Aujourd’hui, c’est le premier jour du printemps météorologique. Il parait.
J’ai entendu ça à la radio.
Face à si peu de certitudes vis à vis du temps qu’il fait et fera (y a plus de saisons ma bonne dame), une chose est sûre : j’ai ressorti MA robe à fleurs.

Oui car contre toute attente je n’en ai qu’une.
(Et on me l’a donnée.)

Sur un caleçon doublé coton tout doux, un sous-pull, et sous un gilet en cachemire certes, mais oui, j’ai cédé à l’appel de la robe à fleurs !

Le look vaut ce qu’il vaut (alors que s’éveille ainsi le complexe de la bloggeuse qui ne sera jamais bloggeuse mode).
Cela-dit, au détour du miroir et après avoir plaqué mes cheveux avec des petites barrettes pour donner une « certaine » apparence à ma coupe, j’ai réalisé que petit à petit, mes cheveux gagnaient en longueur. J’ai mis du noir sur mes yeux, une ombre de baume sur mes lèvres, et tu le croiras si tu veux, mais je me suis trouvée jolie… L’effet de la robe à fleurs et des longueurs.

L’effet était trop sombre pour me donner un air hippie, malgré les bourgeons, les pétales et mon blond chagrin de soleil. Hippie rock plutôt.
Je me suis sentie en phase avec mon modèle féminin ultime (en tous cas physiquement parce que pour ce qui est de sa gestion amoureuse on repassera) : j’ai nommé la seule et l’unique Karen (ex femme, compagne, ex, amie, ex… de David Duchovny dans son rôle de Hank Moody, Californication style). Je termine (péniblement) l’intégral de la série en ce moment même, savourant quelques pépites de cynisme derrière une grosse tendance au tournage en rond. Elle (Karen) est donc omniprésente dans mes références.

À peu de chose près (comme par exemple le caleçon doublé coton et le pull en cachemire) j’aurais pu imaginer ma démarche chaloupée (j’aime bien cette expression) le long de la Venice boardwalk : les palmiers derrière moi, la plage à ma droite et les cabanons des « gardiens de vie » (lifeguards) abritant leurs locataires en caleçons rouges.

Est-ce le moment pour moi de te révéler le plus ultime de mes secrets : Un jour prochain, quand mon plan à visée domination du monde aura abouti, je partagerai mon temps entre un palace Parisien et une maison près de la plage de Venice à Los Angeles. À ce moment de ma vie future, j’aurai peut-être même résolu mes petits problèmes avec la conduite, et je pourrai ainsi profiter des abords de cette ville tentaculaire dans une décapotable noire.

Ou tout simplement je vivrai la Venice life entre la plage et Abbot Kinney, étant surement définitivement perdue pour la conduite de voitures.

IMG_20140730_210404 DSCF0075

Oui car je ne conduis pas.

Je pourrais résumer l’ensemble du sujet ainsi, mais vois-tu nous passerions à côté d’une formidable histoire dont la morale pourrait être : le ridicule ne tue pas.

Août 2006

De retour d’Australie, l’ensemble de mes comptes bancaires est à 0, m’acheter même un pantalon devient compliqué. Avant de repartir vers cette charmante ville où un loyer coûte un rein (Paris), je fais un détour par la case parents (sans toucher 20 000 francs mais en mangeant à l’œil) et squatte au passage la voiture de ma maman pour me rendre, tous les jours, au pire boulot du monde (ou presque) : ramasser les plateaux plus ou moins vides de vacanciers et actifs pas toujours très respectueux de la nourriture au restaurant de légumes à volonté (des friiiiiittes) le plus connu du monde – j’ai bien-sûr nommé Flunch ! L’uniforme était ridicule, la paie aussi, débarrasser les déchets des clients écœurant. Mais là n’est pas la question.

Ainsi, un soir où je rentrais de mon service aux alentours de 23h30 / minuit et après avoir chanté à tue-tête un son pop rock en écoutant RTL2 dans la voiture, je me suis garée, comme tous les soirs, sur le côté de la maison de mes parents. Il fallait réussir l’exploit de prendre correctement le virage entre une jardinière et un muret, au ralenti, sans caler, puis gravir la petite côte qui permettait d’amener la voiture jusque sur un léger faux-plat.
J’ai coupé le moteur, défait ma ceinture, suis sortie, j’ai fermé la voiture et me suis dirigée vers ma chambre à quelques mètres de là. J’ai eu le temps de poser mes affaires et sortir mon portable quand, alors même que je posais mes fesses sur le lit, j’ai entendu comme un bruit dans l’allée.

Étrange – se dit-elle.
Mes yeux se sont posés à nouveau sur mon téléphone.
Ai-je bien mis le frein à main ? – se demanda-t-elle.

Par acquis de conscience je suis ressortie de la maison, en chaussettes et à pas de louve. La TV dans la chambre de mes parents m’indiquait bien qu’ils ne dormaient pas, mais je ne tenais pas à éveiller l’attention. Je me suis glissée à l’extérieur jusqu’à la fameuse allée, j’ai tourné la tête à droite pensant y trouver la voiture là où je l’avais laissée.
Rien.
J’ai tourné la tête à gauche, en direction de la route et de chez le voisin : Tadaaaaaam !
Elle était là ! Dans le camion du voisin, elle avait gentiment roulé jusqu’en bas de la petite montée, traversée la route, pour finalement venir taper contre le pare-choc (protégeant au passage la petite voiture à côté qui aurait surement un peu plus morflé).
Bon bah donc non : je ne l’avais pas mis, le frein à main.

La chance étant avec moi, l’arrière de la voiture de ma maman était quelque peu emboutie, rien à signaler chez le voisin cependant.
J’avoue ne pas maitriser à 100% l’étendu des dommages à ce moment là sur la voiture de ma mère car quelques jours plus tard… j’ai défoncé la portière arrière droite.
En me garant toujours !
Ce fichu virage entre la jardinière et le muret : j’ai embouti le muret… un gros gros gros câlin entre la portière et le muret, avec cette étrange sensation que, quelque soit le sens où j’allais (avancer ou reculer), c’était, de toute façon, pire.

Depuis ce jour et suite à mon déménagement vers Paris (où conduire est une idée saugrenue et une voiture un gouffre financier) je n’ai plus jamais touché un volant. Je suis en effet arrivée à la conclusion que j’étais beaucoup trop tête en l’air pour une telle invention.

Ça fera 10 ans dans quelques mois…
Pour ma décharge je suis une plutôt bonne copilote : je ne dors pas, je tiens compagnie et si je me concentre je suis en mesure de régler un GPS (je crois).
Et surtout surtout surtout : j’adore me faire conduire ! …

… Ou dépendre de mes pieds.
Hippie Rock style !

xxx