J’ai déménagé vers ce quartier qui me fait rêver depuis environ 10 ans. Dans le 9ème. SoPi pour les intimes qui se la jouent revenus de NewYork, comprendre « South Pigalle », comprendre The Place To Be. J’ai déménagé dans plus petit avec balcon. J’ai déménagé dans moins cher avec baignoire. J’ai déménagé avec vue sur le ciel. Mon amour pour les nuages et les étoiles se trouve comblé, ma quête désespérée de lumière telle une boussole cherchant son Nord (métaphore du jour bonjour) se veut pour le moment rassasiée.

J’ai déménagé.

A mi-chemin entre le Pussy’s night club et l’église de la Trinité, à quelques pas du musée (et son jardin) de la vie Romantique, sur les traces de George Sand. Du concentré de moi sur la rive droite (where else) d’une ville que j’aime autant qu’elle m’épuise.

J’avais deux ou trois critères :

  • m’y sentir bien
  • au calme
  • que ce soit suffisamment bien agencé pour conserver un coin nuit / jour
  • dans un quartier avec vie, commerces, biocoop ou équivalent, bon boulanger à toute proche proximité
  • de la lumière
  • un loyer moindre que celui que je déboursais (et un demi rein par mois, claque)
  • et dans mes rêves les plus fous : un balcon, une baignoire, la rue Condorcet.

Une licorne à 5 pattes avec des ailes en train de brouter un arc-en-ciel.
Comme quoi, on trouve de tout sur Se Loger (et à peu de chose près, même la rue Condorcet).

Tout est allé très vite. 5 semaines, dont 17 jours de vacances pour ne pas y penser.
Et tout est allé samedi.
En 3h30 top chrono, une bonne quarantaine de cartons ont changé d’arrondissement. Et 2 ou 3 meubles aussi. Dont un sommier qui s’en est allé par la fenêtre du deuxième étage, réceptionné en bas par 2 gros bras sur un escabeau et la clope au bec, et 4 plus petit, deux de chaque côté. Un canapé aussi qui ne devait pas complètement être fait pour être démonté, mais au jeu de Tétris avec l’escalier on n’a pas été aidé.

De 10h à 13h30 il a plu. Soit du début à la fin. Avec une apothéose vers midi moins le quart pour l’arrivée dans mon nouveau sweet home. Mais il a suffit de deux créneaux habillement gérés pour qu’on soit idéalement garé, et des amis, si ce n’est motivés en tout cas présents, et pas pour faire semblant. Il paraît qu’on a les amis qu’on mérite. Je dois être quelqu’un d’assez géniale.

J’ai un énorme bordel de fringues et bouquins à ranger, des meubles à acheter, une machine à laver livrée samedi prochain, attendue tel le messie par une pyramide de linge de 2 bons mètres cube. Bref c’est le dawa, le boxon. D’une façon générale j’ai de toute façon décidé de mettre ma vie en bordel. Une histoire d’instinct. Mes plus grandes décisions je les ai toujours prises comme ça. Un truc viscéral qui vient de loin, qui mûrit sûrement depuis longtemps, jusqu’au déclic, jusqu’au moment où c’est plus fort que moi. C’est parfois irrationnel, déconnecté de toute réalité (partir en Australie alors que tu ne parles pas anglais et n’as pas 3 ronds en poche ? no worries mate), mais il ne faut surtout pas trop réfléchir… Juste enchaîner les étapes.

La première, c’était samedi. J’ai déménagé. La suite me donne un plus grand vertige que celui de mon sixième étage. #CDansLaTêteLisette, il paraît.

Mon ostéopathe ce soir m’a rassurée : mon hyper sensibilité épidermique et physiologique digne d’une gamine de 10 ans, qui se traduit par ailleurs dans mes émotions, est toujours bien présente. Mais contrôlée par une lucidité et une certaine maturité. On prend ce qu’on a à prendre dans la vie. Intimement convaincue que ce point de ma personnalité est relativement inutile, voire relou, dans une vie de bureau lundi – vendredi / 9h – 19h,  mais essentielle dans mes grands-projets-d’avenir-qui-sont-en-fait-tout-bientôt, j’ai pris ça pour un énorme compliment. Je lui aurais fait la bise sur les deux joues si la bienséance ne m’avait retenue (mes copines lucidité et maturité en pleine démonstration).

Quoi qu’il en soit, pour ce soir, on va s’en arrêter là : j’ai déménagé.

xxx