4 jours, 5 personnes, 2 mini personnes, la Bretagne et le soleil. Voilà en quelques mots mon weekend du 14 juillet dans une simplicité à base de pèche à pieds, renforcée par une télé qui n’existait que pour le tour de France ou les dessins animés et un réseau 3G quasi inexistant*.

Partir en vacances avec ses amis nécessite quelques vérifications vis à vis de ses compagnons d’aventure, particulièrement quand, et c’était mon cas, on se tape l’incruste dans la voiture de la famille du séjour (couple et sa progéniture).
– S’assurer que la conductrice à qui l’on confie sa vie pour 4h30 de trajet (ou 8 lors du retour épique fait de départementales et arrêt d’urgence cause couche débordante) est une pilote avertie => check
– S’assurer que l’on aime suffisamment les deux schtroumpfs pour les entendre pleurer d’inconfort / perte de tétine ou poser 50 fois les mêmes questions durant le trajet, selon leur âge respectif => check
– S’assurer que l’on aime suffisamment les deux schtroumpfs pour accepter leur petite voix alors que commence tout juste la grasse mat’ => check
– S’assurer que l’on se connait suffisamment bien pour gérer des courses supposées tenir au moins les prochaines 48h, à l’arrache, le premier jour => check
– S’assurer que tout le monde connait les règles du Uno => check
– S’assurer qu’il n’y aura pas de malentendu si l’un vacanciers se barre tout seul pendant 2 heures (dormir ou sur la plage) => check
– S’assurer que l’apéro (et le saucisson) c’est sacré => check.

Les bases étant connues entre nous depuis une bonne dizaine d’année, nous étions assez tranquilles.
Il y a forcément eu des ratés.
Mais je crois que mon pote était fatigué.

L’improbable quiproquo de la plage. 

Par exemple quand Lui, que je considère pourtant comme mon frère (et donc qui me connait bien) me dit « Elise, on vous confie l’enfant, tu voulais aller à la plage, tu peux y aller avec lui » se voit répondre « Bah… Nan ! ».
Il y a eu raté.

Mais pour tout bien expliquer, il faut remettre les choses en contexte…

Midi, l’heure du choix entre la terrasse de derrière ou celle de devant, ceux qui cherchent l’ombre et ceux qui emmagasinent le moindre rayon de soleil. Le repas va tirer sur sa fin et les plans de l’après-midi se décident : sieste devant le tour de France, ramassage de cerises ou plage, on s’interroge. Le combo 2 adultes / 2 enfants opte pour une excursion vers la famille qui habite dans le coin (il y a toujours de la famille qui habite dans le coin), je demande donc à LA copine si je l’attends pour aller me baigner. Elle répond « oui » en se levant d’un bon sous entendant et d’ailleurs on part maintenant pour revenir vite.
Rebondissements sur rebondissements, il finissent par partir non sans s’interroger sur l’intérêt de faire venir Chouchou avec eux, et nous en arrivons ainsi à la proposition du papa que je vous exposais plus haut.
Moi qui souhaitais partir à la plage tranquille avec ma copine pour aller me baigner et papotter, pourquoi donc ne pas y aller maintenant avec un enfant dont on me confierait la garde, avec lequel il faudrait jouer et dont je n’oserais lever les yeux de ses boucles blondes plus de trois secondes de peur de le casser ?

« Bah… Nan ! »

Ne nous méprenons pas : j’adore ce môme. Celui-là même qui, il y a quelques semaines lors d’un débat animé autour d’un animateur avec lequel il partage son prénom, s’exclamait « mais si tu m’aimes fort ! », quand j’affirmais promptement « par exemple, A., je ne l’aime pas… ».
Il est chouchou.
C’est le plus chou de tous les chouchous.
Juste, il à trois ans et demi, un âge où on pose plein de questions tout le temps et où on n’avance pas très vite. J’avais envie de parler cul et boulot avec sa mère et de nager sans craindre qu’on me vole mes affaires…
ou lui…
(au passage).

Je sais que son père le sait. J’en suis persuadée.
En tous cas je crois.

« Reste avec tatie »

Sauf que rebelote : quelques heures plus tard et alors que nous étions tous, FINALEMENT, sur la plage, j’étais partie me promener près de vagues et chercher l’instragraméité du moment quand ils sont arrivée en courant vers moi, tous les deux, l’enfant et le père. Ce dernier ayant 30 ans (et quelques) de plus que son fiston, il ne courait pas très vite pour s’adapter aux petites jambes du suiveur. Je sentais bien, en lui, une envie d’ascélérer (comme dit le petit)… Et c’est alors que je photographiais mes pieds dans l’eau pour un hashtag #PiedsDansLeau tout à fait innovant que mon sentiment s’est vu confirmé par cette phrase à l’attention de son enfant « tu restes avec tatie moi je vais courir un peu ».
Personne n’a eu le temps de voir ma tête, fiston a répondu dans la demi-seconde :

« NOOOOOOOOOOOOOON »

(en courant à toutes jambes derrière son père)

J’aurais pu trouver cela fort vexant.

Ça serait bien mal me connaitre.

À la différence de son père (semble-t-il), Chouchou et moi, on le sait : certes, on s’aime fort… très.
Du fond du cœur…

… Mais du coin de l’œil.

xxx

PS : plus de photos, et celles des vacances 2016 en général ici

* Loin, donc, de mes réflexes habituels entre fils d’actus et chaînes d’infos quand des évènements comme Nice ou la Turquie viennent taper à la porte (défoncer la porte ?!), ce texte que j’espère entouré de sourires et d’amour n’est pas moins imprégné de douces pensées vers vous.