J’avais mis mon short et mon débardeur « batman », j’avais chaussé mes lunettes de soleil et mes tongs, à quelques semaines (et kilomètres) près on aurait pu croire que j’allais partir à la plage mais non : Paris, neuvième arrondissement, jour d’élection, législatives, second tour, ÉVIDEMMENT il s’agissait d’aller voter.

Aller chercher le pain PUIS aller voter pour être honnête.

J’avais le trajet pour me décider pour qui.
Au premier tour j’avais voté pour un candidat dont le parti s’est perdu dans les limbes des mini pourcentages après une analyse minutieuse des 22 professions de foi : Non, non, non, non, ah! oui… 22. Au final, après élimination du parti du bulletin blanc (WTF les mecs ?) et du parti des animaux (entre autres)… il n’en restait que 2. Alors bon, pour le second tour, quelque soit le choix, je me disais bien que ce serait soit le-moins-pire, soit nul. Je misais gros sur les panneaux pour m’informer.

Que nenni, je n’ai même pas pu voter.

J’aurais dû sentir que quelque chose n’allait pas.

Déjà je n’ai pas reçu mon enveloppe marron avec les-bulletins-qui-ne-servent-à-rien dedans.

Parenthèse mais : pourquoi ?

Est-ce qu’il y a vraiment des gens qui partent voter avec les bulletins qu’ils ont reçu dans l’enveloppe marron ?

Donc, disais-je, je n’ai pas reçu l’enveloppe du second tour. Comme du temps où j’étais abonnée à Grazia (et que dans ma réflexion générale tout cela semblait parfaitement comparable) ce dernier arrivait parfois avec 3 ou 4 jours de retard dans ma boite aux lettres, je ne me suis pas inquiétée plus que ça.

Ensuite, aux abords des écoles de mon quartier, je me suis dit vendredi soir qu’il serait peut-être temps de changer les panneaux, de passer de 22 à 2, de recoller de jolies affiches propres sans moustaches dessinées sur la tête de la candidate FN (roooooooooh).

Il s’en est fallut de peu… Moins d’un point pour être exacte. 50,80% c’est le résultat de « mon » député au premier tour.

BIM

Pliez les tables, rangez la salle de motricité, nettoyer l’urne… Terminé, fin de chantier.

« Mon » député était en marche dès le premier tour.

Du coup, ce matin, je suis allée chercher le pain ET passée devant le bureau de vote. point.

Après j’ai fait des trucs, la vie, tout ça. Et depuis 1 heure j’écoute des gens dire la même chose mais en étant davantage d’accord que l’autre. Un truc qui se résume globalement comme ça : « oulala l’abstention, oulala nous sommes l’opposition, oulala c’est pas vraiment un raz de marrée, oulala regardez on est encore là… oui ! mais moi plus ».
Ainsi même si JE SAIS que c’est une croute infinie, je suis à deux doigts de zapper sur TF1 pour regarder Les Bronzés 3. Par respect pour mon short en jean et mon débardeur Batman qui rêvent de sable blanc, je vais plutôt me mettre à jour sur l’autre grande actu du moment : la canicule !

Après la vague de l’abstention, la vague de chaleur… Je n’ai jamais été si près de l’océan !

… On se rassure comme on peut.

xxx

Image : Andrea Maria Cannata