Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, je suis un peu à la peine pour te raconter des histoires rigolotes depuis quelques semaines. Même te demander ce que tu as fait de ton weekend en ces moments électoraux est susceptible de déraper.
Et puis je suis agacée.
Je ne sais pas ce qui se passe, mais quasiment à chaque fois que je passe mon palier je gagne une réflexion relativement sexiste d’un mec bourré, d’un mec à capuche, d’un mec tout court. Je dois dégager une certaine aura ! (celle de tu l’auras pas – ah ah!). Tiens, anecdote : récemment, je me suis trouvée plusieurs fois à tapoter du clavier tactile alors que je marchais. C’est une très mauvaise idée !! En gardant mon rythme habituel j’ai été 3 fois nez à nez avec les panneaux de signalisation. Ils manquent de conversation, rien d’intéressant là-dedans. En ralentissant mon rythme, en revanche, j’ai eu le droit au relou-qui-vient-se-caler-sur-ton-pas-à-moins-d’un-mètre-de-toi. Super sympa ! Oh le mec ne viendra pas te parler lui non plus, il est juste là pour te faire flipper. C’est drôlement rigolo de se sentir suivie par un petit merdeux dit donc !

Bref à défaut de se fendre d’une énorme barre de rire ensemble, je vais partager avec toi un sujet passionnant : ma quête d’identité. (ne me remercie pas). Le truc chouette quand tu changes de vie, c’est que quand les gens te posent l’éternelle question « et toi tu fais quoi sinon dans la vie ? », tu peux au choix :

  • pleurer – je sais paaaaaaaaaaas!
  • saouler tout le monde pendant des heures pour savoir ce qu’ils pensent de ton projet – et bien vois-tu,  c’est une excellente question..!

Afin de tomber plus aisément dans la seconde catégorie, je passe ainsi une bonne partie de mon temps sur des feuilles blanches A4 depuis 2 jours, des jolis feutres de couleurs à la main, pour visuellement définir mon plan de domination du monde (non je ne régresse pas niveau grande section, je travaille !)


Minus Et Cortex – generique par nico59170

On progresse : j’ai rangé dans les cases toutes mes idées, essayé de définir les étapes nécessaires et préalables à chaque sous projet, priorisé, etc. C’est dans ces moments que je me rappelle comme la vie de chef de projet était douce. Non je rigole.

J’ai donc 2 casquettes qui se sont matérialisées par deux cartes de visite reçues en début de semaine. Elles sont jolies : ce n’est pas moi qui les ai faites. Il y a celle avec des étoiles qui dit « écriveuse de bonne aventures ». Et il y a celle en rouge et noir qui dit « journaliste / chroniqueuse media & société ».
Mine de rien, ça m’a bien occupé une bonne semaine en tout et pour tout cette petite blague : quoi mettre dessus, quoi pas mettre, quelle photo, quel logo, quelle identité, en fait, finalement ! J’ai essayé de faire assez sobre, mais rose avec des étoiles. Sur le papier ça peut sembler antinomique mais le résultat me convient.
Je vais pouvoir en distribuer pleins à Noël (il ne faut pas s’attendre à des cadeaux de folie, je suis chômeuse). Et quand on me demandera (car je sais bien qu’on va me demander, on est gentil autour de moi, on s’intéresse à moi) où j’en suis sur ces différents projets : NON je ne baisserai pas les yeux ! Peut-être je chercherai rapidement à changer de sujet, mais OUI j’aurai des trucs à dire ! (je vais prévoir un carnet d’anti-sèches). Et même, grâce à mes cartes, je serai fière !

Globalement je crois que je bosse beaucoup. Mais c’est là mon souci et c’est pourquoi j’ai eu besoin de dessiner sur mes feuilles pour faire quelque chose de visuel, car ça manque d’organisation. Je me disperse comme on dit. Façon puzzle. Au début je ne voulais pas m’astreindre à un planning du genre « le lundi je fais ça et le mercredi je fais ça », ça briderait ma créativité, que je me disais ! C’est bullshit! En tous cas pour moi. J’ai besoin de repères, j’ai besoin de savoir que j’avance. J’ai besoin de me challenger avec des objectifs.
Et puis il y a ce que je veux et ne veux pas faire, ce que j’aime et ce que j’aime moins, ce qui plait et ce qui plait moins. C’est cette fameuse quête d’identité, pour me définir, me positionner, être claire sur ce que je suis et ce que j’attends de moi, comme des autres. C’est essentiel. Et ça nous vaut un paragraphe d’introspection chiant comme la pluie.

Bon là par exemple en ce moment je suis en train de me prendre un vent pour une prochaine interview pour The Revolution (oui il y a une notion de temporalité dans ce vent : c’est en train d’arriver mais la réponse négative n’est pas encore complètement matérialisée). C’est ennuyeux. Mais je relativise et apprends de mes erreurs. Pas hyper bien cela dit car ça fait deux fois de suite, mais je ne vais pas me laisser abattre. Et sinon je réfléchis à un truc sur les webséries et un autre sur les réseaux sociaux. Je ne m’ennuie pas. Je désespère un peu de retrouver de l’histoire rigolote à raconter mais ça va revenir ça aussi. Promis.

D’ici là, allez, je le dis quand même : dimanche, va voter. C’est pas drôle. Mais ça vient du coeur.

xxx