Depuis plusieurs jours maintenant, la semaine dernière particulièrement (la semaine 3, donc, ça se tient), j’ai relancé la machine, relancé les amis d’amis d’amis… qui connaissent des journalistes, des gens dans le milieu, des gens du réseau. Je croise les regards et les avis : sur le métier, sur ce que je fais, sur ma « plume », sur le marché. Inconsciemment, de notes en listes, d’enregistrements en informations mémorisées, je dessine les contours de mon pays imaginaire. Celui que je dois rendre réel. Parfois les contacts sont simples, parfois plus compliqués. Toujours ils sont intéressants et m’apprennent à minima sur ma petite personne. 

Mon regard fuyant, mes tics de langage, ma capacité (ou pas) à me présenter, exposer mon projet, mon parcours, toutes ces petites choses qui m’agacent, que je rajoute sur la liste de ce que je dois retoucher (mon nez, mes pieds,… #digression)

Il y a aussi les techniques, les codes journalistiques.

Il y a aussi ma façon d’aborder les gens, comme cette interview que je pensais gagnée d’avance, j’avais le sujet, j’avais la personne, j’avais le contact, mais j’avais oublié l’essentiel : la personnalité de celle en face de moi que finalement je ne maitrisais pas. Elle est son histoire font que, maintenant, on se connait mieux. Mais pour ce qui est de l’interview, je repasse par la case départ.

Il y a enfin cette mise en danger. Ce truc relativement stupide (allez, allez) de fonder ma source de revenus, ma monnaie d’échange, sur ce que j’ai de plus personnel et peut être de plus précieux : mon intuition et mon hyper sensibilité. Les trucs qui servent à aligner les mots justes dans le bon contexte. L’avantage c’est que si ça foire, ça fera pas semblant (du genre feu d’artifice de foirade). Et en poids d’argument de vente, ça fait pas beaucoup pour qui ne l’a pas encore expérimenté. Mais pour de vrai (main sur le coeur), y a du lourd (je crois) (c’est sure, on a dit) (d’accord, d’accord).

Alors j’apprends. J’aiguise ma perception et mon sens de l’observation. Je challenge mes acquis. Parfois, je me fais toute petite. Trop. Ou pas assez. Une histoire de mesure, de balance.
Au jeu du funambuliste il m’arrive de me ramasser. Sûrement parce que quand l’enjeu est aussi gros que moi, j’ai le regard qui se dérobe et les yeux qui se baissent quand il faudrait garder la tête haute, les épaules droites et la ligne de mire. Des années de classique qui devraient finalement servir à quelque chose. Mais pour remettre un peu de plomb dans mes appuis, j’ai fait appel à la famille de coeur. La solution de facilité. J’ai réuni ceux qui m’ont, de près, de loin, souvent de leurs muscles, toujours de leurs sourires, aidés ces dernières semaines, à déménager notamment. Une crémaillère on appelle ça. J’avoue qu’à la fin de la soirée je n’étais plus capable de nommer grand chose. N’empêche qu’avec eux, quand les verres de vodka font valser mon équilibre dans les rues de SoPi sur mes escarpins Repetto et dans ma robe rose à poids noirs, ils tendent leur bras pour me ramener près d’eux.

Et ça, même après plusieurs verres, j’en suis sûre, ça s’appelle un filet de sécurité.

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