Je suis toute à ma joie à peine gâchée par les ampoules qui sertissent l’arrière de mes pieds après une première ballade un peu trop optimiste et sans pansements protecteurs : J’ai acheté des Doc !

Ces deux lignes devraient, à mon sens, se suffire à elles-mêmes.
Il s’avère qu’en-dessous de 300 mots mon optimiseur de SEO met des croix rouges dans tous les sens et m’interdit presque de cliquer sur le bouton « Publier ». Il va me falloir délayer un peu. Et de fait pourquoi donc en faire un post de blog, outre ce plaisir immense que j’ai à parler de ma petite personne ? Et bien sache le lecteur : cet achat n’est pas neutre et entre dans cette réflexion bien plus générale que je mène actuellement

Je suis a peu près certaine que mes copines et moi ne faisons pas notre âge.

Voilà.

Les Docs Martens (noires, vernies, une splendeur) c’était la shoes ultime des cours d’école de ma grande sœur il y a 20 ans.
4 ans d’écart ça peut compter.
Et moi je suis un peu passée à côté.
Reste que dans ma quête de bottines noires et confortables avec lesquelles je pourrais traverser Paris de bout en bout pour cette rentrée, chaque modèle que je croisais et qui aurait pu faire l’affaire me renvoyait systématiquement à une comparaison inconsciente :
– les faux lacets pour faire « genre » avec une fermeture éclaire planquée : trop facile
– la bottine basse ou la botte haute : laissez moi les intermédiaires
– la grosse semelle pour planquer un talon compensé et incapable de résister aux kilomètres parcourus : non merci.
J’en venais à désespérer quand j’ai tourné la tête juste avant de prendre l’escalator vers la sortie.

Là, sous mes yeux ébahis, dans un stand mixant allègrement Patricia Blanchet, Anniel et autres inconnus du même genre enviable, se trouvait la table à Doc Martens !
Elles étaient là.
Elles m’appelaient.
Elles me suppliaient de venir les essayer.

Et (hormis cette capacité qu’elles ont à défoncer les pieds + la baisse en qualité constatée par les aficionados depuis quelques années = toujours regarder les forums Internet après avoir fait ses achats) elles sont parfaites !

La petite demoiselle qui essayait le modèle rouge vernis à côté de moi avec sa salopette bien coupée et son air de jeune étudiante portait divinement la bottine. Et comme dans ma tête j’ai, un peu, toujours, 15 ans, j’ai décidé que moi aussi (avec mon short en jean et mes bagues étoiles).

La vérité mon ami : je ne suis pas certaine que le port de la Doc « arrange » trop cette impression, que peuvent avoir des gens en me croisant, que je suis loin (on s’entend) des 30 ans. Encore récemment le mec au chapeau me demandait si j’étais étudiante. Et, si je suis bien placée pour savoir que les reconversions amènent des gens parfois plus âgés que moi sur les bancs de l’école, sa façon de le dire laissait clairement sous entendre qu’il n’imaginait pas que j’ai pu dépasser, depuis plus de 24 mois maintenant, le seuil de la trentaine.

Est-ce un compliment ? Je n’en sais rien. Je sais en tous cas que l’image de la trentenaire mère de famille qui va chercher Enzo et Zoé à la maternelle ne me correspond pas des masses et que, ce que mon inconscient à construit au fil de représentations médiatiques plus ou moins réalistes de ce à quoi ressemble la femme trentenaire (aussi urbaine, active, provinciale, célibataire, chômeuse ou mère de famille qu’elle puisse être) ne me va pas vraiment non plus.

On se le dit souvent avec les copines :

elle est supposée avoir quel âge elle ? Trente ans ? Mais elle fait plus vielle que nous ! Nan ?

Je suis globalement nulle pour donner un âge à quelqu’un. Autant dire que le mec qui me sort « tu me donnes quel âge » pour lancer une conversation risque de la voir rapidement plantée. Ça me met extrêmement mal à l’aise, je dis un truc débile, limite gênant, pour répondre et profite de la moindre occasion pour me barrer.
(et après elle se demande pourquoi elle reste célibataire, ah bah bien joué !)
Mon œil n’est, donc, peut-être pas complètement affuté sur ce sujet, mais d’une façon ou d’une autre nous (les copines) avons développé ce je-ne-sais-quoi-qui-conserve, j’en suis persuadée. Et j’ai pris le parti de me dire que ce n’était pas plus mal comme ça.

Après tout je ne suis pas bien sûre que le service marketing de Doc Martens cible particulièrement les nénettes comme moi (trentenaire et fauchée), reste que, aujourd’hui, ces bottines, c’est le meilleur achat que j’ai fait depuis des mois !!
Dans ce dressing que je construis avec plus ou moins de succès depuis une dizaine d’année maintenant, elles apportent, l’air de rien, ce qui me faisait rêver quand j’étais gamine et qui m’était inaccessible. Et, aux côtés de mes bottes à talons de 12 et autres chaussures à l’allure bien plus féminine, elles posent là ce petit côté rugueux de la semelle qui me convient bien.

Tout vient à point à qui sait attendre.
Et ce ne sont pas mes pieds qui souffrent (un peu) de mon impatience qui me diront le contraire.

xxx

Note à la sauvegarde des pieds victimes de la mode : j’ai depuis acheté des pansements.