Préambule qui a tout à voir : Chouchou et moi n’étions pas super potes depuis quelques temps car j’ai décelé en lui une gestion des priorités qui semble me reléguer derrière le fromage à raclette.
Oui.
Tout s’est passé quand, assise à sa droite, et alors que je racontais à chaudes larmes une histoire à sa maman, il ne s’est guère soucié de l’évidente tristesse qui se dégageait de mes yeux et coupait systématiquement la parole de sa reum pour lui demander « un petit peu » du fromage qu’elle répartissait en assiettes.
Peut-être s’est-il habitué à me voir chouiner, c’est une autre possibilité que nous n’exclurons pas.
Ceci-dit depuis hier on se re-aime : c’est à moi qu’il a demandé d’aller jouer après diner et je suis la seule tatie en présence à laquelle il a bien voulu dire bonne nuit, faire un bisou et se laisser bisouter. Tata-Elise était relativement populaire hier soir. Et ouais !

Donc dimanche, c’était ses 3 ans. Une après-midi semée d’embuches, non sans quelques loupés pour ma petite personne.

15h15 : l’invitation prévoyait une fiesta entre 15h et 20h, mais force est de constater que même en m’accordant le quart d’heure de retard parisien, je vais être en retard, je suis toujours chez moi… à 45 minutes de là-bas.
15h16 : je ferme la porte.
15h16 : je reviens sur mes pas pour cause d’oubli de cadeau.
16h02 : je rentre dans l’appartement du Chouchou, tout le monde n’est pas encore présent et le seul enfant que je vois courir et traverser la pièce n’est absolument pas Chouchou mais C., un copain.
16h03 : je fais la bise aux parents de C., lui ne préfère pas de ça entre nous, soit, j’accepte, je n’ai pas un très joli teint en hiver.
16h04 : planqués dans le coin salon je retrouve les copains sans enfants papottants sur le canapé.
16h05 : Chouchou se réveille à peine de sa sieste et me regarde avec l’oeil vide quand je passe une tête dans sa chambre, la fête n’a visiblement pas démarré, mon retard passe totalement inaperçu.
16h06 : j’ai beau avoir tout prévu en sortant mon joli sweat « JE SUIS POLIE PUTAIN », une première grossièreté sort de ma bouche sous l’œil désapprobateur (bien qu’amusé) des parents en présence
16h06 : je décide de m’assoir, moi aussi, avec les planqués du canapé.JESUISPOLIEPUTAIN
16h07 : j’ai la bouche pleine de mini sandwichs au humous, je ne peux plus rien dire, je trouve cela beaucoup plus sage
16h08 : une lichette de cidre par là-dessus et le tour est joué.
16h20 : arrive T., un second copain.
16h30 : arrivé d’Y. auprès de qui Chouchou a grandi, ils ne se sont pas vus depuis quelques mois, ils sautent sur place, face à face en poussant des petits cris aigües, j’entre dans ma phase d’observation de l’espèce en présence et conclus qu’il s’agit de la version 3 ans de la bise ou du serrage de main.
16h31 : C. débarque dans les jambes de son papa, T. l’a tapé.
16h32 : le chagrin est sauvé par un Kinder Surprise, ainsi ce qui fonctionne à 31 ans peut aussi fonctionner à 3 !
16h32 : la cabane verte fluo de la taille de la moitié de mon #Palace prend position dans le salon
16h33 : Chouchou s’est changé en pompier, il attrape son téléphone en plastique pour appeler « Sam », mais ce dernier n’a semble-t-il plus de batteries dans son hélicoptère pour venir à notre rescousse (je cite).
16h33 : Chouchou repart vers la cabane en courant non sans un biscuit qui trainait sur la table
16h34 : « Sam ? » dit mon regard interrogateur vers le papa, « oui, Sam le pompier ! » (cf. la photo là-haut)
16h40 : Chouchou se réfugie dans les jambes de son père, T. lui a fait mal.
16h40 : le clan des planqués du canapé prend les paris sur la prochaine victime de T.
16h41 : la maman de Chouchou réalise qu’elle a un message : V., seule fille en compétition, ne viendra pas, elle a débuté sa sieste à 15h, on peut manger le gâteau !
16h43 : « Joyeu-z-aaaaniversaire Chouchou ! Joyeu-z-anniverssaaaaaire ! »
16h43 : C. réalise que non, en fait, ce n’est pas SON anniversaire, le chagrin est immense.
16h44 : je commence à me trouver beaucoup d’atomes crochu avec ce C.
16h45 : grand-père, grand-mère, frangine et parents se réunissent autour de chouchou pour la photo souvenir devant le sourire de 10 adultes hypnotisés « ooooooooh » et 3 gamins qui eux louchent sur les gâteaux.
16h55 : le gâteau est bon.
16h57 : je laisse échapper un « c’est dégueu » malgré moi sur je ne sais plus quel sujet, reprit en coeur par Chouchou et C. « c’est dégueulaaaaaaaaaasse ! » #rapporteurs 
17h02 : ouverture des cadeaux.
17h14 : la maman de Chouchou s’empare de mon paquet Petit Bateau à juste titre car autour de la pile de voiture téléguidée et autres camion de pompier, gommettes ou Barbapapa, mon « pyjama taille 4 ans, nouvelle collection Petit bateau, regarde les jolies étoiles », fait tâche.
17h15 : mon cadeau fait sensation auprès du premier public concerné (la maman), il est possible que j’ai raté une marche sur l’objectif de la journée (faire plaisir à Chouchou).
17h17: chaque ouverture prenant 5 minutes auxquelles s’ajoutent 10 minutes de « c’est à moi tu touches pas » néanmoins suivi d’un « viens on va jouer » à l’attention des copains, je profite de ce détournement d’attention pour confirmer la première intuition : le gâteau est bon.
17h18 : oh et il y a des petites billes de sucre sur le dessus !
17h20 : on ouvre une bouteille de Champagne, je vide mon verre de cidre cul sec pour me joindre à l’appel de la bulle.
17h22 : par inadvertance Chouchou à lâché la télécommande de sa voiture téléguidée, sa maman en profite pour la saisir oubliant la bouteille sur la table.
17h27 : la bouteille est vide, le gâteau est toujours bon, même la troisième fois.
17h38 : je repense, nostalgique, au moment où la maman de Chouchou me disait 4 jours plus tôt « il y a bien un moment où ils iront jouer tranquillement dans la chambre ».
17h39 : entre pleurs et excitation je ne sais dire l’intention derrière le son qui s’anime autour de moi, quoi qu’il en soit elle avait tort.
17h48 : tous les cadeaux sont ouverts, mais l’essentiel est ailleurs car Chouchou a trouvé comment faire avancer sa voiture téléguidée en faisant le plus de bruit possible, et pour le coup je n’ai aucun doute, ça le met en joie !

J’ai rejoint mon palace aux alentours de 19h avec la folle envie de m’avaler 4 Ibuprofens d’affilés. Cela dit Chouchou lui a attendu 22h30 pour faire retomber l’excitation, mettant ainsi la misère à ses parents déjà KO. Ah ah !!

Qu’on le veuille ou non, on n’a pas tous les jours 3 ans. Et si Chouchou nous en parlait encore hier soir en soufflant derrière son sourire timide « dimanche j’ai eu 3 ans moi », c’est bien parce que le souvenir restera tenace pour le plus chou de tous les chouchous !
De mon côté je n’ai finalement fait que quelques impaires et semé de façon toute relative mon langage pas toujours châtié. Progrès !

xxx