Je suis rentrée de mon break de Noël avec la voix en vrac. Il y a deux ans c’était la varicelle ceci-dit. À choisir, je préfère le son groovy d’une voix sensuelle (si seulement) aux petits-boutons-qui-grattent-mais-que-surtout-il-ne-faut-pas-toucher, d’autant plus que cette année je n’ai rien à gagner à aller chercher un arrêt maladie. Dans mes valises, outre cette sonorité rocailleuse de chanteuse de piano bar, j’ai aussi récupéré une bonne vingtaine de Vinyles inexploités dans la bibliothèque familiale. Si certains d’entre vous se plaignent des goûts de chiottes de leurs parents, les miens s’en sortent assez haut la main. Depuis ce matin j’enchaîne donc Léonard Cohen, Les Beatles, Leo Ferré, Jacques Brel, Pink Floyd, Dire Straits, Renaud, Brassens, Les Rolling Stones, et même la BO du film Orange Mécanique. Oldies but goodies comme on dirait là-bas

Avant de ranger proprement chaque 33 tours dans la bibliothèque qui sépare mon lit de mon salon (#Palace) je vérifie donc que non seulement ça sonne comme ça doit sonner, qu’il n’y a pas une mauvaise surprise de disque rangé dans la mauvaise pochette (bizarrement je crois que cette manie est apparu avec le CD – il faudra creuser cette vérité sociologique), et surtout je profite du craquement à l’ancienne de ces vinyles qui en ont vus d’autres, de diamants.

Vinyles_Dorothé

A côté des classiques, j’ai amassé les disques de ma frangine. C’était la grande (c’est toujours), elle a un peu connu l’époque des mini-chaîne avec platine intégrée, elle. La mienne n’en n’avait pas. Elle a eu des 33 tours, elle. Ceux de Dorothée, le disque de vos héros (Tarzan, Barbie, Charlotte aux fraises, les Schtroumpfs, Woody Woodpecker, …), Boulevard des hits volume 11 avec des appréciations devant chaque chanson (TB ou B ou AB : Kim Wilde vachement moins bien noté que Kylie Minogue), la compagnie Créole, Le top des numéros 1. Je pense que ce dernier a fait quelques booms : le nom de ma sister est écrit au dos de façon bien visible, de la main de ma maman, il me semble. Cette façon d’écrire RICHARD, oui, indéniablement, la main de ma maman.

Alors entre deux tasses de thé avec du miel et un peu de boulot, je me lève régulièrement pour tourner les 33 tours, les décrocher de leur socle les ranger, les classer. Le sport est tout relatif vu les quelques centimètres qui séparent ma platine de mon « bureau » (#Palace). À la seconde où je vous parle, c’est la voix de Dorothée qui m’accompagne, mais je me suis trompée de disque. Je pensais mettre celui avec Pirouette Cacahuète (« Il était un petit homme, pirouette ») (j’A-DO-RAIS ce disque), mais c’est celui avec « La valise » (et les chaussettes rouges et jaunes à petits pois) et « Hou ! La menteuse » (elle est amoureuse).
25 ans plus tard je crois que je préfère les goûts de mes parents aux miens de l’époque. Tout n’est pas perdu pour mes mini-nièces et leur Reine des neiges, donc. Je dois cependant avouer que la blonde aux couettes que j’ai gardé au fond de moi connait toujours les paroles par coeur, et trépigne à l’idée d’écouter, une fois encore, la maison est en carton, les escaliers sont en papier…

L’idée d’avoir, enfin, en ma possession ce disque qui appartient à ma sœur avec MA platine pour l’écouter ajoute peut-être une certaine satisfaction à l’évènement. High-five mini moi! You made it!

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