Ce post est la réponse à une provocation ultime et certaine, LA provocation laissant supposer mon incapacité à élaborer un post de 700 mots sur un sujet somme toute anodin mais terriblement générique.
Ceci étant dit, le challenge évoqué en titre n’est pas celui que laisseraient à penser ces 33 premiers mots. Non non non, le challenge est bien lié à l’objet de toute notre attention en ce 11 novembre (qui commençait ensoleillé mais se termine grisou) : Chers aventuriers du quotidien, aujourd’hui, abordons ensemble l’ouverture de la bouteille d’eau Cristaline.

La marque est relativement générique : elle fait partie des eaux les moins chers en supermarché et des références standards en boulangeries (par exemple). Nous avons tous, j’en suis quasi certaine, un jour, été confrontés à ce terrible challenge (l’ouverture d’une putain de bouteille Cristaline.)

Première étape : le bouchon. Comme pour toutes les autres bouteilles, le bouchon de la Cristaline-non-entamée est scellé. Signe que personne n’a posé ces lèvres sur le goulot auparavant, ce scellage est rassurant. Certes. Néanmoins, il nécessite d’infliger à la bouteille une pression rotative pour oh! miracle, entendre le petit craquement signalant la libération du bouchon et la possibilité d’accéder au breuvage désiré (l’eau). Or cette pression cumulée à la mauvaise qualité du plastique de la bouteille (0,5l, 1l, 1,5l = même combat) engendre, non pas l’ouverture espérée, mais une torsion de la dite bouteille. Certains cas ultimes pourraient même laisser à penser que celle-ci serait prête à éclater, le bouchon serait (lui) toujours bien bien (bien) vissé. Ainsi, la mollesse de la bouteille, l’indéfectible scellage et les stries / dents piquantes du bouchon sur lequel vous êtes obliger de serrer bien fort pour contrebalancer la torsion évoquée plus haut vous ferons, 9 fois sur 10, pousser des soupirs pouvant aller jusqu’à l’insulte : putain de bouteille de Cristaline de merde.

Ne nous voilons pas la face : il est impossible (IMPOSSIBLE) d’ouvrir une Cristaline sans un torchon ou un tee-shirt (on adaptera selon les situations) pour protéger sa mimine tourneuse et donc lui permettre d’appliquer la pression suffisante et nécessaire.

Après une certaine résistance, le craquement se fait entendre. Joie !
Seconde étape : l’ouverture. À ce moment de votre histoire avec votre bouteille, deux possibilités :
1. c’est votre toute première fois avec Cristaline, n’y voyez là aucune allusion scabreuse, vous allez finir mouillés,
2. ce n’est pas la première fois, vous vous jurez qu’on ne vous la refera pas, mais même avec la plus grande des précautions il y a une chance sur deux de finir, là encore, mouillés.
Pourquoi ?
Et bien parce que la bouteille est calibrée au demi-millimètre pour contenir l’eau qu’elle se doit de contenir selon la capacité indiquée sur l’étiquette. Et si nous revenons quelques lignes plus haut, nous nous souvenons que la bouteille est réalisée dans un plastique aussi rigide qu’une feuille de papier. La moindre pression sur la bouteille (comme, par exemple, le simple fait de la tenir), engendre donc un rapprochement, même minime, de ses parois. Cette pression exerce une réaction physique prévisible, le contenu de la bouteille remonte par son orifice, et vu la faible marge de manœuvre possible entre le bord du goulot et la limite de l’eau, invariablement : ça déborde.
Action, réaction, rebelote : putain de bouteille de Cristaline de merde.

Oui carrément ! Car, et c’est bien pour cette raison que je me fends de mon petit article, il m’arrive régulièrement d’ouvrir une bouteille de Cristaline avant d’éteindre les lumières, dans mon lit. Autrement formulé : il m’arrive souvent de m’endormir avec un bout de draps humide. Et croyez moi, ça n’a rien d’excitant. Il était temps pour moi d’extérioriser cet agacement sourd et sournois.

Alors que LA copine me préparait hier soir un verre de Martini accompagné d’un verre d’eau, c’est, sans surprise que 1. j’ai réussi à ouvrir une bouteille de Cristaline mais avec un torchon, 2. elle en a foutu partout au moment de servir. Elle est mère de famille, je ne suis donc pas sure qu’elle soit allée jusqu’à l’évocation ultime « putain de bouteille de Cristaline de merde », mais c’est sorti beaucoup plus naturellement pour moi. Et si ce post me tournait dans la tête depuis plusieurs jour, ce fut la goutte d’eau (ah ah!) qui a fait déborder la bouteille.
« Non mais sérieux les bouteilles de Cristaline ! Je vais finir par en faire un post de blog ! » (on a l’inspiration qu’on peut).
Soit-disant un tweet aurait suffit. Mais on serait passé à côté de tellement de choses !
Une fois n’est pas coutume, j’ai donc ignoré son opinion.
Et nous voilà avec 745 mots !

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