Dimanche 1er novembre. Il y a un mois j’essuyais d’un revers de la main un mélange de doutes, d’angoisses, d’excitations, de regrets, matérialisés par des larmes dont j’ai le secret : démesurées et hors de propos.

Dimanche 1er novembre. Sur le balcon de mon Palace le soleil commence à se faire la malle au détour de mon immeuble pour s’en aller illuminer le reste du monde. Une tasse rose de thé blanc fume à ma droite. Simon and Garfunkel tourne sur la platine derrière moi : The sound of silence, probablement l’une des plus belles chansons qui puisse exister. Mon salon / bureau / chambre / dressing / salle à manger / Palace, mon nid respire de son joyeux bordel.
Et moi ?
Pareil.

Inspirations après expirations, petit à petit je sens mes doigts prendre confiance en eux sur le clavier de Dame Pomme (j’attends que le reste du monde le perçoive et se décide à m’aduler en réponse, mais il semblerait que cela doive se jouer en au moins deux temps). J’ai mis en place ma routine, douté, appris, changé de téléphone, cassé mon téléphone, tout ça en un mois.  Rencontres après rencontres j’affine ce que je veux, ce que je cherche. Et tout doucement, beaucoup trop lentement, je glisse mes orteils dans le grand bain. Au fond de moi : la certitude que ça va aller. Autour de moi : l’impression que ça va plutôt pas mal. Un peu comme une bulle qui m’envelopperait, prête à rebondir, s’envoler, tomber, et dans laquelle une certaine douceur aime à se matérialiser.

Je vais dire un truc un peu tabou, mais sous ce soleil automnal, la tasse de thé plus si fumante que ça, je crois que je suis heureuse en fait. En paix avec mes imperfections, soutenue comme je n’avais pas réfléchi à l’être, entourée de belles personnes, on Paname City et plus à l’ouest aussi. S’il devait y avoir un état d’esprit pour commencer une nouvelle vie, celui-là n’est peut-être pas la plus mauvaise des options.

Ceci étant dit, va falloir arrêter d’en parler pour commencer à faire deux ou trois trucs. Arrêter les envolées lyriques pour rentrer dans le concret. On refera un check point quand y aura des trucs à dire. En attendant, let’it roll.

xxx

PS : ne m’en veuillez pas pour ce bilinguisme outrancier, c’est le seul truc que j’ai trouvé pour faire sonner ce texte qui se prend pas mal au sérieux (quand même) (je trouve).