J’ai parfois des fascinations étranges qui n’appartiennent qu’à moi. Le sujet des machines à laver en est un exemple.

Reprenons.

Les gros costauds de chez Boulanger devaient arriver samedi matin entre 7h et 9h. J’avais choisi l’horaire en connaissance de cause mais je n’avais pas complètement anticipé que ma soirée de vendredi se terminerait aux environs d’une heure du matin avec la folle envie de prendre un bain pour réchauffer mes pieds (t’ai-je déjà dit que mon Palace est équipé baignoire ?).
Par peur de ne pas entendre la sonnerie de l’interphone j’ai donc laissé ma radio se lancer à son horaire habituel et conservé mon téléphone à portée d’oreille. C’est à 8h33 que l’un des gros costauds d’chez Boulanger m’a annoncé une arrivée entre 8h30 et 10h30 et fait répéter avec ma voix de Roger mal réveillé les différents codes, étages et autres spécificités pouvant l’amener jusqu’à ma demeure. Pour une raison que j’ignore encore, le gros costaud savait pertinemment à 8h33 qu’il arriverait avec son copain et ma machine-à-laver-40-cm-ouverture-par-le-haut plus aux alentours de 10h30 que de 8h30. Il est resté silencieux sur le sujet. Cela-dit, je savais aussi pertinemment à 8h33 qu’il n’arriverait pas avant au moins une heure, mais je me suis tout de même levée et mise en situation pour une arrivée possible « il y a 3 minutes ». Je ne lui jette donc pas la pierre de l’incohérence.

Vers 11h10 il m’a rappelée pour signifier qu’ils avaient un peu de retard. Au stade où j’en étais, j’aurais presque pu jouer la surprise, mais j’étais toujours en pyjama (des fois qu’ils sonneraient alors que j’étais sous la douche) et avais vidé mes derniers cartons depuis au moins 45 minutes. Manquant encore cruellement de rangement j’étais afférée à monter consciencieusement une tour stable avec mes livres. Le résultat étant plutôt désastreux et m’y étant déjà reprise à 3 fois, j’avais bien conscience de leur retard.
Ils ont sonné, ils sont montés. J’ai ouvert la porte d’entrée puis celle de la salle de bain, il n’était pas ici question de tergiverser. Le gros costaud du téléphone a commencé par m’expliquer que ça n’allait pas rentrer. Comme j’avais pris les mesures et que j’aime bien qu’on essaye avant de dire que c’est impossible j’ai d’abord feint de ne rien entendre, puis, face à son insistance, ai été obligée de jouer la blonde perdue en pyjama un samedi matin face à tant de technicité et tous ces gros bras forts : « Mais vous êtes sûrs ? Non parce que MOI, là, VRAIMENT je ne sais pas… ». Comme pour me prouver de leur bonne volonté et de son compas dans l’œil, il a fait signe à son copain qu’ils allaient QUAND MÊME essayer. Le copain a pris le tuyau, fait le raccordement, poussé la machine à la place exacte où elle allait se positionner à la perfection et mis en place l’évacuation. En 3 minutes ma machine était branchée à sa bonne localisation avec en prime le cour sur comment tourner le bouton pour choisir le cycle. (« donc bah là vous tournez le bouton et vous pouvez choisir le cycle »). Le costaud du téléphone s’est contenté de me faire signer le reçu. Il valait mieux qu’on en reste là.

À peu de chose près, ma machine était livrée en temps et en heure.

Nous en arrivons au truc fascinant de l’histoire.
Je n’ai pas d’évacuation d’eau pour le moment (je sais, ça part super bien cette histoire). Ça se passe donc directement dans la baignoire. Or je me suis toujours demandée à quoi ça peu bien ressembler, l’eau, quand elle est évacuée d’une machine à laver. Et bien maintenant je sais ! C’est pas jojo. Les premières fournées, dès que j’entendais que le cycle de lavage se terminait, je courais (les 3 mètres) qui me séparent de ma salle de bain pour regarder en détail l’eau, sa température, la couleur, les éventuels résidus… Fascinant. Un peu comme quand j’ai eu ma première machine à hublot. C’était génial. Pour la première fois je pouvais voir ce qui se passait PENDANT le lavage. Truc de dingue !

Aujourd’hui son ouverture se fait par le dessus et sa silhouette est svelte. Mais je sais que quand le plombier viendra mettre en place l’évacuation ça va m’ennuyer… Me faciliter un peu la vie, certes (car il me faut passer un coup de jet au fond de ma baignoire après chaque lavage). Mais quand même, je sais déjà que ça sera plus vraiment pareil, parce que, un peu comme ma vue depuis mon balcon, je ne me lasse pas de cette petite animation qui me réserve parfois quelques surprises (« tiens, mais qu’est ce que j’ai bien pu mettre de rouge dans cette machine de blanc pour que l’eau soit de cette couleur ? »)

xxx

PS : La photo qui illustre ce post vient de la carte du restau de vendredi soir, on n’est donc pas complètement hors sujet !