Chers aventuriers du quotidien, la vie, tu le sais, nous réserve parfois son lot de surprise-surprise à moustache (Marcel, si tu m’écoutes), son lot de moments te chassant, sans détour et sans préavis, en dehors de ta zone de confort.

À mon grand désappointement la vie m’a ainsi appris que non, définitivement, je ne serai pas blogueuse mode.
(et aussi que j’ai le vertige)
(si, j’te jure, il y a un lien).

Avant d’aller plus loin dans l’histoire, demandons-nous ce qu’est une blogueuse mode : il y en a plusieurs sortes mais pour faire court et pour aller à l’essentiel je regrouperai aujourd’hui sous cette appellation les meufs qui se prennent en photo dans la rue pour montrer leur look à leur communauté. Ensemble elles ont créé le #OOTD (pour Outfit Of The Day – comme on dit dans le Missouri, comprendre la tenue du jour – mais #LTDJ c’est moins branchouille). Ainsi je dis « blogueuse » mais il peut aussi s’agir juste d’instagrameuse ou de snapchateuse, après tout peu importe le support pourvu qu’on est la photo avec la meuf*, les fringues et la rue.

Je suis assez nulle quand il s’agit des photos. Trouvant ma tête PARTICULIÈREMENT photogénique (ironie) j’adopte toujours la même technique depuis mes 10 ans à savoir faire la grimace et amplifier ainsi l’agréable rendu de mes traits sur pellicule (technique de sioux consistant à dire « je ne suis pas jolie à regarder en photo MAIS c’est fait exprès »). Ceci étant dit, pour rendre service et pour le plaisir il m’arrive de temps en temps de jouer les modèles d’un jour pour les copains photographes / graphistes / illustrateurs et voilà comment je me suis retrouvée en France en Pologne ou en Roumanie sur des livres plus ou moins bien écrits dans des histoires tirant (parfois) vers l’eau de rose…

Petite sélection pour illustrer le propos (tous droits réservés à David et Myrtille) :

© David & Myrtille
© David & Myrtille
© David & Myrtille
© David & Myrtille
© David & Myrtille

 

 

 

 

 

 

 

 

La dernière n’est pas une couv’ mais elle illustre bien mon quotidien (« attends chérie, je coupe le pain, je remets ma toge et j’arrive »).

On l’aura compris : des photos de studio (majoritairement) où on ne voit pas ma tête (mais où on voit mes boobs), plus proche de l’exercice théâtrale que d’une quelconque réalité.

Conclusion : J’ADORE !

Profitant de l’occasion de ce genre de séances j’avais déjà demandé à la copine de me tirer le portait, principalement en rose et noir, de quoi illustrer ce blog (notamment si vous me lisez depuis un ordinateur et que vous allez sur la home page) ou mes réseaux sociaux. On avait fait l’exercice il y a un an et demi de ça, c’était chouette, j’avais bien aimé.

Et puis… et puis… Mes cheveux ont repoussé, je voulais quelque chose de plus « urbain », je voulais changer BREF, j’ai demandé à ce qu’on refasse des photos, comme ça, en passant, un samedi de décembre, on profiterait que je sois sur Toulouse, l’air de rien et on irait faire ça DEHORS
Voilà donc comment on se retrouve à se peler les miches en robe rose à poids noirs Wear Lemonade, manches courtes et dr martens dans les rues de la ville rose un samedi midi.

Les photo prises dans la rue, c’est tout un poème. Déjà car tu n’as pas le temps de prendre le temps nécessaire pour te détendre devant l’objectif (long me concernant) : on spote (du verbe spoter) un lieu, on essaye, on shoote (du verbe shooter), on part. Prendre plus de temps revient à saouler les gens qui attendent patiemment que tu aies terminé de jouer les top models ET t’exposer au papi qui te mate au bout de la rue (drôle) en pensant faire ça discret alors que, non, en fait il est juste dans le cadre (très relou). Cette séance photo, mes amis, était un immense moment gênant où je me suis dit que, donc, model ce n’est pas du tout un métier pour moi (après réflexion…).
Plus en phase avec la non spécificité de mes traits : blogueuse mode, non plus.

Conclusion : C’ÉTAIT PROCHE DE L’ENFER.

Un enfer que mes amis photographes ont su outrepasser…
Et le résultat lui, est canon.
Canon au carré.

Canon au cube, même.

© David & Myrtille
© David & Myrtille

 

 

 

© David & Myrtille
© Gaël Desmoucelles
© Gaël Desmoucelles
© David & Myrtille

L’égo trip de ce post n’en finit plus car non, l’histoire ne s’arrête pas en si bon chemin.

Si je dois être très honnête, cette journée riche en révélations m’aura non seulement appris que je ne suis pas plus friande que ça d’afficher ma chaire de poule à la vue du moindre passant MAIS AUSSI que j’adore découvrir des lieux abandonnés (et que j’ai le vertige) !

Rien à voir, mais la vie est ainsi faite.

Poussant notre ballade jusqu’à plus loin et en dehors du centre ville, les amis et moi-même avons poursuivi la séance dans un de ces endroits témoins d’une vie depuis disparue (autrement dit abandonnés).
En 2001 l’usine AZF de Toulouse soufflait au passage de son explosion (entre autres) un Restaurant Universitaire depuis laissé à l’abandon de tagueurs plus ou moins talentueux. Des couloirs, des escaliers, quelques pièces vidées de tout et puis, surtout, une immense salle servant alors de réfectoire au centre de laquelle un escalier en colimaçon sans rambarde ni délimitation.

L’effet fut très étrange. Je ne suis pas forcément très à l’aise en hauteur mais je n’ai jamais vraiment ressenti de vertige paralysant ou même dérangeant. Ce jour là, c’était terrible. L’escalier, pourtant large de près de 2 mètres était perdu au milieu de cette salle dont la hauteur sous plafond approchait (peut-être) les 10 mètres. J’avais beau être en plein milieu et loin de tout bord dangereux, je me suis trouvée, là, plusieurs fois tétanisée par l’impression de vide qui m’entourait sans top savoir où poser mes yeux, où trouver mes repères. Autant vous dire que le « détends toi, vas-y souris, non mais pas trop, avance là, tourne, essaye de reculer pour voir » des copains derrières leurs appareils, mettait quelques minutes à monter jusqu’à mon cerveau. Le lieu était chouette et le côté (doucement) transgressif de sa découverte (à base de franchissement de grilles de plus de 2 mètres) un frisson plutôt agréable.

(J’ai, au passage, découvert un peu plus ce qu’était l’URBEX et je crois que je suis devenue fan du concept… La perspective juste de pouvoir passer une tête dans des lieux laissant quelques traces et toute la place pour imaginer la vie qui les habitait… Mon inspiration frétille rien que d’y penser).

On la fait courte : once again résultat canon, canon au cube, même.

© Gaël Desmoucelles
© Gaël Desmoucelles

 

 

 

 

 

 

© Gaël Desmoucelles
© Gaël Desmoucelles
© Gaël Desmoucelles

 

 

 

 

 

 

 

 

Ainsi donc me voilà parée d’une série de photos pink & black dots entre robe qui tourne, docs, lieux abandonnés, trottoirs et murs de briques.

Le brief, c’était « princesse urbaine ».
Voilà.

Alors toi, dis moi, la vie t’offre-t-elle aussi son lot de révélations insoupçonnées ?

xxx

PS : Les talentueux photographes sont donc Gaël Desmoucelles que tu peux retrouver ici et Myrtille Vardelle que tu peux retrouver , , ou encore si tu aimes la jolie papeterie (c’est relou les gens talentueux, ça fait faire plein de liens).

 

P-PS : ah oui, et sinon, backstage oblige, quand je te dis que j’ai 10 ans…

* marche aussi pour les mecs.