Chers aventuriers du quotidien, aujourd’hui nous allons parler don, sang, don du sang.

Je tiens à vous mettre tout de suite à l’aise, j’ai 31 ans, et jusqu’à il y a encore quelques minutes, jamais je n’avais donné mon sang. Oublions donc tout suite la moindre remarque moralisatrice ou l’éventuel besoin de reconnaissance pour un acte héroïque.
En fait tout a commencé alors que j’étais dans une réflexion autre mais proche et que l’exclamation suivante s’est imposée à moi : tu pourrais peut-être déjà commencer par donner ton sang cocotte !
Cocotte c’est moi. Je me parle à moi-même avec des noms d’oiseaux (les copains m’appelant poulette, je suis relativement au point question volaille). Pour être très franche, il y a quelques règles qui pouvaient éventuellement m’amener à être une mauvaise candidate pour le dit don (dit donc !), cependant ma vie sexuelle étant ce qu’elle est – y a de l’écho ou bien ?  (bonjour maman !) – arrive le moment où il faut arrêter de se chercher des excuses.
D’autant plus que mon quotidien ne me laisse plus avec la désagréable sensation d’avoir déjà pas mal donné.
D’autant plus que le centre de donation, l’EFS, se situe à 500 mètres de mon Palace.

– Booooon OKay, OKayyyy…
– …
– Ok ok ok !!!
Voilà à peu près l’échange que j’ai eu ce matin avec moi-même.

Ainsi, vers 14h30, mes boots Craie, mon short, ma veste en cuir et moi-même sommes arrivés face au drapeau rouge signalant : « Le don du sang, c’est là ». Il suivait le panneau fléché indiquant « Le don du sang c’est par là », deux indices que j’ai jugé relativement fiables pour que mes pieds s’arrêtent devant le bureau marqué « ACCUEIL ».

Je voudrais donner mon sang, mais euh, j’ai jamais fait… Comment ça marche ?

Déjà, à la différence du don de plaquette, plasma ou moelle osseuse qui se font sur RDV, pour le sang pas besoin. Et en une demi-heure, 45 minutes si comme moi t’as plein d’interrogations, c’est terminé. La dame de l’accueil m’a donc posé deux ou trois questions éliminatoires au cas où mais mes piercings ou tatouages ont plus de 4 mois, je n’ai pas été entre Marseille et Montpellier depuis moins de 28 jours, je fais plus de 50 kilos, je ne suis pas un homme qui couche avec d’autres hommes, … (on n’épiloguera pas ici, même si y aurait à dire). J’ai donc rempli mon petit questionnaire dans son classeur bleu. Une? médecin m’a alors reçue, j’ai pu poser mes questions (saviez vous que le sang est d’abord analysé, puis débarrassé de ses globules blancs qui ne sont rien d’autre que des aspirateurs à merdes, puis séparé en 3 éléments différents qui pourront alors, ensuite, être donnés à 2 ou 3 personnes selon la quantité ?), et après s’être assurée que j’avais bien dit oui quand il fallait et non quand il ne fallait pas, la docteure? m’a alors conduite dans la salle des prélèvements.
3 chaises à moteur et inclinables, 2 infirmières.

Le don du jour bonjour. A 31 ans, il était temps. #dondusang #efs

A photo posted by Elise Richard (@misserichard) on

Comme c’était ma toute première fois, on a mesuré mon fer. « Une toute petite piqûre sur le bout du doigt » qu’on m’avait dit. L’impression de se prendre un gros coup de Shlasse sur le majeur ouais ! J’ai ouvert bien grands mes yeux de surprise face à la douleur, me suis rappelée alors qu’en fait, j’aimais pas trop ça, les prises de sang, mais j’ai fait la grande quand l’infirmière m’a demandé « ça va ? ». NI-CKEL!

L’objectif de la petite piqûre : récupérer un peu de mon précieux sang, le mettre sur une plaque de verre, comme celles du microscope de ma quatrième, mettre la plaque dans une machine et attendre qu’un chiffre apparaisse. Si c’est sous les 12, t’as perdu, au dessus, t’as gagné.
11,7.
Je ne m’attendais pas vraiment à ce petit bump sur ma route très honnêtement. J’étais lancée et prête à faire ma bonne action, je me voyais mal, là, rentrer chez moi , sans avoir pu manger ma collation donner mon sang et sans histoire à raconter. Mais l’infirmière m’a dit « on recommence » en enlevant déjà le pansement sur mon bout de doigt endolori. Pas besoin de refaire la piqûre, ça saignait toujours telle la fontaine de Jouvence. Et de retour dans la machine magique mon sang s’est alors décidé à dévoiler tout le fer qui était en lui.
14,5.
Ah oui !
Appelez moi Popeye, s’il vous plait ! « Ce n’est pas très fiable sur le bout du doigt ». Ah. Bah c’est con parce qu’en plus ça fait mal… Celà dit je ne connais pas bien la marge d’erreur mais gagner près de 3 points en moins de 2 minutes ça me semble effectivement assez volatile. On dirait les chiffres de popularité des hommes politiques.

Quoi qu’il en soit j’étais bonne pour accéder au trône : le fauteuil motorisé et inclinable jusqu’alors tenu éloigné de mon fessier.

La piqûre, la vraie, celle à l’intérieur du bras et pour laquelle ma veine a, semble t’il, explosé (« Vous risquez d’avoir un très gros hématome ») n’est pas des plus agréable, mais rien d’horrible non plus. Et après 5 minutes à souffrir un garrot relativement douloureux (lui) et à faire des pressions sur une mini balle rouge dans ma paume en forme de ballons de rugby (actu oblige) marquée « don du sang » tout en voyant se remplir une poche posée sur une machine faisant des va-et-viens motorisés pour « secouer tout ça », visionnant simultanément dans ma petite tête de tarée mon corps se vider de son précieux fluide et sentir chaque fourmillement comme le signe d’un abandon sanguin, c’était bon. Je ne sais pas trop l’expliquer, mais je crois que j’avais besoin de m’imaginer que TOUT mon sang s’enfuyait dans la petite poche, tout en sachant que dès quelle serait refermée et l’aiguille retirée, mon coeur allait, sans souci aucun, reproduire d’un coup 100% de ce dont j’ai besoin pour fonctionner. C’est extrêmement simpliste et potentiellement flippant, mais ça me rassurait de visualiser l’intérieur de moi-même en mode Il était une fois la vie.
On m’a finalement fait une gros bandage moche.
On m’a donné un numéro à appeler si je suis malade dans les 15 jours.
On m’a indiqué l’espace collation et rappelé de boire 1,5 litre d’eau d’ici ce soir « et surtout ne pas faire de sport hein » – « Ok, ok, ok… » (nan j’déconne, j’ai même pas fait semblant de me sentir concernée par ce dernier point).

Le don du jour partie 2 : «collation» #dondusang #efs A photo posted by Elise Richard (@misserichard) on

Au total j’ai gagné un thé chaud Lipton pas trop dégueu (comme quoi), un moelleux au chocolat et 2 petites bouteilles de Cristaline.
Si jamais (sans trop de doutes) ils ne trouvent rien dans mon sang je n’aurai pas les détails de leurs analyses. Il faudra donc que je leur demande la prochaine fois, parce que, en fait, ma question c’est : mais c’est quoi mon groupe sanguin ? Et comment on fait pour savoir ? Et c’est quoi cette histoire de donneur / receveur universel ? Et…

Aujourd’hui, j’ai donné mon sang. C’était pas dingue, mais c’était cool. Et si toi aussi tu veux mais tu ne sais pas où aller : clique clique, c’est marqué là !

xxx

La photo là tout là haut, c’est la déco de mon EFS.