Je n’ai jamais eu de problème avec l’argent.
Ou plutôt si, mon problème avec l’argent c’est que je n’ai pas de problème avec l’argent : ça rentre, ça sort, je n’en ai donc jamais, je n’ai absolument pas d’angoisse à l’idée d’être à découvert (coucou mon banquier qui se fait plaisir sur mes agios), quand j’en ai moins je réduis mon train de vie, et quand j’en ai plus… je ne fais pas vraiment d’économies.

Il y a un an, lorsque j’ai changé de vie, j’ai réduit considérablement mon train de vie.
Je reste globalement privilégiée : j’ai de quoi me payer un loyer à Paris et si je ne fais aucun extra (restau, ciné, mojito, vacances) mon budget du mois tient tout juste la route pour me payer mes séances chez la psy et un abonnement option service minimum à la salle de sport low budget.

Sauf qu’en vérité je suis archi fauchée. Je ne fais JAMAIS aucun extra.

Reste que j’assume ! J’ai fait un choix (celui de sacrifier mon CDI et mon salaire de cadre).
Oui oui, j’assume.
J’assume.
En revanche faut pas trop me chauffer.

Cette histoire de pain au chocolat à 15 centimes, ça peut paraitre rien comme ça… Mais venant d’un mec qui met la dégressivité des allocations chômage dans son programme, ça à tendance à me faire bouillir.

Sans les allocations chômages, aujourd’hui, je ne vis pas. Les premiers minis salaires que j’ai pu me faire lors de cette première année de transition me laissent, au mieux, sur la perspective que mon projet est viable quand j’aurai atteint un rythme de croisière (au pire avec certaines angoisses nocturnes mais on a dit « j’assume »). En tous cas certainement pas avec la réjouissante perspective de pouvoir me passer de Paul Lemploi tout de suite, tout de suite. J’aimerais bien pourtant. Mais dans la vie il y a des choses qui demandent du temps.

J’ai de la chance, aujourd’hui mon pays m’en donne, du temps. J’ai cotisé un petit paquet d’années, beaucoup travaillé, bénéficié de certains droits pour lesquels mes ainés se sont battus. J’ai de la chance.

Ce n’est que mon mini exemple. L’exemple d’une nana qui va taper aux portes et bosse 30 à 50 heures selon les semaines pour pas grand chose aujourd’hui (parce que le travail, pour que ça paye, parfois, il faut commencer par ne pas être payée – le temps, toujours le temps). Moi je ne suis que l’exemple de la nana qui veut se créer son boulot.

Mais il y en a plein d’autres des exemples comme, par exemple, ceux qui aimeraient bien être salariés mais ne trouvent juste, pas de boulot.

La dégressivité des allocations chômage, je veux bien ! Après tout si le pays est au plein emploi et que le chômage n’est qu’une période de transition entre deux boulots, c’est effectivement tout à fait compréhensible : mettons l’argent ailleurs !
Sauf que, souci, du boulot, y en n’a pas… Et malgré l’inversion annoncée de la courbe du chômage, le plein emploi ce n’est quand-même pas pour demain. L’allocation chômage c’est le dernier rempart pour tout un tas de gens avant de tomber dans la grande précarité. Celle où tes 15 centimes d’euro, tu vas les chercher au fond de ta poche à partir du 15 du mois en te disant que ça fait quand même pas beaucoup, même pas un pain au chocolat, pour manger aujourd’hui.

Il y a aussi l’exemple de ceux qui abusent. La minorité à mon avis. Mais mon avis vaut ce qu’il vaut, pas comme si j’étais parmi les premiers concernés.

Alors en revanche c’est sûr, ça permettrait de faire des économies : 4,1 milliards d’euros sur un an selon jfcope.fr. Et des économies il faut en faire !

Un budget à l’équilibre : c’est la base pour garder un toit sur sa tête.
Demandons aux bénéficiaires de l’allocation chômage, je suis sûre ils sont d’accord !

Seulement c’est rigolo, dans les différentes propositions que j’ai pu trouver sur le site jfcope.fr, je n’ai pas trouvé de réformes pour lutter contre la fraude fiscale (sauf si l’on considère que supprimer l’ISF – un coût estimé à 4,5 milliards, à 90% financé par les chômeurs donc – permettra aux plus riches de payer leurs impôts en France, et de ne plus frauder). Pas trouvé non plus de mesures, certes symboliques mais au point où on en est les symboles ça peut compter, visant à réduire le train de vies des élus.

Qu’un mec ne connaisse pas le prix d’un pain au chocolat c’est un peu con, peut-être drôle, mais dire que ça coute 15 centimes d’euro, c’est l’illustration parfaite (bah oui, désolée Jef) qu’on n’a aucune idée de ce que ça peut couter, de vivre.
Sans extra ni rien. Parce que justement le pain au chocolat peut en être un.
Juste vivre.

Y’en a qu’ont des problèmes d’impôts (et pas que des riches rentiers, mais aussi des gens qui méritent largement leurs revenus et qui aimeraient pouvoir en profiter).
D’autres des problèmes de fric (et pas que des gens qui abusent du système, mais aussi des gens qui triment pour vraiment pas grand chose ou qui galèrent comme ils peuvent dans une égalité des chances un brin galvaudée).
Y a tous ceux au milieu qui ont les deux (coucou !).
Et puis il y a les autres.

Le post ci-dessous, vous l’avez sûrement vu passer sur Facebook. Je n’ai pas trouvé mieux pour illustrer « les autres ».

xxx