter des piles à quelques pas de là. Au détour d’un rayon j’ai jugé opportun d’attraper un paquet de PQ avec moi : j’avais la place de porter l’encombrant, ça sert toujours, pourquoi pas ? L’idée ne me paraissait ni bonne ni mauvaise avant de me retrouver dans la rue : ma tenue informe, ma coiffure humide de mon passage sous la pluie, sans sac, et donc avec pour seul compagnon mon paquet de PQ dans les mains (les piles dans les poches). Si j’avais voulu laisser penser à quiconque me croiserait que j’étais prise de court dans une envie pressente, je n’aurais pas pu mieux m’y prendre ! Effectivement, j’ai senti que les regards sur moi dans les 150 mètres qui me séparaient de l’entrée de mon palace ne transpiraient pas « l’attirance ».

#gênant

Vous me direz à juste titre : c’est naturel Élise, ce n’est pas sale. Certes. Je lisais d’ailleurs un article il y a 5 minutes qui s’est conclu d’un « je chie donc je suis ». (Véridique). Mais le combo je-sors-en-pyjama + je-sors-du-Carouf’-avec-uniquement-du-PQ-dans-les-mains focalise quelque peu l’attention du passant.

Cependant ça aurait pu être pire, j’aurais pu croiser quelqu’un que je connais, un contact professionnel, ou même… mon pharmacien !

Mon pharmacien est canon.
Si je n’allais pas systématiquement le voir dans un état proche de l’Ohio, je pense que je pourrais rougir d’autre chose que de la fièvre quand je le vois. Mais voilà, je ne me déplace chez le couple médecin / pharmacien qu’en cas de mort-certaine-sauvez-moi ! Et malheureusement pour moi, même quand je vais le voir pour une broutille, je réussis à tuer toute forme de glamour entre nous. Comme par exemple il y a quelques semaines : lui est resté stoïque, moi j’étais circonspecte. Il m’a prise par surprise :
« Oui bonjour, j’ai mal à la gorge
– D’accord, vous prenez un médicament en particulier d’habitude
– Pas spécialement, non je ne sais pas, si possible un truc actif qui n’est pas bourré de sucre et ne sert à rien
– Alors le plus efficace, dans ce cas là, c’est le suppositoire
– …
– J’ai celui-là à vous proposer si vous voulez
– … »

Dans ma tête il y a un lien qui ne s’est pas fait : mal de gorge = suppositoire. Est-ce qu’on s’est vraiment bien compris ? …
J’veux dire…
Pour de vrai ?
M’est alors revenue en tête cette session shopping quelques mois plus tôt avec un copine et sa maman. Je venais de les rejoindre. La maman et moi regardions une pile de Tee-Shirt sur fond de discussion polie :
« Vous allez bien ? Vous êtes arrivés hier ? Vous avez fait bon voyage ? (je suis du genre à enchainer les questions sans laisser aux gens le temps de répondre)
– Oui, oui je te remercie. J’étais un peu fatiguée hier soir, mais j’ai pris un petit suppositoire et ce matin ça allait beaucoup mieux !
– … »

#gênant.

Naturellement elle est passée sur la pile de Tee-Shirt suivante. Mon regard, lui, hésitait entre le plafond et mes baskets. Je ne savais plus quoi répondre.

Conclusion : le suppositoire a, à minima, ce pouvoir magique de me couper la chique. Quel talent !

Alors, toi, dis moi, tu la soignes comment ta gorge irritée ?

xxx