C’est la rentrée.

Demain sur le calendrier officiel « 3 zones » de toute personne en scolarité (ou ses parents).

Depuis 2 semaines me concernant.

Résultat : j’ai remis mes seins dans des soutiens-gorge et mes pieds s’habituent petit à petit à l’idée de quitter les nu-pieds en passant par la case baskets les jours d’orage. De là à dire que rentrée = enfermement corporel, il n’y a qu’un pas que j’ai déjà fait depuis longtemps (deux semaines, donc.)

Je pourrais ainsi te raconter que je me suis achetée des baskets ce qui est, en soi, un petit évènement vu que globalement je trouve ça pas très joli et que ça met en exergue mes grands pieds. Mais à part te dire qu’elles sont chouettes, blanches avec des fleurs roses et que j’ai pu les trouver à ma taille (ou presque) en 39 (le 40 étant ma scary size), je ne saurais où trouver l’histoire. Le soutif en revanche, j’ai un peu plus de matière où rebondir… Inspiration parlant, on s’entend, mon bonnet A (voire B selon les tailles restantes de fin de soldes) laissant peu de marge au dodelinement.

Ma poitrine et moi-même nous sommes rencontrées sur le tard.
Quand mes copines de collège arboraient toutes de jolies brassières ou soutiens-gorge sans armatures trouvés au rayon « ma première lingerie » pour signifier clairement leur reconnaissance à la puberté, je baissais péniblement les yeux vers un buste longiligne décidément pas du tout prêt à sortir de l’enfance.

La pudeur se faisait règle.
La différence, que je me serais bien gardée d’avoir, s’affirmait, elle, dans ce que je n’avais pas à cacher.

Pour faire comme Elles, j’avais, au détour d’une virée dans un Leclerc du coin (lecteur de l’ouest, toi-même tu sais) convaincue qui de droit de m’acheter ces soutiens-gorge qui ne soutiennent rien, un particulièrement aux motifs fleuris de jaune sur un vichy bleu et blanc.
Je ne saurais dire si j’étais fière.
Je me souviens surtout d’avoir rapidement déchanté : quand y a rien, y a rien à faire, les inutiles triangles en coton reliés d’élastiques ne cessaient de remonter toute la journée formant un pli pour le moins chelou sous mon tee-shirt et un enserrement inutile du haut de ma cage thoracique. Force est de constater que le soutif n’avait non seulement rien à soutenir, mais surtout aucune prise où s’appliquer : mon torse était plus lisse qu’une planche à pain (ravissant surnom dont je me suis certainement vue affublée par des congénères à l’inspiration limitée)

De crise d’identité en revendication libertaire, j’ai FINALEMENT fait ma puberté sans que mon corps trouve plus attrayante que cela l’idée de me parer d’une abondante poitrine. Pour tout t’avouer, j’ai assez rapidement (il me semble) décidé que c’était très bien comme ça. De toute façon c’était comme ça…
Revendiquant alors avec assurance mon 85B gagné sur la durée (depuis devenu 90A – même s’il paraît que c’est pareil), j’ai, pendant près de 15 ans, acheté et revêtu des formes balconnets et des armatures plus ou moins adaptées sans pousser plus loin la réflexion. Puis, petit à petit, va savoir si c’est l’âge, la fatigue ou la sagesse, je me suis rendu compte que les balconnets et armatures n’étaient pas toujours les plus confortables, que toutes les marques de soutiens-gorge ne se valaient pas et que, globalement, vu ma morphologie, moins j’étais maintenue, mieux je me portais.
#Freedom
… Qu’il m’ait fallu la moitié de mon âge pour réaliser que j’appliquais sur mes propres seins ce contre quoi je me révoltais systématiquement dans mon quotidien est une contradiction que je ne m’explique toujours pas (en fait si, mais faut-il vraiment que je dévoile tout le sous-texte de ce texte ?)

Ainsi donc s’ouvrait à moi l’ère du soutif triangle, du sans-amature, voire du rien-du-tout, ce dernier gagnant petit à petit une place de choix liée, il est vrai, à la #NewLife et à mes nombreuses journées en pyjama à bosser de chez moi… Jusqu’à cet été où, alternant entre maillots de bain au confort certain et fonds de robe / débardeurs se jouant des transparences, je passais le cap du #BraLess #FreeTheNipple #NoBra (et je cherche toujours un # francophone correspondant – avis aux commentaires) pour plusieurs semaines consécutives et ce quel que soit l’endroit, dans l’intimité de mon Palace ou jusqu’aux plus extérieurs des sentiers battus.

Avec la rentrée sont revenus le sport et les tenues plus ajustées… Les maillots de bain, eux, ont quitté le dessous de robettes difficilement portables sans un minimum pour retrouver le chemin du placard. Tu me vois venir : de temps à autre, selon les circonstances, l’habit et aussi l’envie, je m’interroge donc sur le soutif à mettre (ou à ne pas mettre…).
Quoi qu’il en soit l’option soutif est revenue comme le signe peut-être le plus probant que la rentrée est bien là (vu que, par ailleurs, j’ai un peu bossé tout le temps des vacances), avec une perspective, du coup, relativement jouissive de se dire que, si ça ne tient qu’à ça, il suffit de pas grand-chose, …

… disons même de rien-du-tout…

pour retrouver la sensation des vacances, même une fois la rentrée passée !

xxx

Image : Daria Werbowy shoots Kate Moss pour Equipment – Campagne printemps 2016