Mon ami c’est l’enfer. Si je réussis à publier ces mots aujourd’hui, envers et contre tout, c’est que bien sûr je me serai relue et que j’assumerai ce texte, mais on n’est pas à l’abri d’un raté au passage.
J’ai La Maladie.
C’est arrivé d’un coup hier alors que je finissais mon post sur Questions pour un champion. D’un coup les douleurs dans les jambes et la fatigue extrême, d’un coup l’envie de geindre telle une enfant capricieuse (je ne me suis pas privée pour assouvir cette envie mais à part m’auto-saouler ça n’a pas aidé à grand chose). Je me servirais bien une louchette d’arrêt maladie mais, hé hé ! … bon bah donc non. #NewLife.

A bien y réfléchir je devais déjà être à côté de mes pompes le matin quand j’ai consciencieusement versé l’ensemble de mon recyclage dans la poubelle verte. Ou encore ce weekend quand je zappais allègrement des bouts de conversation : « je t’ai demandé tout à l’heure si tu voulais que je t’aide et tu m’as répondu non ! » – « ah oui ? on s’est parlé déjà ? ».
Mais ce weekend les copines se mariaient, alors sur le coup j’ai mis ça sur le compte de l’émotion.

Le mariage des copines, si tu m’avais demandé il y a quelques mois, je t’aurais répondu qu’on l’avait déjà fait il y a plusieurs années, le temps d’un autre temps, où, vois-tu, elles n’y avaient pas le droit.
Et puis finalement, on a recommencé la fête.
D’abord l’annonce de l’idée, au-dessus de la plonge d’un restau toulousain qui mérite largement son succès : « parce que peut-être aussi, l’année prochaine, on va se marier ».
Ensuite la confirmation de l’idée par un coup de fil qui disait un peu plus que Bonne Année : « tu fais quoi le 20 février ? ».
Enfin l’arrivée du faire-part énonçant le thème à qui voulait bien l’entendre : Home is wherever I’m with you.

C’est ainsi qu’en ce samedi 20 février 2016, sous les arcades de la cour intérieure du Capitole, nous avons soufflé des bulles et lancé des confettis. Les mariées étaient belles et le soleil était haut.
Quelques minutes auparavant, La copine à ma gauche, rigolant de sa petite larme qu’elle n’avait sans doute pas vue venir, a fait sourire la mienne dans le coin de mes cils. De notre distance, un peu sur le côté, c’était joli de voir les mariées se dire oui, fidèles a elles-mêmes, l’une avec son petit sourire de marmotte, l’autre si peu à l’aise à être le centre de l’attention dans sa robe sur-mesure.
Elles peuvent vivre la guerre ensemble, elles ne laissent jamais rien paraitre, ou si peu, ou si subrepticement. Elles peuvent se construire un monde ensemble, jamais elles ne restent sur leurs acquis. Elles peuvent percevoir, même de loin, la détresse des autres, et être juste là, sans jamais demander pourquoi.

Le matin de leur mariage c’est au son si symbolique du chuchotement de l’une, suivi par le rire de l’autre, que je me suis réveillée. Parfois l’amour est une telle évidence qu’on se demande bien pourquoi on en fait toute une histoire. 

L’histoire de ce weekend c’est en tous cas qu’on a bougrement bien mangé, bien dansé, bien ri, bien parlé, bien profité… Des filles un peu mais finalement pas tant que ça. Les mariées avaient du monde à gérer et comme pour tous les mariage, elles n’ont d’ailleurs quasiment pas pris le temps de manger.
C’était quand même aussi l’occasion de rouler nos valises dans les rues pavées de Toulouse et de s’y retrouver entre copains. En bus, en voiture, en avion, se retrouver pour trinquer et parler de l’essentiel : le plaisir d’être ensemble. Bientôt on regardera les photos en se disant que c’était bien. Déjà on sait que c’est passé trop vite.

Parce que c’est vrai que, d’une façon ou d’une autre, Home is wherever I’m with you, ça marche aussi pour Nous. Ce Nous lâché l’air de rien par la mariée en fin de soirée lors du grand remballage, quand on cherchait le ou la propriétaire d’un téléphone abandonné : « Il était posé sur la table donc c’est quelqu’un de chez Nous » a-t-elle dit alors. La table c’était celle que Nous nous étions appropriés, celle des copains. Chez elle c’est chez Nous, même si elle a à peine posé son verre sur cette fameuse table de toute la soirée.

Chez elles c’est chez Nous, même à Toulouse. Et c’est aussi pour elles que j’ai bien pris soin de conserver mon canapé lit, même dans mon #Palace.
La vie est ainsi faite que parfois on se voit moins. Mais lors d’occasions comme ça on l’oublie presque.
Les copines se sont mariées ce weekend, et c’était bien.

xxx

PS 1 : La robe, la mienne, était donc rose, comme en témoigne la photo là-haut. Son effet miroir témoigne, elle, que la robe n’était pas bien longue. Il n’est donc pas impossible que j’ai montré ma culotte lors de quelques pas de danse :

Photo : Black and White is Art // Gaël Desmoucelles
Photo : Black and White is Art // Gaël Desmoucelles

PS 2 : La chanson du mariage valait bien d’être partagée, même si la version des mariées m’a serrée la gorge d’émotions

PS 3 : Avant les photos officielles, je n’ai que celles-là à proposer.

PS 4 : Sur ces bonnes paroles, je m’en retourne geindre devant le Replay du secret d’Élise. Bien oui, hier soir il y avait Top Chef, l’émission qui te donne faim, malgré La Maladie. #AchevezMoi.