C’est une chanson de Biolay. C’est aussi un état d’esprit, et pas forcément celui de Biolay dans la chanson, qui va « mal en général », au contraire.
Le titre se veut accrocheur mais il est mensonger, car si l’on parle bien de Paris, il est ici question d’une période qui s’étend.
Du 5 au 20 août, environ.
2 semaines. 15 petits jours dans une année qui en compte beaucoup (trop) (peu) (c’est selon) d’autres.

Les belles années, et 2015 en est une, ils sont une succession de robes. Chaque jour une différente, qui termine chaque soir dans la machine. Une paire de sandale un tote bag et hop. Adieu gilets, vestes, cochons.
Simple, efficace.
Les belles années, la moiteur de l’été vient coller la pollution à la peau et le soleil se couche dans les teintes rosées de la capitale embrumée.

Quoi qu’il en soit, les parisiens ont fuit le nid. Les petits commerçants dont les équipes sont trop restreintes pour faire un roulement, ferment. Trouver son bon pain du matin s’avère encore plus complexe que les règles d’une épreuve de Koh Lanta. Parfois même aussi physique quand la seule bonne boulangerie qui reste ouverte se trouve tout en haut de la côte, là-bas, derrière le cimetière (Gontran Cherrier, si tu me lis !). Ceux qui restent ouverts vous le disent « on ne fait rien là, c’est trop calme, c’est mauvais pour le business ». Parce que les touristes ont remplacé les habitués. Et les bonnes adresses, elles, ne figurent pas dans les guides qui s’échappent insolemment des poches arrières de shorts « confortables », assortis aux chaussures.
C’est qu’à Paris, on va marcher ! Du Louvre à la tour Eiffel en passant par Montmartre, le pique-nique sur le champs de Mars et les bateaux mouches… St Germain des Prés, la place du Tertre, le canal St Matin peut être. Les plus explorateurs se perdront vers le parc de Belleville (ils cherchaient le père Lachaise, la tombe de Morrison). Le neuvième ne fait qu’abriter l’hôtel et le 17ème reste un territoire aussi inconnu que le 15ème.
Dans le métro, demander « pardon » pour qu’on vous laisse sortir nécessite un dico en 5 langues. Le bus lui espace ses passages, vous rappelant au bon vieux temps de votre province natale quand vous dépliiez votre feuille verte de la TAN (Nantaise forever) : le 31 il passe à 18 ou à 45 : on part maintenant ou on reprend un coca ?
Sur la place de la Rép’ les skateurs sont toujours là, mais les vrais de vrais, ceux qui squattaient déjà les skate-parcs quand la mode n’était pas aux slims. Les jeunes à la mèche et leur uniforme gris / noir (du sweat Eleven Paris à la pointe de la Vans) sont partis dans la maison de vacances de leurs parents à l’Île de Ré.

Paris – 15 août est un état d’esprit. Ce moment dans l’année où vous vous souvenez de vos vacances la larme à l’œil, où, dans mon cas présent, vous anticipez vos vacances à venir dans une certaine désespérassion. Elles n’arriveront jamais assez tôt, mais leur arrivée signifiera la fin proche de l’été.

Car si cette parenthèse ne dure que 15 (petits) jours, elle marque aussi ce basculement. L’été n’est plus un lointain rêve auquel on aspire planquée sous une capuche, ou ce vague souvenir quand il s’agit de faire à nouveau rentrer ses orteils dans une pièce de cuire fermée. Il est là. On est en plein dedans. Et alors que la ville semble s’inscrire dans une dimension parallèle à son brouhaha continue des 350 jours restants, il n’est pas ici question de regarder ailleurs que dans le présent.

Car s’il s’agit d’en profiter, c’est bien le moment de lever le nez !

xxx