J’ai retrouvé des collègues.
L’Homme est un animal social (#AristoteRepresent) il parait. N’empêche,

je suis épuisée.

Voilà.

Un an et demi, à peine, c’est le temps qu’il m’a fallut pour sortir de ma tanière. Pas vraiment de mon plein gré. Disons qu’on est venu déposer un truc assez alléchant à l’entrée de ma caverne, j’ai sorti l’œil droit, l’œil gauche, validé qu’on ne me regardait pas de trop près, reniflé, et puis j’ai saisi l’opportunité non sans m’assurer un repli régulier dans mon antre Palacienne.

Tu l’as compris, le manque de collègue n’était pas FORCÉMENT le point le plus compliqué à gérer dans la #NewLife.

En retrouver, en revanche…

Soyons au clair tout de suite, le problème, ce n’est pas eux. Non. C’est moi ET eux.

Je suis assez vite contrariée il parait.
Enfin vite
Non d’ailleurs, je ne suis pas du tout d’accord : quand j’ai décidé que lundi à 11h j’allais bosser sur un truc, il faut trouver une sacrément bonne raison pour me faire changer d’idée. C’est tout !

« Décidé » ou juste « noté » d’ailleurs.
Trop d’années de gestion de projet derrière moi sûrement, mais si on a noté que lundi 11h on faisait la putain de compta, ON FAIT LA PUTAIN DE COMPTA. Après sinon c’est le bordel : on repousse et puis c’est quand c’est trop tard ou urgent qu’on vient me demander si je suis fuckin’dispo pour la PUTAIN DE COMPTA !

J’ai beaucoup pratiqué Les Autres. Je sais bien comment ils sont…

Ils sont contrariants. 

Ils ont leurs humeurs, leurs envies, leurs mots, leur gestion du temps, leurs contraintes, leurs motivations, leur vitesse d’exécution, leur capacité de (dé)concentration, leur sens de l’humour… Moi je ne leur demande rien, mais eux ils vivent avec TOUT ça !

Comme si la vie, ce n’était pas linéaire quoi… 

Travailler avec des gens c’est non seulement s’adapter à eux mais c’est AUSSI se montrer sous un jour acceptable.
Personne n’a envie de bosser avec la meuf ou le mec relou qui fait la gueule.

J’ai beaucoup pratiqué Les Autres. Je sais bien qu’on ne les aime pas.

Sauf que moi… Moi y a des jours où je n’ai pas envie de faire semblant, et globalement faire-semblant-tout-court, je ne sais pas faire. Faire semblant d’être intéressée, de trouver une blague drôle, d’avoir envie de bosser, d’être contente, de trouver normal d’exposer ma tête du jour à la vue de mes congénères… Il y a des jours où oui. ÉVIDEMMENT ! Je ne suis pas COMPLÈTEMENT asociale.

Mais il y a des jours où… Non !

Des années de vie salariée pendant lesquelles j’allais contre ma nature profonde. J’avais quitté tout ça. Et PAF.

PAF c’est reparti : les mecs qui coupent une réu’ en plein milieu pour cause de pause pipi ; les « attends, je vais me fumer une clope, tu viens on en discute dehors ? » quand il fait -12° ; les « bon, là faut que je parte, on finit demain ? » ; mais surtout, le pire du pire du pire du pire c’est le « attends, excuse-moi, je te coupe 30 secondes j’ai un appel » en plein milieu d’une phrase HYPER stratégique qui se voit ainsi stoppée net dans son élan d’éloquence d’un « oui mon choubidouchouchoudenfant, t’as goutté, t’as fait tes devoirs ? ».

J’ai beaucoup pratiqué Les Autres. Je sais que, dans ces cas là, il n’est pas bien vu de lever les yeux au ciel…

On se doute bien que, si j’ai repris la route du travail en équipe c’est qu’il doit y avoir des bons côtés… Cela-dit j’avoue avoir sérieusement douté cette semaine quand un mec suivi de 3 mômes entre 3 et 7 ans est passé dans le couloir. Mon collègue s’est tourné vers moi après une discussion de quelques minutes avec eux : « c’est cool quand-même, ce genre d’environnement où tu peux ramener tes gamins au boulot ! »

J’ai beau avoir beaucoup pratiqué Les Autres je n’ai pu m’empêcher un « Vas-y, l’enfer ! Les gamins quoi ! »

C’est sorti d’un coup. J’ai compris à son regard que rien ne serait plus jamais pareil et que l’énergie déployée depuis des semaines à taire mes (quelques) travers s’était vainement dépensée.

Je sais bien, pourtant, qu’on ne doit pas dire TROP VITE qu’on n’aime ni les enfants, ni les animaux.

xxx

– Ceci est bien-sûr à lire au second degré. J’veux dire… Qui, franchement, viendrait avec ses enfants au boulot… 😉

Image : jinterwas