Chers aventuriers du quotidien, aujourd’hui parlons chômage et administration française.

Reprenons…

Depuis plus de 5 mois, je développe avec Paul Lemploi une relation de longue durée avec ses hauts, avec ses bas. Comme pour toute relation il s’agit de faire des compromis et de revoir parfois ses exigences à la baisse, tout en y trouvant un certain retour sur investissement.

Tout a commencé début octobre lors de mon inscription. Bien que 5 mois, dans l’histoire de mes relations, ça commence à compter, Paul Lemploi, lui, nous voit toujours comme un jeune couple. Très jeune même. Vu que nous n’avons eu que 3 rencards à ce jour (et échangé quelques emails) il n’a peut-être pas tort. Ne nous plaignons pas cependant, dès notre premier il m’avait annoncé la couleur :
« Votre RDV suivant devrait avoir lieu dans 4 mois. »
Bah ça tombe bien, j’avais prévu d’hiberner.
Sauf qu’en bonne reloue que je suis, pas tout à fait prête à attendre 4 mois pour commencer les choses sérieuses, j’avais des questions, donc entre temps j’en ai déjà demandé 2, des entretiens.

Avec Paul Lemploi j’ai appris à ne pas être trop exclusive : 3 rencards, 3 conseillères différentes. Une pour l’inscription. Une pour répondre à mes premières questions tout en me disant « mais… mais… mais vous êtes cadre ? »-« oui… » – « mais… mais… mais vous n’êtes pas au bon endroit! » – « … » (parce que les cadres ont leur pôle emploi à eux). Une dernière qui se voit devenir, au pôle emploi des cadre (donc), ma conseillère.
Les félicitations sont d’usage.

Avec Paul Lemploi j’ai appris à être patiente (cette blague), comme lors de ce rendez-vous où ma conseillère attitrée en chef m’a prise avec 30 minutes de retard (#ponctualité). Elle croyait que notre rencard était à 11h et non 10h30 et n’a pas vu la notification signifiant que j’étais arrivée.
Ou encore quand mon dossier de demande de financement pour une formation est déposé 4 semaines avant celle-ci, rate 2 commissions hebdomadaires, pour s’entendre dire, finalement, à la troisième commission, que c’est refusé, 6 jours avant le début de la dite formation. #joie!
Mon dossier fait la gueule au fond d’une poubelle chez Paul Lemploi.
Moi je cherche les itinéraires bis pour arriver à mes fins (à visée domination du monde) (oui, j’avais trouvé une formation pour se faire). Fort heureusement je suis pleine de ressources.

Avec Paul Lemploi je fais des ateliers. Enfin… Avec Paul Lemploi des cadres. Celui avec de la presse en libre service et des espaces de travail. Alors « savoir se présenter en 5 minutes » et autre « marketing du candidat » pour gérer son image IRL et sur les réseaux sociaux sont devenus de nouveaux impératifs dans mon agenda. « Impératifs » car Paul Lemploi est du genre extrême : si je ne viens pas à un atelier où je me suis inscrite (de mon plein gré, hein, quand même, faut pas pousser), c’est sanction.
Financière, la sanction.

Car Paul Lemploi à ses avantages. Tous les mois, sous réserve que j’ai bien déclaré être toujours pauvre et dépendante (je le vis très très très bien) et que j’ai bien assisté à mes éventuels ateliers, je lui fais un coucou.
Coucou !
En réponse il me fait un virement.
Simple.
Efficace.

Relativement « efficace » en tous cas. On n’est quand même pas au niveau d’un vrai beau salaire de CDI avec toute la régularité et les perspectives de primes qu’il pouvait avoir. Mais un sacré filet de sécurité quand même ce Paul.
Alors parfois il m’agace parce qu’il fait ce qu’il peut, et concrètement il peut peu. Mais je vais le garder dans ma vie encore pour quelques mois je pense. Le temps de vivre une belle et grande histoire avec des feuilles de salaires régulières pour des mots alignés dans une justesse déconcertante. Any day now!

Alors, toi, dis moi, tu le connais Paul ?

xxx