Chers aventuriers du quotidien, le monde est parsemé de petits défis dont nous nous passerions bien, parfois.

Mon défi du jour parait simple sur le papier mais s’avère on ne peut plus délicat : récupérer un colis bloqué chez mon gardien depuis samedi matin !

Je suis dans une situation pourtant idéale quant à la réception des colis : je bosse de chez moi. Je bosse de chez moi et j’ai relativement peu de rendez-vous à l’extérieur. En théorie donc pas de file d’attente à La Poste pour récupérer un carton bourré de produits de beauté, chaussures, bouquins ou autre fringues à 11h37 les samedis matins.

C’est vrai.

Non, mon problème est ailleurs et se loge dans le hall d’entrée de ma résidence :

Le Gardien !

Je serais bien incapable de vous dire combien nous sommes dans mon immeuble, bâtiment A, bâtiment B ou bâtiment C, mais nous sommes beaucoup. Nous sommes beaucoup et les boites aux lettres ne sont pas directement accessibles. Le facteur à donc pour habitude / consigne / mission de ne pas sonner chez les habitants. Non. Il dépose ses trésors au gardien qui, en toute logique, se voit confié le rôle de faire parvenir les dits trésors à leurs destinataires…

Pour le courrier c’est simple : il y a les boites aux lettres. Nous passerons sur le fait que certaines lettres arrivent dans ma boite plus d’une semaine après avoir été postées (cachet de la poste faisant foi). C’est relativement rare et, après tout, je reçois finalement assez peu de courrier, le chemin vers ma boite aux lettres n’est peut-être pas encore tout à fait bien balisé.

Pour les colis, en revanche…
Les premières semaines suite à mon emménagement, j’ai constaté que le gardien déposait un petit papier dans ma boite aux lettre signifiant qu’un colis m’attendait dans sa loge. « Fort bien », me disais-je alors, « tout devrait se passer sans encombre entre nous ».
Puis les semaines ont fini par passer et comme toutes relations, la magie s’est envolée. Rapidement, je me suis vue « anticiper » la démarche informative de mon gardien en contemplant sur Internet les statuts de livraison. De « en cours de livraison » à « réceptionné par votre gardien », il ne m’en fallait pas plus pour descendre, ni une ni deux, récupérer mes colis.

La complication est venue en trois points :

D’abord, les colis surprises… Difficile de guetter les statuts de livraison quand on ne sait pas qu’un colis vous est adressé. Il m’aura fallut un message bien senti du genre « dit-donc, dis pas merci pour ton cadeau d’anniversaire » pour que je fasse le rapprochement entre l’énervement incontestable d’un proche qui ne fait visiblement pas de cadeaux « gratuitement » (merci merci merci, mille millions de mercis) et l’irrégularité de mon gardien à transmettre les informations.
Oh bah oui, dit donc, je l’avais pas vu ce petit colis (posé en évidence sur la table) ! Si si, je mets toujours les mots pour prévenir mais là, bah, non. J’ai pas fait…
#Ballot.

Ensuite, le sens de l’observation et du rangement de mon gardien… Car, croyez-le ou non, je ne mets pas en doute qu’il n’avait pas « vu » le colis oublié dans sa loge (fort heureusement sans denrées périssables). Il ne sait juste pas regarder ! J’en veux pour preuve ces fois où je descends le voir, là, lui, là, dans sa loge. Je sonne, il m’ouvre, je dis « oui bonjour j’ai cru voir qu’un colis vous avait été remis via le statut de livraison » (a.k.a. : non, tu ne m’as pas donné de papier pour m’informer !), il me demande mon prénom, il cherche… Mais mal.
Très mal.
Genre sur une pile de 5 colis il va regarder les 2 premiers puis changer de pile sans vérifier les 3 autres, et en s’assurant surtout de passer à une pile complètement à l’autre bout de la pièce pour ne plus savoir quelles piles il a déjà regarder ou non.
De la méthode, Roger, de la méthode !
Face à cette incapacité évidente à trouver MON colis dans l’amoncellement de boites (nous sommes beaucoup, disais-je donc), il nous est déjà arrivés de nous trouver dans cette discussion lunaire où je VOIS mon colis, je sais à la forme que c’est lui, je lui montre, il me répond « non, non, ce n’est pas vous, j’ai déjà regardé cette pile », et je suis obligée de remonter dans mon Palace les mains vides. Tout ça pour trouver, le lendemain, un papier, dans ma boite aux lettres.
Melle Richard j’ai bien trouvé votre colis. Il est dans ma loge.
J’avais raison. J’ai toujours raison.
#Boulet.

Enfin, reste l’ultime épreuve, celle où tu n’as, donc, pas de petit papier, l’incertitude sur la bonne arrivée de ton colis malgré le statut « livré » bien visible sur le site Internet de la commande, et un gardien systématiquement absent.
Ah, ça ! Il y a de la lumière dans la loge, un chien qui aboie quand on sonne en fonction des horaires d’ouvertures. Juste il n’est jamais là.
Remarque je l’ai déjà croisé dans ma rue à 16h30 ou au Franprix à 10h45, des horaires où il devrait être en train de gardienner. Il répondait sûrement à des impératifs nécessaires pour l’immeuble. Je n’en doute pas.

Reste que, aujourd’hui, mardi, 15h45 : mon colis arrivé samedi est toujours dans la loge du gardien, je n’ai pas de petit papier, et ça fait 3 fois que je descends… Pour rien.
#Relou.

Quelque soit la rançon (je suis du genre généreuse en étrennes et peu avare en bonjour / au revoir / discussions polies quand on se croise), avant que je m’agace pour de bon, que je te dise que sérieux, c’est même pas toi qui fait le ménage de la résidence Roger, tu n’as QUE ça à faire ! (en vrai j’en sais rien – si, pour le ménage, je sais – mais je suis énervée un peu, en ce moment)

¡ Libéérez !
¡ Mon CoLis !

L’ensemble du problème se joue dans le rapport de force entre mon gardien et moi :
Il a le colis.
Moi non.
Donc je me tais.

Alors toi, dis-moi, le monde t’adresse-t-il, aussi, ce genre de défis ?

xxx

Image : marc falardeau