Je crois que je suis un petit peu fatiguée… J’veux dire… Un peu…

Comment expliquer, sinon, que je puisse partir donner une formation à 9h30 sans, à un seul moment, réaliser que si je ne prends pas l’adaptateur de mon Mac avec moi, jamais je ne pourrai me connecter à la télé diffusant ma présentation ?

Le plus « drôle » dans cette histoire c’est que, quand je m’en suis rendue compte, je me suis comme séparée de mon corps, absentée quelques secondes, juste le temps de me mettre en pilote automatique pour :

  • ne pas imaginer comment je pourrais faire le cours sans, au moins jusqu’à la pause de midi (une journée entière de cours) (oui ça aurait été possible)
  • décider comme ça de prendre ma veste et partir faire l’aller-retour vers chez moi à 20 / 25 minutes de là alors que le cours devait commencer…
  • sans prendre mon porte-feuille avec moi, des fois que ça m’aurait permis de payer un taxi pour aller plus vite…
  • mais, en revanche, sans oublier d’attraper mon thé brûlant et débordant tel un précieux et ô combien important trésor qu’il ne fallait surtout PAS oublier !

J’ai fait 10 mètres dans la rue avant de désactiver le mode robot qui me servait de pilote, le temps de marcher d’un pas soutenu et de réaliser que NON, définitivement, l’option thé n’était pas le compagnon idéal pour accélérer la cadence.

Fatiguée. Donc. Oui.

Avril est taré. 

Déjà parce que j’enchaîne 1 jour de formation par semaine, TOUTES les semaines.

Ensuite parce que mon boulot de journaliste media me rattrape, parfois, pour des piges à droite et à gauche.

Enfin parce que YouBLive !!
Si tu me suis sur Facebook, tu sais ce que c’est YouBLive : c’est une boite de production 100% live ayant pour vocation de proposer des contenus aux media souhaitant dynamiser leur présence sur les réseaux sociaux via des reportages et immersions en direct, le tout en multiplex.

Là, tel que tu me connais, tu vas me répondre :

OK mais quel rapport avec toi ?

Facile : on m’a dit « viens, on va raconter des histoires », forcément j’ai dit d’accord.

L’histoire de YouBLive démarre fin 2016, quand Bolloré a ravagé iTélé. Il a fallut quelques semaines, 3 ou 4 mois même avant que je rejoigne l’aventure. Il n’empêche, aujourd’hui, on monte notre boîte… Et moi, dans ma tête, je tourne et retourne toutes les capacités que nous offrent les réseaux sociaux, pour raconter des histoires : de la vidéo en direct, des multiplex, de l’immersion ; des # relayés sur Twitter ; des petits bouts de programme, isolés de ci de là à partager, relayer ; des photos… Donner du sens, chercher un tout cohérent, dérouler le fil d’un conducteur qu’on se laisse la liberté d’envoyer valser mais qu’on réfléchit précisément.

YouBLive c’est tout ça. Du moins je crois. Pour le moment c’est surtout tout récent. En guise de rampe de lancement on a choisi les présidentielles. 2h20 de direct pour la soirée du premier tour. #Facile #OuPas

On réfléchit déjà à la seconde…
C’était bien mais pas assez. Peut mieux faire dirait le maître qui me sert de règle, celui caché dans ma tête qui évalue systématiquement la mesure des avancés, mais surtout des possibilités.

T’étais au max ? Non ! Alors recommence.

Le rappeleur d’ordre, l’éternel insatisfait, le maître et sa règle en bois

Je suis fatiguée mais surtout frustrée…
Frustrée de pas pouvoir faire plus avant de tomber de sommeil : plus d’articles, mieux préparer mes formations, démarrer ENFIN la retranscription de la dernière interview réalisée il y a UN mois (déjà) pour thE Revolution, prendre du plaisir dans les mots des autres, de meilleures idées pour YouBLive… Toute cette frustration d’être si profondément animée par tous les projets sur lesquels je travaille et pour lesquels j’aimerais plus de temps
Frustrée de ne pas me dégager le temps nécessaire pour partager tout ça : toutes ces aventures ; toutes ces fois où j’ouvre de grands yeux face à des métiers que je ne connais pas, des personnalités que je découvre, des anecdotes dignes des meilleurs romans ; toutes ces phrases entendues à la volée.

À défaut du reste je vais te conter celle-là, d’anecdote : à 48 heures du direct, c’était vendredi matin, dans le bureau on briefait un cadreur sur les séquences à faire et les plans à assurer lors du live. Là, comme ça, comme s’il avait précisé juste pour la forme « n’oublie pas de recharger tes batteries avant de venir », le YouBLive boss, celui qui tient l’antenne, a dit

Bon et puis, si jamais y a un attentat, je configure mon téléphone pour filmer moi aussi et, ben, on  avisera.

C’était le lendemain d’une nocturne passée à préparer le live du dimanche, le lendemain du jour où un flic s’est fait descendre sur les Champs.

 Et puis c’était deux jours avant que Marine Le Pen ne passe au second tour aussi.

Tu vois, plus que jamais j’ai envie de raconter des histoires.
Ne serait-ce que pour essayer de comprendre.
Ne serait-ce que pour essayer d’écouter.

xxx