C’était un vendredi, et j’étais dans ma tenue de « vendredi » : slim noir, cheveux pas hyper propres ramassés en bun, Vejas roses aux pieds et sweet à capuche marqué Californian surf, Venice (yeah man).
Après un petit craquage en passant devant la jolie boutique bleu Klein Héroïnes, (une paire de bottines rouges du genre wonder woman de Patricia Blanchet, du genre canons les bottines), j’ai pris la résolution d’aller voir la Caisse d’épargne pour rapatrier à Paris ma mini épargne localisée, historiquement, à Rezé-les-Nantes. En arrivant à la banque, la dame de l’accueil est occupée. La petite banquière junior vient filer un coup de main, me demande ce que je veux, j’explique (transférer mon Livret A de là-bas vers ici (j’ai besoin de cash, j’ai l’objet du délit entre les mains, ma CB est encore brûlante !)), elle me fait asseoir dans son bureau le temps de me trouver un RDV et de me donner la liste des pièces nécessaires :
– Alors, vous êtes étudiante ?
– Euh…. non
– Ah, bon, pardon, d’accord !
Bah Micheline, t’es certainement plus jeune que moi, j’ai quitté l’école il y a 10 ans et je bosse depuis 7 ou 8 ans !
Huum… A priori ma « tenue du vendredi » ne me vieillit pas… Du tout !

Le lendemain, bottines de Patricia qui claquent au pied, je marche dans Paris. J’ai les cheveux propres et aériens, le pantalon noir un peu joliment coupé, le petit pull ajusté. Le monsieur qui vient m’aborder tire je pense assez largement sur la cinquantaine. C’est bien un Monsieur. Il me trouve très élégante (l’effet bottines rouges), que je « n’hésite pas à le contacter si je soufre de la solitude ».

OK. Donc concrètement selon les jours, selon les gens, j’ai la tête d’une étudiante, ou bien celle à être la « compagne » d’un homme qui pourrait je pense être mon père. Vous me direz, l’un n’empêche pas forcément l’autre, et, finalement, c’est peut être ça la trentaine : des jours avec la tête de celle qui en a encore à apprendre, et d’autres avec la tête de la femme active à qui on la fait pas.

A propos d’apparence, aujourd’hui est un grand jour. Visualisez le double décimètre que vous aviez dans vos cartables en CM2 (pourquoi pas ?). Voyez comme il est grand ? Bah imaginez que c’est cette longueur de cheveux que j’ai perdu ce matin.

Avant, j’avais les longueurs jusqu’au milieu du dos. Mais ça, c’était avant !

Et ça c’est :
– pas rien
– une exclue, par ce qu’à part ma coiffeuse et Toulouse (ouais, tout Toulouse), pas grand monde n’est au courant.

Ça faisait quelques mois que ça me trottait dans la tête, j’ai décidé de passer le cap, et à priori, je suis plutôt contente… Parce que, quand je me croise dans le miroir, j’me souris. Et j’vous le demande : c’était quand la dernière fois que ça vous est arrivé à vous ? Moi, j’ai réalisé que c’était pas forcément tous les jours.

xxx