Je ne suis pas manuelle. Ni très artistique d’ailleurs. Et j’aurais adoré être dessinatrice. Avoir ce talent de représenter la réalité d’un moment en deux (ou deux cents) coups de crayon, je trouve ça dingo ! Mais non. Moi je m’ai jamais dépassé le stade du bonhomme, et la mini nièce de 5 ans (dans 3 jours, time flies!) saura bientôt mieux les représenter que moi je pense.
Comme j’aurais adoré avoir un peu de talent pour la photographie. Savoir capter le bon moment, le bon angle, la bonne lumière, pour partager une émotion. Mais non plus. J’ai abimé mon appareil il y a 9 mois de ça en le laissant trainer dans le fond d’un sac ensablé. Depuis mes photos viennent d’un téléphone intelligent dont la qualité première est d’être joli, fin et rose, pas (du tout) de prendre de jolies photos.

Parce qu’il y en a pas mal des moments, comme ça, en passant, l’air de rien, que je trouve magique et que j’aimerais immortaliser…

Comme l’ange dominant l’église St Michel, de l’autre côté du cimetière de Montmartre, à quelques 500 mètres de là à vol d’oiseau, qui brille de toute sa dorure sous les rayons printaniers de Paris, et que j’aperçois pour la première fois en ce mois d’avril 2015 alors que je prends cette rue régulièrement depuis 5 ans (time flies, mais décidément qu’est ce que j’ai fait ces 5 dernières année ?).

Ou cet avion qui passe en laissant cette trainée blanche reconnaissable dans un ciel bleu azur digne d’un crayon de couleur, juste quand je lève les yeux de ce clavier, dans l’embrasure de la fenêtre en face de moi, depuis que mon canapé lui fait face et que je prends l’habitude de profiter des rayons de l’après midi de cette place (hautement) privilégiée.

À la place j’écris des phrases trop longues avec des virgules et des parenthèses. Or, paradoxalement, d’une façon générale, en littérature, les descriptions m’ennuient. Profondément… C’est Flaubert qui me l’a fait comprendre. Parce que Madame Bovary est assez dingo (aussi) pour plein de points, mais ça reste globalement chiant. L’auteur lui-même disant que « c’est un roman sur rien », ça va, on peut se permettre ! J’avais déjà de très mauvais souvenirs des doubles pages de descriptions que nous offrait Zola au lycée. 15 ans plus tard j’ai voulu tester ma « sensibilité de Femme mature et sage » (joke) à l’oeuvre des réalistes et naturalistes*.
Bon, bah donc : non. (et faire un texte qui parle des auteurs du 19ème et y caler ma phrase préférée de tous les temps –  4 petits mots à l’air de rien qui rebondissent pour arriver à LA conclusion négative irréfutable – ça en revanche je sais faire). 

Tu vois là par exemple, ce post qui ne veut rien dire où, avoue, tu as du t’y reprendre à deux fois pour être sur d’avoir bien compris certaines phrases, et où tu ne sais pas où je veux en venir à quelques lignes de la fin… Et bien parfois, j’aimerais faire des choses plus visuelles, plus simples, plus synthétiques (ah tiens ! faire synthétique : mon enfer !). 

Mais ça serait surement beaucoup moins fidèle à tout ce qui peut se passer dans ma tête…

xxx

* On m’a prêté le Lagarde et Michard du 19ème siècle, j’étale ma culture…