Paye ta date anniversaire toute pourrie !

N’empêche, me rendre à la salle de sport au moins une fois par semaine est peut-être l’engagement auquel j’ai été la plus fidèle ces dernières années.
Alors certes, au tout début la sortie était bi-hebdomadaire : Body Attack le mercredi puis Body Balance le vendredi. Cette seconde option s’est un jour transformée en Pilates, à mon grand désaroi sont arrivées 20 à 30 personnes supplémentaires dans la salle vêtues de fringues hautement instagramables qu’elles n’oubliaient pas de partager avec leur communauté via leur téléphone intelligent 2 minutes avant le début du cours, par ailleurs j’ai réalisé que malgré un bénéfice abdominal notable, mon ennui y était infini. Bref, j’ai rompu avec le Pilates en simultanée de l’arrivée dans ma vie d’un nouveau prof de Body Attack pour lequel je réserve mon #CrushUltime du moment…

Et malgré (grâce à ?) toutes ces aventures, depuis un an, je vais à la salle de sport.

C’est une nana de mon cours (de Body Attack, donc) qui m’a fait réaliser l’anniversaire, une dame plus proche de l’âge de ma mère que du mien et qui venait alors régulièrement depuis 5 ou 6 séances.
Je mettais mes baskets noires Reebok pas du tout adaptées à la pratique d’une activité nécessitant des appuies prolongées (semelle lisse = ça glisse) mais néanmoins les seules à ma disposition quand je me suis lancée dans l’aventure sportive. Elle a vu là une occasion de rapprochement et a commencé à échanger avec moi.

#Relou.
Oui parce que quand je vais au sport j’ai une tenue plus proche du pyjama que du tailleur, les cheveux moyen propre et je sors de mon lit… Littéralement.
Quand je vais au sport je suis loin de l’être sociable que nous sommes tous supposés être.

Malgré tous les signes et les indices contraires, donc, elle s’est adressée à moi :

– C’est dur hein, dit donc, ce cours.
(Pause narrative : celle que nous nommerons Micheline est globalement 2 à 3 fois plus décalée que moi en terme de rythme. Sachant que j’ai tendance à être SYSTÉMATIQUEMENT à contre-temps… voilà. Reprenons donc : )
– Oui, oui, c’est très cardio.
– Ça fait longtemps que vous venez ?
– Et bien… Pas loin d’un an maintenant je crois…
– … Ah oui !!!! (regard de surprise ponctué d’allers-retours de mes Reebok et la pointe de ma queue de cheval) Ah mais du coup ce n’est pas un cours pour se muscler alors ???
– … Euh beh, c’est à dire queuuuuuh, je sais pas, si un peu… J’ai l’impression que j’ai les cuisses plus toniques quand même !!
(Silence dubitatif) Oui mais, je veux dire, pas comme LUI (désignant mon Apollon de prof)
(Pause narrative : mon prof est très très très bien gaulé, du genre parfaitement gaulé – #CrushUltime du moment on a dit)
– Ah, bah… Non, je pense un cours par semaine ça ne suffit pas de toute façon.

Je ne l’ai plus jamais revue : mon anatomie après un an de Body Attack semble avoir été la preuve par l’exemple que… bah donc non.

Ainsi donc m’est apparue cet implacable constat : je suis toujours aussi molle Un an, déjà !

Pour fêter l’occasion Apollon est venu me parler, à moi, un jour en fin de cours. De son côté, un truc très pro, très carré et une alliance toujours bien affichée à l’annulaire gauche. Me concernant, un truc un peu nunuche fait de silence cachés derrière mon essoufflement et d’une timidité légèrement atténuée par le rouge naturel de mes joues à ce moment là de l’activité physique (où je suis à 11 sur l’échelle du j’en-peux-plus allant de 1 à 10) :

– Ça va tu glisses pas trop, là, avec tes chaussures (décidément le moyen le plus sûr pour engager la conversation)
– Ah, euh, oui, j’veux dire non, j’veux dire si, un peu…
– Oui, j’imagine quand on marque les appuies ce n’est pas l’idéal
– Oui, c’est à dire qu’euh, en fait, quand j’ai commencé à venir au cour, je ne savais pas trop si ça allait me plaire alors bah VOILÀ et puis en fait finalement j’aime bien alors je continue à venir donc peut-être en fait je devrais investir mais c’est vrai que bon bah, en fait, j’veux dire, c’est jamais vraiment prioritaire de me racheter des vraies chaussures alors euh, bah, en fait…
– Non mais tu peux trouver des chaussures déjà très bien à un prix abordables, vraiment
(Pause narrative : à ce moment là de la conversation je pense que l’absurdité de ma tenue, de ma coiffure et de mon visage nullement instagramables me sont apparus comme une révélation… Mon silence s’est alors fait plus pesant : )
– …
– …
– …
– Mais aucun souci, bien-sûr tu fais comme tu veux, c’est pour toi vraiment, tu serais plus à l’aise.
– Oui bah… oui ! (silence gênée)

Pour ce qui est de la drague on repassera.

Entre temps je n’ai toujours pas acheté de nouvelles chaussures (et pourtant j’y pense toutes les semaines). N’empêche, aux fins de cours, maintenant, il me fait un clin d’œil en me disant « au revoir »
Sur l’échelle du « conclure », de -10, je pense être passée à… -8 !

xxx

Image : Kevin Simmons