D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé le hand, un sport où courir vite est un point fort, foncer dans le tas une option et où il est davantage question de se passer le ballon que d’en faire quelque chose (dribbler, par exemple) avec ses mains ou ses pieds.
Ça c’est pour ma pratique personnelle, vous savez, celle de nos cours d’EPS, le hand restant avec le badminton et « la piscine » les disciplines phares de ces quelques heures hebdomadaires suspendues entre verbes irréguliers d’anglais et expériences douteuses de physique-chimie.

Il y a une quinzaine d’années sont arrivées dans ma vie les premières retransmissions TV de matchs internationaux. Des championnats du monde souvent, dans un rythme endiablé et au bout d’un stress ayant raison de manucures parfois aléatoires : j’étais ado et c’était la mode des mini vernis couleur licorne d’Yves Rocher. Depuis longtemps j’avais accepté l’idée que, le sport, c’est vachement mieux à la TV que dans une salle avec des chasubles à l’odeur de transpi dont le dernier nettoyage remonte à 1978.

Ma mémoire est sûrement sélective, mais je n’ai aucun mauvais souvenir de matchs de l’équipe de France de hand. Des défaites, sûrement, mais en 15 ans je ne me suis jamais ennuyée.
Il y a un rythme dans ces deux mi-temps de 30 minutes. À chaque fois. De l’affrontement, des corps à corps, des passes dignes de tours de passe-passe (tu la vois la balle ? tu la vois plus ! tu la vois ? elle est au fond des filets !), des interceptions comme des réflexes innés et des envolées à plusieurs mètres du sol pour des mecs de plus de 100 kilos.


Et puis il y a le stress, l’angoisse, ce score qui tourne si vite dans un sens comme dans l’autre. Il suffit d’une balle perdue, d’une transversale et d’un arrêt majestueux pour renverser un match. Plus que jamais, face à un match de hand, je vibre en bleu dans un chauvinisme qui n’a d’égale que mon aversion pour les frontières en dehors de toute compétition sportive.

En ce 29 janvier je déclare solennellement le handball sport national sous le signe de la 6ème étoile.

Les Bleus ont remporté un sixième titre mondial, le premier datant de 1995.
Les Bleus, l’espace d’une heure / une heure trente ont concentré mon attention sur des valeurs de fair-play, d’affrontement sans chichis et de dépassement de soi.
Ils ont avalé les doutes en première mi-temps et fait voler leur talent en seconde.
J’ai vibré, j’ai aimé.
Ça m’a changé.

Depuis de (trop) nombreux jours maintenant je suis en boucle sur, au choix et avec la possibilité de sélection multiple :

  • l’absence abyssal des problématiques culturelles et environnementales dans les différents débats pour les candidats à la future présidentielle (#OnRespireraDemain?)
  • les bras d’honneur successifs de PoutineTrump, ou autres acteurs plus locaux adressés sans complexe aux personnes partageant (avec moi) le fait d’être (connement) une femme et de vouloir disposer de leurs corps comme elles l’entendent (#Connards*)
  • la montée de tensions donnant (encore un peu plus) des arguments à ceux revendiquants un rejet des « musulmans » par les « pays occidentaux » (#PasEnMonNom – thank you very much)
  • l’impression (je pense pas vraiment à tort) qu’un possible futur président n’a rien à redire face à un salaire pouvant aller jusqu’à 7000 € par mois sur base de fond public pour une activité revendiquée comme étant discrète (fictive ou non)… Ce même candidat ne se gênant par ailleurs pas pour expliquer aux « assistés » qui garèrent à payer leur loyer et trouvent à bouffer via les banques alimentaires que bon, ça va bien de profiter des deniers de l’État. (#Connard* – Bis)

C’est con, hein, mais depuis de nombreux jours, là, je fatigue. Je m’agace.

Alors en l’honneur de mes profs successifs d’EPS dont j’ai oublié les noms plus vite qu’il ne m’en fallait à l’époque pour trouver des dispenses à mes cours d’endurance et (surtout) parce que les Bleus, l’espace de 60 / 90 minutes, ils m’ont donné envie de chanter, d’applaudir, de me réjouir, … Aujourd’hui dimanche j’ai sauté, oui, devant mon écran.

Pourquoi ?

Parce que, tous ensemble tous ensemble hey! Qui ne saute pas n’est pas français !

Hey! Hey!

xxx

Image : querpass_bilder

* à la vulgarité de pensée je réponds par la vulgarité de ton. ‘Scuse my french…