J’ai 4 brouillons de posts qui trainent sur mon interface WordPress. Tous d’aujourd’hui. Et tous aussi pourris – on ne se cache rien.
Des débuts d’histoires qui ne savent pas vraiment où aller, et surtout, pas drôles pour 3 sous. Parfois je comprends cette phrase qu’on entend parfois : c’est beaucoup plus dur d’être un acteur comique que de jouer dans un drame, un Blockbuster hollywoodien qui fait boum bam, ou un film français qui parle parle parle. Être comique, être drôle, faire rire, à défaut sourire, c’est beaucoup plus dur que de tirer une larmounette, de tomber dans le pathos, de jouer sur l’émotion. Mettez votre cœur à poils, ajustez deux ou trois tournures de phrases, et vlan, vos angoisses, je vous rassure, sont forcément – un peu – universelles. La blagounette elle en revanche nécessite non seulement de se mettre à poils, souvent de tomber un peu, mais surtout de savoir se rattraper aux branches, prendre du recul et trouver la faille pour déclencher l’étincelle.

Déjà, je suis toujours dans une mood #KOLaLisette, et vu les 15 jours qui s’annoncent à mon boulot (le désert absolu et Lisette en cow-girl solitaire pour faire feu de toutes urgences), autant dire que le bout du tunnel je le vois au mieux fin aout, de façon plus réaliste fin septembre. C’est le jeu, j’en ai accepté et écrit une partie des règles alors je fais semblant de ne pas écouter quand j’entends mes collègues, tous toujours absents début aout, m’expliquer « oh mais ça va, d’façon il se passe jamais rien pendant cette période ». J’suis polie, j’garde pour moi les « va t’faire dorer la pilule au soleil ».
Ensuite, ce matin j’suis tombée sur un tweet qui disait « chialade du dimanche matin » et renvoyait vers un article en anglais (sorry) publié sur Medium. Comme je ne suis qu’humaine j’ai cliqué (genre oh! n’importe quoi, le bébé à sa maman qui pleure pour un article sur Medium).
Bon.
J’ai chialé.
Vas-y défi, si tu lis l’anglais, vas-y lire et dis moi toi si t’as tenu !
Tu verras : quand j’te dis qu’il suffit de mettre son cœur à poils. Et là en plus en ajoutant un peu de sens du dramatique, tout ça. Une complète avec supplément tomate en quelque sorte*.

Ensuite, toute la journée j’ai tourné en boucle pour trouver les mots et vous raconter l’histoire de mon cordonnier. Forcément dit comme ça on comprend que je manque de ressors comiques.
Mon cordonnier donc, celui à quelques mètres de chez moi que j’ai découvert par hasard il y a 4 ans pour mes talons de sandales (ceci est loin d’être un petit problème), avec ses yeux bleus vitreux, les mêmes que mon papi quand ils étaient fatigués de toute sa vie (tu me vois là tenter de tirer sur ta corde sensible ?). Mon petit cordonnier un peu vouté, l’âge de la retraite largement dépassé, mais je l’imagine bien du genre première génération d’immigrés, du genre à avoir travaillé travaillé mais à avoir besoin de continuer. Il m’offre toujours un bonbon. Me fait toujours une blague un peu pourri. Et surtout surtout un travail de top qualité. Je voulais vous parler de lui parce que la semaine dernière ma lanière de Tropézienne (la sandale, pas le gâteau) m’a lâchement lâchée après une buttade sur une des plaques d’égout des trottoirs de Paris. J’ai fini le trajet clopin-clopant avec une chaussure qui me quittait les doigts de pieds, mais néanmoins quasiment toute neuve. Je l’avais portée deux fois et le temps de les faire j’avais hérité d’une ampoule (vu que je marche a peu près partout tout le temps dans cette ville). Ce jour là, c’était le jour de la reprise post cicatrisation, et bam ! Le drame.

Sauf qu’aujourd’hui (hier en fait) c’est aout. « D’façon il se passe jamais rien en aout », les parisiens ont déserté le navire et je pense que mon petit cordonnier a posé ses 4 semaines pour rentrer au Bled me laissant là avec ma Tropézienne en rade (oui je m’invente un peu la vie des gens parfois). Le genre de chaussures qu’on peut mettre deux mois dans l’année, j’allais pas attendre septembre et MON retour de congés pour la lui apporter. Du coup j’suis allée chez celui plus loin, celui du marché. Il a fait un travail de sagouin. Ça ne se voit pas c’est entre et sous les orteils. N’empêche, ça m’a saoulé. Et peut être mon gentil cordonnier n’aurait pas fait mieux (il faut comparer sur travail égal), mais j’ai pas eu de blagounette, et pas eu de bonbon.

Voilà, incapable de donner à cette histoire le moindre tournant comique, je suis condamnée à balancer là un post qui ne restera pas dans la postérité de mon œuvre, aussi contemporaine soit-elle. J’ai pourtant essayé de conjurer le sort : j’ai mis une barrette magique dans mes cheveux (photo !) et suis sortie profiter du soleil sur le champs de mars avec 4 nanas souriantes (de 4 à 30 ans les nanas). Quand ça veut pas, ça veut pas.

La bonne nouvelle du jour, quand même, c’est que j’ai fini Balzac (Amen). J’en parlerai plus bientôt : c’était long.
Avant d’enchainer sur le classique du mois d’aout (j’hésite encore), j’ai entamé dans le métro « En France » de Florence Aubenas.
Premier chapitre.
J’ai chialé.
On est là à un autre niveau, puisque c’est mon pays qu’elle vient mettre à poils.
Page 20 sur 238. Je dois avouer, j’ai la super sensibilité d’une gamine de 10 ans (cet âge où vous pleuriez facile au moins une fois par jour, pour moi ça n’a pas chanché) mais j’ai bon espoir d’y voir quand même percer un sourire digne de celui de mon cordonnier dans les prochaines pages.

Et pour conclure ce post à rallonge et défiant toutes les règles (entre 300 et 700 mots pas plus => mais moi je suis une artiste madame !) vous dire que j’ai réaménagé mon appart (pour la 357ème fois). Mais ma chambre cette fois. Tant qu’à faire de trouver un sujet de conclusion, autant que ce soit pour vous évoquer le coin bureau que je me suis aménagé. J’ai décidé, telle la sage qui sommeille en moi, que pour mes grands-projets-d’avenir-qui-sont-pour-bientôt, il serait de bon ton que j’arrête de pianoter du clavier à quelques centimètres de la TV. Le clavier, c’est celui de Dame Pomme. Un clavier QWERTY, d’occasion, agréable au touché, plutôt réactif, entouré de gris et chapeauté d’un écran pour le recto, d’une pomme au quart mangé et qui s’illumine quand il s’active pour le verso (Dame Pomme quoi). Mais j’ai remarqué que lui (le clavier) et elle (Dame Pomme) ne sont que peu de choses. Pour preuve : j’ai beau les regarder avec insistance, parfois, il ne se passe rien. J’ai l’impression que mes doigts guidés par mon cerveau restent les nerfs de ma guerre à venir. Or, quand la TV est à quelques centimètres, je peux faire preuve d’une capacité assez stupéfiante de déconcentration (même si elle reste éteinte, elle est là, tout près, tentatrice à l’écran plat).

Allez bisous, j’vais me coucher.
Mon lit a changé de place.
Mais ça va bien se passer !

xxx

* Suis un peu bretonne.