Jusqu’à présent c’était facile. J’étais occupée, les messages de soutien déferlaient par pelleté sur mon téléphone et boîtes emails, les contacts même aussi (j’ai un ami d’ami d’ami qui connait un journaliste, tiens, voici ses coordonnées). Et puis est arrivé le moment où le silence a pris ses aises me laissant, finalement et peut-être même enfin, face au vide du Tout est possible.

Ce tout créé d’un rien, cette pesante légèreté, cette vanité sérieuse, cette innommable chaos des plus aimables formes…
(Roméo & Juliette)

Une histoire de haine amoureuse : Tout est ainsi venu dans mon monde au rythme de Shakespeare.

Vu le non-sens de ces paragraphes et mon besoin d’aller chercher le grand William, il est temps de se l’avouer : Tout m’angoisse un peu, car Tout me confronte à moi-même. Or je m’aime bien, mais pas de trop près : on voit les défauts. Un peu comme ce post qui en est bourré, à défaut (justement) d’avoir une direction.

Je ne peux pas reprocher aux proches d’avoir disparu : LA copine m’a confié la prunelle de ses yeux pendant 2 heures et demi d’angoisses (j’y reviendrai, c’est une histoire sympa), la frangine est venue déposer un paillasson devant ma porte (photo !) et les copains ont apportés le dessert.
Je ne peux pas reprocher à mon cercle de m’avoir oublié : j’ai toute une série de gens à contacter / remercier pour travailler mon « réseau », une pile d’emails et messages qui attendent une réponse, un signal de fumée ou un pigeon voyageur depuis parfois 10 jours.
Je ne peux pas reprocher à la société de m’abandonner : j’ai eu RDV chez Paul l’emploi.
Je ne peux pas reprocher au temps de filer trop vite pour que mes journées soient productives comme elles le devraient : on m’a installé PopCorn Time et il fonctionne magiquement bien (c’est pas moi m’sieur l’agent !).

Mais comment devraient-elles être rythmées mes journées ? Aujourd’hui je repousse l’essentiel du bout du pied en le planquant sous le tapis (faire le tri sur mes différents projets, contacter les administrations qui vont bien et me mettre en relation avec tous ces gens depuis lesquels on tire gentiment les liens) pour me démoraliser sur la blogosphère en analysant ce qui marche. Conclusion : un afflux de pathos, de tergiversations et de sujets convenus qui fonctionnent, génèrent du clic et font les unes de sélection sur différentes plateformes.

Agacement !

Parce que s’il s’agit de boucler sur mon nombril en jouant la petite malheureuse, en expliquant que j’aime pas l’automne ou 10 raisons d’aimer les champignons je peux, aussi.
Y a qu’à voir ce post.

J’exagère.
Titiou LecoqCaroline Franc-Desages (soufflée à mon oreille par Géraldine Dormoy), Fiona Schmidt ou même Janis en sucre (dans un domaine différent) sont les meilleurs exemples de cette exagération (je n’avais pas prévu de placer ici ma blogroll mais… tadaaa – ne me remercie pas c’est cadeau). Et de fait, je ne suis pas certaine qu’elles soient très au fait de ce qui ce passe sur ces plateformes que j’arpente du boit de mon doigt sur le trackpad* de Dame Pomme.

Mais nait alors l’autre problème : ce moment où tu réalises que les succès des autres sont finalement le miroir de tes propres échecs (t’ai-je perdu ami lecteur ?). C’est Nora Hamzawi, (une autre que j’aime bien, tiens) qui le disait dans son interview à Cheek en avril dernier : “J’étais à un moment où les succès des autres devenaient des échecs personnels, analyse-t-elle. Il fallait que je m’y mette pour de bon à temps plein et que j’arrête de me demander pourquoi ça marche et pourquoi ça ne marche pas.”

Hum…
Peut-être faudrait-il tout simplement que j’arrête de mettre mes doutes en colliers de coquillettes et que je fourre mon nez dans ce Tout ? Un Tout certes en forme de pas grand chose pour le moment et composé aussi bien de gros défauts que de fulgurances (allez allez), mais un Tout qui, comme devant le miroir, doit se voir dans son ensemble (c’est BIBA qui le dit).

Pour conclure, toi qui ne m’a pas lâchée en route, il faut quand même que je t’avoue un truc : tout au fond de moi j’ai une espèce d’infime micro-certitude que ça va le faire. Je ne sais pas l’expliquer mais elle est là. J’aurais pu écrire là-dessus, ça aurait fait un post bisounours. Mais ça ne collait pas dans le thème.
Voila.
Désolée.

xxx

* Le carré qui fait office de souris avec les doigts sur le portable, là, sous le clavier.