Lu comme ça, ce titre peut paraitre sans queue ni tête, mais je jure : il y a un lien.

La semaine dernière, à peine, j’ai eu 31 ans, à peine. Pour l’occasion, ma maman, qui est fort prévoyante, s’est dit en elle-même « mais le lundi de pentecôte c’est « férié » et ma fifille n’aura pas son cadeau que je veux lui envoyer, le jour J ».
– Parenthèse ouverte – Le lundi de pentecôte, la plus grosse arnaque de tous les temps ! Il a fait un peu chaud un été il y a 12 ans. Ça a libéré quelques places dans les maisons de retraites. Et pour nous punir, nous qui dormions à oil-p toutes fenêtres ouvertes le ventilo à porté de bras, on nous a demandé de bosser une journée gratosse en solidarité pour les vieux, parce que « ça sera comme ça tous les ans, il faut investir dans des infrastructures ». Depuis on se tape des étés pourris et si on m’a laissé mon lundi de pentecôte, on m’a sucré un jour de RTT. Autant le côté religieux du truc je m’en fiche un peu, autant mes jours de RTT… Voilà quoi !
– Parenthèse fermée –

Ma maman elle est comme ça. Elle est du genre à faire en sorte que sa fifille de 31 ans ne soit pas démunie le jour de son anniversaire, parce qu’elle sait que c’est important. Une maman prévoyante et attentionnée. Nous voilà donc à J-3 de mon anniversaire, le vendredi 22 mai à 8h30 avec une maman et son colis à la poste avant d’aller bosser, en plein dilemme sur la gestion des prochaines étapes.
À ce même moment, quelques centaines de kilomètres plus loin, j’éveillais doucement ma conscience en écoutant Thomas Sotto depuis 30 minutes tout en me répétant « lèèèèèèève toiiiiiiii ».

Le téléphone sur la table de mon salon a vibré. Comme je suis parisienne je vis dans une boite à chaussure. Jolie certes, mais petite néanmoins. Les 2 mètres qui séparent mon lit de la table de mon salon (sachant qu’il n’y a pas de porte entre ma chambre et mon salon) ont permis à la douce musique du vibreur d’arriver à mes oreilles. PERSONNE ne m’appelle jamais à cette heure là. Sauf mon boss. Mais là c’était un des jours de la semaine où je bosse pour moi, pas pour lui. Ni une ni deux j’étais debout. « MAMAN » s’affichait en lettres lumineuse, à côté d’une photo d’elle lisant La Reine de neiges à mes 2 mini nièces. Ma mère ne m’appelle JAMAIS à 8h30 un vendredi matin. Coeur qui bat à 300 à l’heure. What the F*ck? Qu’est ce qui se passe ??? Je décroche.
– (Voix de Roger qui n’a pas adressé la parole à un autre être humain depuis plus de 8 heures)  Rallô?!!?
– Oh ma fille je te réveille je suis désolée !! (voix de ma mère limite en panique de me réveiller – attentionnée je vous dis !)
– (Qu’est ce qui se passe qu’est ce qui se passe QU’EST CE QUI SE PASSE ???? je dis dans ma tête) Non c’est pas grave, qu’est ce qui se passe ? (coeur à 300 à l’heure)
– Je suis en train de te faire un Chronopost pour que tu aies ton cadeau demain, vu que lundi c’est férié, et il me faut le code de ta porte.
– Oui (attends je m’assois, je calme mon coeur, je respire, …) c’est bien gentil ça dit donc ! (inspire, expire, tout va bien…)

On ne dirait pas comme ça, mais dans cet échange de 2 minutes entre la pénombre de mon salon et la lumière artificielle de la poste où se trouvait ma mère, se jouaient les attentions de ma maman et le coeur vigilant de sa fifille, l’une comme l’autre n’en attendant pas tant. Mais c’est comme ça, ça fait parti des trucs qui sont devenus naturels.

Samedi matin, donc, 8h15, téléphone qui vibre. Chronopost m’informe que bah finalement non, on ne va pas vous livrer, on a eu un problème technique. On revient dans 24h. Et là tu réalises que leur système informatique à Chronopost, il est tout pourri. Parce que jamais de la vie ils vont me livrer un dimanche. Donc 24h c’est bullshit. Comme je suis un peu naïve et que cette histoire de lundi de pentecôte férié-mais-pas-vraiment je n’y comprends queutch, je me dis que peut être eux ils bosseront lundi. Mais non. Nous voilà donc lundi soir, j’ai 31 ans et j’ai pas reçu mon cadeau. C’est « on revient dans 72h » qu’ils auraient du dire.

Mardi matin, après 3 jours d’attente, je décide de retourner bosser. On devait initialement me livrer entre 8h et 10h le samedi. Je dois impérativement être au boulot à 9h. Pas de nouvelles de chronopost à 8h30, je décide de ne pas mettre ma carrière en péril pour un colis (sens du dramatique) et quitte ma tanière.
9h44, appel d’un inconnu
– Oui madame j’ai un colis pour vous
– Oui vous avez de la chance, moi je ne l’ai toujours pas. Et là je ne suis pas chez moi
– Ah… Bah oui
– Bah oui je l’attendais samedi entre 8h et 10h, là c’est mardi il est 9h45, vous imaginez bien, j’ai fini par sortir de chez moi
– Bah oui
– Donc on fait comment ? (Vas y Roger, réagit là !!)
– Je peux vous le laisser au point relais à côté de chez vous si vous voulez
– Oui, mais du coup vous laissez un avis de passage dans ma boite aux lettres, quelque chose ?
– Bah j’ai pas le code de la porte
Oh dit donc ça a l’air bien organisé chez vous ! Je lui donne le code de la porte (on se souvient tout de même que ma conversation avec ma maman du vendredi matin, c’était un peu pour ça). Et le soir, je trouve effectivement l’avis de passage dans ma boite aux lettres. On notera pour la postérité que c’est la seule chose qui va se passer comme prévu car le colis lui n’était pas au point relais !!

C’est un jeu pour tester ma patience ? Allons direct à la conclusion : j’en n’ai pas. Le lendemain, j’appelle donc le service client de Chronospost où une dame m’explique ce que j’ai moi aussi pu lire sur leur site Internet :
– Moi je vois qu’il est livré votre colis. Vous êtes sure vous l’avez pas ?
– (Sérieux ?) Non, j’ai l’avis de passage mais pas de colis !
– Vous avez bien regardé dans votre boite aux lettres ?
– (T’es conne ou t’es conne ?) Oui j’ai regardé dans ma boite aux lettres puisque j’ai trouvé l’avis de passage !
– Attendez je vais voir.
Bref je vous passe les détails, j’ai fini par lui aboyer dessus (il était pas 9h30 c’était mercredi matin, j’étais remontée comme une pendule), elle m’a dit qu’elle allait lancer une recherche et qu’on me rappellerait d’ici 48h. On notera, pour la postérité toujours, que je n’ai jamais eu de nouvelles. Mais je me suis débrouillée. J’ai appelé le livreur qui m’avait appelée la veille en numéro non masqué (numéro visible ça le fait moins). Il m’a dit « oh oui oui désolé désolé, j’ai oublié de repasser je le dépose ce matin ».

Le soir même j’arrivais donc au point relais.

Et je n’avais toujours pas mon colis.

Au comble de l’exaspération j’appelais à nouveau le livreur « ah c’était pas votre colis alors, il doit être à la poste ». La grosse blague s’est donc terminée à la poste, comme elle avait commencé, 130 heures plus tôt, où effectivement ils avaient mon colis (depuis la veille au soir je pense). « Chronospot livraison express » :  et mon cul c’est du poulet ?

La conclusion de cette histoire, c’est que ma maman va porter réclamation, que les prochains colis partiront par voie normale et non en Chronopost. Mais surtout, surtout, c’est que ma maman c’est le genre comme ça ! Le genre qui va se mettre en 12 pour les gens qu’elle aime, tellement qu’elle s’inquiétait depuis 130 heures donc, de savoir si elle avait bien choisi son cadeau pour sa fifille de 31 ans.
Pas un jour sans que je ne pense à elle, et je sais que la réciproque est vrai.
Mon amour maternel n’a pas besoin d’une fête une chouille commerciale pour particulièrement s’exprimer, mais après tout l’occasion est là alors pourquoi pas :

Bonne fête maman !
♥♥♥♥♥♥♥

xxx