J’ai la voix en vrac depuis plus d’une semaine maintenant : donnez moi un verre de Jack, un paquet de Gauloises, et je vous fais pleurer tous les spectateurs du piano-bar de mon soul indéfinissable.
Il parait que je devais en avoir pour 3 ou 4 jours. Nous en sommes à 10 (et un nombre de quintes de toux incalculables). Mais j’ai mis mes meilleures remèdes sur le coup : déjà je geins, et ensuite je mange le miel à la cuillère à soupe dans une grimace d’écœurement qui n’illusionne personne.

Parenthèse miel.
Quelqu’un dans l’assemblée peut-il m’expliquer s’il perçoit une vrai différence de goût et de propriétés entre le miel « toutes fleurs » et le miel d’acacia des sommets enneigés à 200 euros le kilo ? (#exagération – j’ai une tête à me souvenir du prix réel des choses ?).
Hier, alors que je venais de terminer quelques minutes plus tôt mon dernier pot, je me suis trouvée désemparée devant le rayon de mon bio c’est bon. Les différences de textures, encore, je peux comprendre (essayer de comprendre). Mais les différences de prix entre deux types de miel différents, je suis restée sans voix (ah ah, ça tombe bien, parce que justement, j’n’en ai plus ! #rigolade). J’ai donc pris grand soin de sélectionner le moins cher, rien n’est trop beau pour ma guérison.
Du miel, c’est du miel… Non ?
Fin de la parenthèse miel.

C’est la première fois de ma (courte et encore longue) existence que je perds ma voix. Je me suis couchée le jeudi, elle était là ! Le lendemain POUF, envolée, tel un filou qui n’aurait pas voulu rester pour le traditionnel bol de cocopops du matin d’après la nuit (« tu veux ? après le lait il est tout chocolat ! » => technique de drague IN-FAIL-LIBLE).
Depuis il y a des hauts et des bas, et surtout cette question « mais qu’est ce qui s’est passé Elise ? » à laquelle je n’ai aucune réponse à apporter. Non je ne suis pas allée scander des messages à mon gouvernement dans les manifs, non je n’ai pas déchainé les foules dans un karaoké mémorable… Peut-être que ma décision unilatérale avec la météo que ce n’était plus la saison des manteaux ou encore ma capacité à porter short et jupes courtes par tous les temps (moyennant collants), n’ont pas complètent aidé. Ceci-dit j’attends toujours que l’on me démontre scientifiquement la portée du « coup de froid » sur la santé : pourquoi, concrètement, le froid génèrerait-il des rhumes ou des maladies ?
J’ai toujours entendu dire que le froid, via nos fenêtres fermées sur des atmosphères surchauffés, favorisait la prolifération des virus. Mais non seulement dans le cas qui m’occupe il ne s’agit pas d’un virus, et ensuite croyez bien que les courants d’airs sont légion dans mon #palace.

Certains m’évoquent une possible raison psychosomatique : « la gorge, la voix, c’est très lié à tes émotions, tu sais. »
Oui, certes.
J’entends.
Juste ça fait 32 ans que je suis hypersensible et pleure en regardant certains épisodes de Dr Quinn. Pourquoi là maintenant cette nouvelle façon à haute valeur dramatique de mon corps de me démontrer par l’exemple que je suis (peut-être) de nature un peu angoissée ? Je ne me savais pas si créative.
Le plus ironique dans cette histoire c’est que, si ça va quand même « vachement » mieux (on m’entend quand je parle au téléphone), je suis passée par quelques jours où je devais nécessairement viser les tons graves et parler doucement pour me faire entendre. Quiconque m’a déjà entendu sait que nous sommes alors à l’opposée de mon naturel… Moi avec ma voix de midinette.

Histoire de terminer sur cette histoire de cordes vocales, savez-vous que nous nous entendons non seulement différemment mais surtout « mieux » que ce que nous donnons à entendre à l’ensemble de l’humanité ? J’ai appris ça l’autre jour à la radio et ça m’a scotchée : notre voix, celle que nous entendons, résonne dans notre corps, développant ainsi les sons graves pour notre oreille spécifiquement. Or l’oreille est plus sensible aux sons graves qu’aux tonalités hautes, elle « préfère » si on veut. Ainsi, quand nous nous écoutons dans un Dictaphone (par exemple), on a tendance à détester le son de notre voix et (personnellement) à trouver qu’on parle comme une petite conne. Et bien too bad les amis, le vrai son qui s’échappe de notre corps est bien celui là. Notre propre perception de notre voix n’est qu’une idéalisation de ce que nous laissons entendre.

Ah ! ça te laisse sans voix ça, aussi !

Après longue et mûre réflexion qui aurait donc pu m’inciter à arrêter de ce pas toute consommation de miel pour conserver ma voix de crooneuse (elle me semble désagréable à l’oreille mais à tous les coups, je suis archi sexy en vrai), j’ai décidé de faire paix avec moi-même et d’accepter le retour de ma tonalité aigüe (quand tu veux hein, on a dit que j’étais prête).
Oui…
… Car on ne va pas se leurrer, mieux vaut avoir la voix de Candy que celle de Macha Béranger quand il s’agit de dire : « tu veux ? après le lait il est tout chocolat ! »

Tout est question de crédibilité.

xxx