Il y a deux ans sortait en France le dernier livre de Haruki Murakami. Il s’agissait de Murakami, de sa jolie poésie, et d’une saga sur plus de 1500 pages en 3 tomes. Je l’ai posté en tête de liste de mes futurs moments de lectures, tout en me disant qu’un truc clochait…. Par ce que ce livre, répondant au nom 1Q84, faisait référence, déjà par son titre, à un grand classique de la littérature anglo-saxonne : 1984 de George Orwell. Hors ce dernier, je ne l’avais pas lu.

1984 : mon année de naissance, un classique de la littérature anglaise, une histoire internationalement reconnue, une référence (Big Brother) mise en avant par une TV réalité bien connue de ma génération.
Et me voilà, à 27 ans, inculte de ce livre, avec juste, à peine, en tête un titre et l’idée qu’il serait pas trop mal d’y jeter un œil, par curiosité au moins. Alors un samedi, en passant devant la très jolie librairie Galignani rue de Rivoli (The first English bookshop established on the continent… Genre…) j’ai passé un premier cap en achetant le bouquin. Et 6 mois plus tard j’ai fait le second pas, une page après l’autre, j’ai plongé dans l’histoire.

Attention SPOILER, à partir de maintenant si vous avez l’intention de lire le livre et ne l’avez jamais lu, c’est le moment de se quitter. C’était bien, c’était chouette, mais la suite est pour public averti uniquement.

Ce livre est terrible.
Déjà par ce que, grande naïve que je suis, j’ai lu les 350 pages en me disant « mais, forcément il va trouver une solution ». Et ce n’est qu’à partir de la 340ème que j’ai regardé mes amis qui l’avaient déjà lu et ai pu leur dire : « mais en fait, ça ne fini pas bien !? »
Ce livre est terrible par ce que l’histoire d’amour est jolie, simple, un peu improbable, qu’on s’y attache, mais elle est tellement secondaire.
Ce livre est terrible, par ce que même si les scènes se passent dans un monde qui est le notre sans tout à fait l’être (Dieu merci) il y a des moments qui résonnent, qui font écho, des moments où l’on se dit « mais il était visionnaire ce George » (pour rappel le bouquin a été écrit entre 1948 et 1949).

A l’heure où les caméras de TV surveillance sont un peu partout, un peu nul part.
Dans un monde où Internet nous permet de suivre, anticiper, compter et identifier les connections pour mieux cibler les publicités affichées.
Quand une direction basée aux US ne se gène pas plus que ça pour lire et filtrer les emails que s’envoient ou reçoivent les collaborateurs toute la journée (passionnant boulot) (oui c’est du vécu)….

BIG BROTHER IS WATCHING YOU

Et que dire des media, des informations, des journalistes, qui nous abreuvent de messages bien rangés, bien préparés, bien mis en scène.

WAR IS PEACE, FREEDOM IS SLAVERY, IGNORANCE IS STRENGTH
C’est l’histoire d’un monde en guerre perpétuelle qui réécrit l’histoire en fonction de ce qui l’arrange à un instant T, un monde où vos choix sont contrôlés sans même que vous vous en rendiez compte, un monde ou parfois par surprise vos sentiments vous emportent dans une sentiment de liberté, sentiment rattrapé par un quotidien et une réalité bien moins magique.
Ca vous dit quelque chose?
… Voilà pour le premier tiers du livre. La suite est un roman d’anticipation, classé même par certains comme de la science fiction.
1984 est un classique, un vrai. Le genre de bouquin que l’on commence en se disant « pffff, bon, OK, allez, c’est bon, je m’y mets. » Et que l’on referme en se disant « ah oui, d’accord, quand même ». Le genre de bouquin qu’un an plus tard, je me décide enfin et finalement a évoquer mais qui m’a laissé un souvenir plus présent que tous les autres livres lus cette année.
A lire.
Et à relire, même, je pense.
xxx