Je ne suis que frustration.

À l’heure où j’écris ces lignes, j’attends encore l’illumination qui va réveiller ma journée. Certes il n’est que 10h13, mais ma bonne action du jour vient de se voir tuée dans l’œuf, au niveau de la salle d’attente.
En ce 17 mai 2016, je me suis préparée ce matin pour aller, sous le ciel bleu parisien, faire un don de plaquettes. Après mon tout premier don du sang de toute ma vie il y a 6 mois, on ne m’arrête plus !
En tous cas c’était l’idée.
Jusqu’à ce que je me retrouve, devant le questionnaire, avec la désagréable sensation que ça allait tourner court.
Jusqu’à la confirmation par le médecin qui m’a pris en consultation préalable :

« Revenez dans 3 mois ».

Frustration

Résultat des courses : je n’ai même pas pu manger de petits gâteaux ou récupérer une bouteille d’eau. En revanche j’ai chapardé un stylo.

En fait toute cette histoire aurait pu être bien différente et, toi, ami lecteur, tu devrais, poser ici tes yeux sur le déroulé exact du don de plaquette : comment ça se passe et à quoi ça sert étaient les deux questions auxquelles je souhaitais répondre aujourd’hui.
À la place te voilà bloqué avec moi essayant désespérément de te raconter une histoire qui n’a pas eu lieu.
Je crois que je n’aime pas trop quand les plans changent au dernier moment, quand une situation que j’idéalisais et anticipais se voit réduite à néant. Ça me laisse dans l’embarras. Certains seraient sûrement à même d’en tirer profit : tu viens d’économiser deux heures de ton temps, chouette, profite, tu peux faire plein de choses que tu n’aurais pas pu sinon.
Non.
Moi ça me déstabilise. Juste.

Toute proportion gardée, ceci n’est pas la fin du monde, loin de là, il s’avère juste que, il y a un mois, j’ai fait un examen médical qui proscrit toute donation pour 4 mois.
Voilà donc toute l’histoire.
Non seulement le résultat de l’examen est nul (je ne sais pas ce que vous avez mademoiselle, mais là, y a rien du tout) et m’a laissée stone pendant une bonne heure et demi par la suite (cela-dit, ça, c’était cool), mais qui plus est, comme me l’indiquait le médecin ce matin :
« Il n’y a pas vraiment vraiment de dangers mais l’outil utilisé alors ne peut se nettoyer que de façon chimique, on n’est pas sûre à 100% qu’il n’y ai aucun risque de transmission d’hépatite.
– Huhum…
– Non mais dans 3 mois ça sera bon…
– Huhum. »

Ainsi, ragaillardie d’avoir non seulement échoué dans ma bonne action et appris que non y a pas de risques hein, juste nous on veut pas de vous, je suis rentrée penaude à mon domicile. Comme le RDV était tôt, j’avoue que je n’avais pas encore vraiment pris ma douche remettant les idées au clair pour concrètement démarrer la journée. C’est donc ce que j’ai fait histoire de la démarrer, effectivement.
Les pieds dans la baignoire et la tête tournée vers mon étalage de gels douches et shampoing j’ai été prise d’une soudaine illumination : pour adoucir ma déception, pourquoi ne pas utiliser cet échantillon de savon récupéré chez Melle Bio et promettant tendresse et délicatesse ?

C’est vrai ça : pourquoi pas ?

Et bien « pas » aurait dû être la bonne réponse car il était déjà largement trop tard dans l’étalement du dit produit lorsque j’ai senti mon erreur : une odeur délicate certes… de Vodka, tout simplement. Je ne m’explique toujours pas  comment ceci a pu décemment arriver, reste qu’après un bon bon rinçage, essuyage, aérage, l’odeur est loin d’être fugace. Voire tenace.
Je risque de m’auto-saouler

10h42, cette journée commence particulièrement bien.
Non seulement je n’ai pas pu donner mes plaquettes, mais je sens la vodka.
Il parait qu’un mauvais démarrage est signe d’une apothéose à venir.

Et bien voilà Apothéose : J’attends !

xxx