Aujourd’hui, 21 juin, fête de la musique, jour le plus long de l’année dans l’hémisphère nord (court au sud, on a tendance à l’oublier), journée internationale du Yoga (hop, une petite salutation au soleil ! – et de quoi me rappeler qu’il faudrait sérieusement que je m’y remette), c’est aussi la fête des pères. Ces fêtes commerciales (les hallmark holidays comme on dit en Amérique du nord, du nom du célèbre marchand de cartes Hallmark) m’agacent férocement. Forcément je les aime mes parents, et évidemment en bonne Richard je ne leur dis pas assez souvent. Fille ingrate que je suis, je ne les appelle pas non plus très régulièrement je dois bien l’avouer. Alors tous les ans c’est pareil, j’ai beau me dire « c’est une fête commerciale, lâche l’affaire on s’en fout », je culpabilise si je ne fais rien. Parce qu’évidemment ils ont beau dire eux aussi… ils attendent, surement un peu (un appel, un petit mot, un truc). 

Cette année je me suis mise dans une situation bancale car il y a 3 semaines, pour la fête des mères, j’ai écrit un post. Difficile de ne rien faire du coup pour mon papa. Sauf qu’autant avec ma maman j’avais la matière d’une histoire récente, là, je sais pas bien quoi écrire. Les anecdotes rigolotes ne se décident pas. Et puis j’ai déjà parlé de lui récemment !
Mais mon papa c’est SURTOUT autre chose que juste 3 syllabes de 3 lettres pour désigner une maladie à la con.
C’est des tas d’autres choses en fait.

Ce caractère de têtu : je crois ne l’avoir jamais entendu admettre qu’il avait tort.
Son humour et ses jeux de mots pourris qui me reviennent régulièrement : impeccable de frein par exemple, ça vous casse la dynamique d’une réunion, quand vous sortez ce genre de pépites.
Son goût pour les concerts de rock (U2, Muse, Manu Chao, Pink Floyd, …) mis très (trop) forts sur le lecteur de DVD Blu-Ray du salon avec le son Dolby-je-sais-pas-quoi, comme pour faire râler ma mère (action / réaction) et les mini nièces par mimétisme « tu me casses les oreilles papiiii ».
L’excuse, quand je suis là, d’aller à la boulangerie près de mon ancien lycée et de nous y acheter les éclaires ou religieuses au chocolat que je rapportais à l’époque quand je finissais pour l’heure du gouter : « c’est pour te faire plaisir » qu’il dit de façon très sincère mais dans un sourire, les papiers des autres pâtisseries achetés dans la semaine étant planqués dans la voiture.
Le vélo, ces gamelles qu’il se prend parfois sur son VTT, même si pour moi il restera toujours celui avec ce maillot rouge qui partait à la mer avant nous, que l’on cherchait depuis la voiture sur la route pendant tout le trajet, sur son vélo rouge lui aussi.
Ce randonneur qui aime apercevoir les sommets enneigés au détour d’un sentier.
Sa gentillesse : il blague souvent sur les gens, mais l’ai-je déjà entendu dire du mal de quelqu’un ?
Sa volonté de rendre service, malgré ses absences et sa tête en l’air.
Son sourire, tout simplement, quand il sait qu’il a fait une « connerie », quand il nous voit, ses filles, quand il voit mes nièces, quand il est en vacances avec ma maman.

Et puis tout le reste parce que c’est difficile de décrire ce qui rend unique et précieux les gens que l’on côtoie depuis 31 ans. Vous voyez mon dilemme : que vous dire autour de tout ça ? Ce qui est sûr c’est que je me dois de conclure sur des mots déjà écrits à la forme féminine, pour créer un parallélisme littéraire (rien que ça) dans mon œuvre (rien que ça). C’est facile du coup, ça donne un truc de ce genre là :
Pas un jour sans que je ne pense à lui, et je sais que la réciproque est vrai.
Mon amour paternel n’a pas besoin d’une fête une chouille commerciale pour particulièrement s’exprimer, mais après tout l’occasion est là alors pourquoi pas :

Bonne fête papa !
♥♥♥♥♥♥♥

xxx