Mon amour des bestioles n’est plus un secret pour personne. Ainsi, comme j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire, tous les soirs d’été se terminent, avant de basculer vers le dodo, dans une inspection en règle de mon Palace pour trouver la moindre trace de petites bébêtes.
Tout d’abord, première information, les moustiques n’ont aucun problème à gravir les mètres qui séparent mes fenêtres grandes ouvertes du plancher des vaches. 6 étages et demi ?

No worries de Mousticos.

Seconde information, bien qu’empirique et à valeur scientifique discutable, mon étude de ces dernières semaines me permet de l’affirmer : le moustique APPREND !

Démonstration.

Début d’été, le temps est gris et froid.
Le moustique se fait absent jusqu’à cette première nuit.
Vers 2 heures du matin, alors que je sombrais dans le sommeil, je suis d’un coup réveillée, les yeux grands ouverts par un bruit : gniiiiiiiiiiiIIIIIIIII siffle à mes oreilles. Ni une ni deux, j’attrape mes lunettes et allume la lumière :
– Où es-tu petite terreur ?
– Coucou !  Là, juste là, je suis obèse de tout ce que j’ai bien mangé. Blurp… Je suis looooourd…
– DEAD –
Fin d’histoire.

Le lendemain, forte de mon expérience passée, j’ai donc commencé mes rondes nocturnes qui, les premières nuits, furent relativement simples : le moustique est du genre con, songeai-je alors, il vient se caler pile au-dessus de ma lampe, soit pile au dessus de mon lit, je n’ai qu’à lever les yeux pour le voir et, le cas échéant, …
– DEAD –
Fin d’histoire.

Tout se déroula correctement jusqu’à ce que je note, ces dernières semaines, une arrivée tardive du moustique, voire, une arrivée en couple. Autrement dit je me couchais, peinarde, avec la sensation d’avoir assuré mes arrières (moustique dead ou absent), quand revenait à mes oreilles ce doux son vampiresque : gniiiiiiiiiiiIIIIIIIII.
Rebelotte :
– Où es-tu petite terreur ?
– Coucou !  Là, juste là, je suis obèse de tout ce que j’ai bien mangé. Blurp… Je suis looooourd…
– DEAD –
Fin d’histoire.

Là où les choses ont commencé à se corser c’est quand j’ai constaté que la petite terreur, que dis-je, le petit con, se planquait.
Pire qu’il était devenu agile.
Et pire encore, qu’il gagnait en agilité au fur et à mesure des nuits.
D’abord c’est mon ombre qui me trahissait : je n’avais pas le temps d’abattre le couperet que la bête s’était déjà envolée.
Et depuis quelques nuits j’ai l’impression que le fait même de spotter le connard de ‘stique sur les murs ou le plafond blancs immaculés de mon Palace le fait s’envoler… Un simple regard et HOP! décollage. Mais plus uniquement pour se diriger quelques centimètres à gauche. Non. Pour partir droit vers la porte d’entrée (en faux bois maronnasse) ou vers mes rideaux (bleus gris nuit sombre), en d’autres termes là où, j’ai beau avoir mis les lunettes sur le coin de mon nez, la minuscule bestiole se perd dans la perspective me laissant seule au milieu de mon Palace avec la certitude de réentendre, 45 minutes après avoir éteint et abandonné, gniiiiiiiiiiiIIIIIIIII.

Force est de constater : le moustique apprend de ses erreurs et met en doutes mon autorité.

La nuit dernière, et alors que culmine sur mon front les vestiges dermatologiques du repas de la bête en une petite bosse gratouillante, je suis ainsi arrivée à la conclusion que mon Palace était devenu un centre d’entraînement pour moustique commando duquel, si on ressortait vivant au petit matin, on gagnait un passe droit pour partir vivre sous les tropiques. C’est de ma faute aussi, j’ai élevé le niveau et maintenant…

Maintenant je n’ai pas dit mon dernier mot : la nuit est un combat qui se joue à un contre et, à la fin, c’est Lisette qui gagne !
Que les choses soient claires :
– DEAD –
Fin d’histoire.

xxx

PS : Je précise pour les défenseurs de la cause animale que ma chasse concerne essentiellement les moustiques. La coccinelle d’hier soir a passé la nuit, tranquille Émile, au dessus de mon lit. #LisetteLAmiDesBêtes

Image : Erwan Guerin