Chers aventuriers du quotidien,

Il existe un mystère dans mon quartier de bobos parisiens, aka le joyeux 9ème, au sein du triangle reliant Trinité, Pigalle et Notre-Dame-de-Lorette. À l’échelle du monde, voire même de Paris (tout simplement), ce triangle est minuscule. Mais c’est là que je fais mes courses.
Le nombre d’enseignes différentes y est notable, cela-dit pour une raison que j’ignore, Monoprix (x2), Carrefour City (x2), Beauty Monop, Franprix et Mademoiselle Bio (en désespoir de cause), aucune de ces enseignes ne vend d’élastiques noirs. Ou si, mais avec un gros truc moche carré, brillant, qui fait mal aux cheveux dessus (le fameux élastique Bijou de Jacques Dessange, sans aucun doute inventé par un illuminé dégarni qui n’a jamais utilisé d’élastique avec des cheveux qui se seraient coincés dedans).

Il est donc temps que je fasse la révélation essentielle à la bonne compréhension de ce post (qui s’annonce bien : je parle de mes cheveux) : mes cheveux ont retrouvé le chemin de la longueur. À quelques semaines (mois) près, tout ira bien. En attendant ils poussent gentiment, au point que je puisse décemment, en ce jour, annoncer très officiellement : OK les gars, j’arrête de souffler en vous voyant dans le miroir. #joie!

J’ai ainsi ressorti de ma boite à bordel-pour-cheveux mes élastiques et retrouvé la possibilité de remettre le shampoing à « demain » parce que attachés-ça-ne-se-voit-pas (si ?), récupérant ainsi le lot de toute personne qui s’attache parfois / régulièrement les cheveux. Oui car nous avons toutes (les personnes) cet élastique, le seul et l’unique qui n’est pas-ouf-mais-pas-trop-mal. C’est celui que l’on perd tout le temps. Et bizarrement les autres, ceux que l’on retrouve, sont (au choix ou tout à la fois) détendus, trop fins ou à la limite de la casse (et quoi de plus agréable qu’un élastique qui vous claque dans les doigts ?).

Forte de ce constat, je suis donc partie dans cette quête absolue de l’élastique parfait. Il est rare, complexe et nécessite une série de crash tests en direct du rayon WTF du supermarché.
Le rayon WTF c’est celui qui regroupe brosses à cheveux, headband, élastiques, capotes et crème pour les pieds. Avec un peu de chance, on y trouve même du dissolvant et de l’alcool à 90.
Les crashs tests, eux, ils consistent à vérifier la bonne élasticité (allô l’élastique tout mou), la taille au repos et en tension (et Dieu sait que l’un ne conditionne pas l’autre), la largeur (oui, évidemment, la largeur… Une des conditions de la solidité / résistance), et surtout, surtout, surtout… La couleur ! Ah parce que c’est sur, lors de ma première visite au beauty monop, ce n’est pas un élastique Bijou signé Dessange qui m’attendait. Non, mais bel et bien les élastiques officiels sous licence Reine des Neiges : bleu pale, rose et jaune avec marqué Reine des Neiges dessus. En argenté. La princesse en moi aurait voulu mais…
…. Non.
Pour de vrai : toutes les princesses dans mon cerveaux ont trouvé ça moche à l’unisson.
J’ai passé mon chemin.

Sauf que voilà trois semaines plus tard on en est toujours au même point. Tous les soirs au moment où je dois relever mes cheveux avant de faire ma petite toilette d’avant dodo, je remue coussins et bouquins (et voilà mon #Palace résumé en deux mots) pour retrouver un bout de truc capable de faire le job. Et régulièrement au moment où, comme, là, maintenant, devant les touches de #DamePomme je contemple l’étendu de mon talent sur mon écran en soufflant de côté vers une mèche rebelle qui mériterait d’être savamment attachée à l’arrière de mon cerveau, je cherche si, dans mon coin de l’œil, je ne pourrais pas trouver de quoi faire.

Alors pourquoi ce vide ? Pourquoi cette absence dans les rayons ? Pourquoi ce désintérêt de la grande distribution pour ce bien des plus précieux ?
Certes le turnover n’est pas foufou (si l’élastique est bien (et vendu par 5) le lot peut tenir ses deux ou trois ans… facile !). Certes la R&D en la matière est depuis longtemps rentabilisée (d’où la capacité d’innovation contrariée qui s’exprime par des couleurs moches ou l’élastique Bijou). Certes la marge y est faible (quoique, avec Monoprix, nous ne sommes à l’abri de rien). Mais ce triangle des Bermudes de l’élastique me laisse pensive.

Faudra-t-il, donc, vraiment, que je m’aventure en dehors des frontières établies pour trouver le précieux sésame ?
Lien de cause à effets (ou pas), je peux t’avouer que peut-être, récemment, j’ai eu à nouveau envie de tout couper ?

Je sais : on n’a pas des vies faciles.

xxx