Chers aventuriers du quotidien,

Je te retrouve aujourd’hui pour évoquer ces promesses que tu te fais à toi-même mais que tu trahis néanmoins, l’âge venant.

Le préambule nécessaire aux mots qui vont suivre se résume ainsi :

Je déteste la courgette.

La courgette, le chou-fleur et la banane sont les 3 aliments composant mon top 3 #Vomi (ne me remercie pas tout de suite) auxquels j’ajoute bien volontiers les endives cuites et les paupiettes s’il s’agit de fomenter un top 5.
La courgette poussait à foison dans la jardin de mes parents ou de mon grand-père étant petite. Chaque fois que je voyais une (ou plusieurs) courgette posée sur le plan de travail, prête à être « travaillée », l’anticipation me provoquait des hauts le cœur.
Dans une logique qui était alors la mienne, je me suis promise solennellement que JAMAIS, ô grand JAMAIS, moi, Lisette de 8 ans, je ne mangerai de la courgette quand je serai grande et en mesure d’affirmer par moi-même ce qui devrai ou non passer dans mon tube digestif…
… et par la même occasion que je renonçais ainsi à la ratatouille (où certes le goût de la courgette est minime pour ne pas dire neutre, mais il s’agissait bien de généraliser pour prouver mon point).

Quelques années plus tard…

Le premier principe sur lequel j’ai cédé fut la ratatouille. Non pas que je m’en cuisine des marmites, la quantité de légumes a éplucher, découper, faire revenir et le temps de mijotage sont bien supérieurs à ce que je suis prête à investir pour la quantité finale (l’arnaque de la ratatouille).
Néanmoins j’ai des amis qui aiment ça et qui, lors de nos vacances en commun, peuvent se décider parfois à partir dans un petit délire tomates, courgettes, aubergines, ail (et oignons aussi, non ?).
Avec un peu de riz pourquoi pas…
Bref la ratatouille a repris position dans la liste de mes possibles alimentaires.

Mais le plus choquant restait à venir quand, il y a un an, presque jour pour jour et alors que je contemplais la pluie depuis le salon breton de ma chère sœur, elle a déposé sur la table et en guise de diner un saladier rempli de tagliatelles de courgettes, citron, parmesan et pignons de pin.
Aucune tomate à l’horizon pour faire écran. Aucun autre subterfuge que l’acidité du citron mêlé au gout singulier du parmesan : la courgette dans toute sa crudité posée là, devant moi, offerte de sa nudité.
J’ai fait bonne figure.
J’ai dit « un petit peu, je n’ai pas très faim ».
J’ai saisi ma fourchette avec un air qui n’a pas fait illusion.
J’ai piqué, levé et mis à ma bouche une première lamelle du légume interdit.
J’ai mâché.
J’ai aimé et me suis resservie 2 fois.
À tel point que je demandais la recette à ma sœur quelques jours plus tard en retrouvant ma cuisine

(En gros il s’agit de tout – courgette en lamelles, jus de citron, parmesan, pignons de pin – mélanger dans un saladier avec un peu d’huile d’olive. Pour ce qui est des courgettes : ne pas mettre le cœur plein de pépins… #Evidemment !)

Si j’avoue conserver une certaine réticence à l’achat de la courgette (dont la peau a, je trouve, une odeur et un aspect rugueux collant que la Lisette de 8 ans qualifiera toute sa vie de Beurk), petit à petit ce plat trouve sa place régulière dans ma carte estivale.

L’ultime révélation m’est cependant apparue samedi dernier quand, en plein déjeuner chez des amis, le dessert est arrivé sur la table. Déjà la veille une photo avait filtré :

un gâteau au chocolat à la courgette…

Tu le sais, j’ai une certaine passion pour les gâteaux, fondants, cake et moelleux au chocolat. Un idéal de vie ! Il s’agissait donc de réunir dans un même plat ce qui a le plus de chance de m’approcher de l’extase (oui, bah oui, que veux-tu) et l’un de mes pires cauchemars culinaires. La Lisette de 8 ans au fond de moi frémissait de terreur.
J’ai fait bonne figure.
« J’attends de voir », que j’ai dit comme ça.

Et quelle ne fût donc pas ma surprise ! C’était non seulement bon, mais même très bon (en témoignent les 4 parts avalées), et surtout sans cette impression de manger une plaquette de beurre à chaque bouchée !
Ni une ni deux, 48 heures plus tard je reproduisais de moi même la mixture pour l’enfourner 20 minutes à 160 degrés (moyennant quelques ajustements d’ingrédients car je ne sais globalement PAS reproduire une recette à l’identique. JAMAIS. NEVER. EVER !). La cuisson est ratée (comme souvent) (souci de four et de plat mal adapté, je devrais pourtant le savoir depuis le temps). Mais le résultat est presque à la hauteur !

La recette est ici (maintenant tu peux me remercier !) et vient de lalignegourmande.fr (pour la gourmands qui veulent garder la ligne – si tu vois ce que je veux dire ! #WinkWink). Sache donc que je n’y ai pas mis de noix (je n’aime pas ça) mais ça ne change rien (je pense) et que j’ai utilisé du cacao en poudre classique (celui pour mon bol de chocolat) et ça change beaucoup (je suis sûre : trop de sucre en plus et une perte de la saveur bien chocolatée comme on l’aime).

Sinon j’ai mixé la pâte au mixeur pendant 2 bonnes minutes pour m’assurer d’enlever tout petit bout de courgette récalcitrant. Je ne suis pas certaine que ce soit utile (voire même peut être contre productif quand au moelleux apporté par le légume ?), mais, ON NE SAIT JAMAIS !!!!
On a les phobies qu’on mérite.

La Lisette de 8 ans ne me tient pas (trop) rigueur de mes inconstances.
Pour être honnête, à l’heure où je vous parle, elle digère avec moi la troisième part de gâteau de la journée. (il est midi).

Alors, toi, dis moi, tu trahis souvent tes promesses d’enfant par péché de gourmandise ?

xxx