La #NewLife, c’est une sacrée aventure, de chouettes rencontres, pas mal de remises en question et toujours, en toile de fond, l’envie de raconter des histoires. Pour conjuguer cette motivation première à mon besoin de payer mon loyer, ma volonté d’apprendre et de partager, il m’arrive entre 2 papiers ou billets de blog, de donner des formations.

Spoiler : J’adore !

Donner des formations (à des classes de 30 comme à des groupes de 5 ou 6 professionnels en poste) c’est l’occasion de découvrir des profils variés mais néanmoins… récurrents…
Par souci de moyenne, partons du principe que tous mes « apprenants » (c’est comme ça qu’on dit dans le monde fabuleux de la formation professionnelle) sont masculins, ça simplifiera l’écriture.
(Il est tard)

  • Les premiers de la classe : ils viennent (encore) avec un cahier, notent tout tout TOUT ce qui est dit sans prendre le temps de le digérer et souligne proprement les titres et les Grand I Petit 2 notés sans vraiment l’être dans le power point diffusé derrière moi.
  • Les relous du fond : ils parlent entre eux avec l’impression d’être seuls au monde et que personne ne les entend. C’est faux. On entend tout. Parfois ils parlent du cours, souvent d’autre chose. Moi, personnellement, je m’en ficherais bien… Si seulement je n’avais pas cette fâcheuse tendance à trouver les conversations des gens autour de moi potentiellement passionnantes / inspirantes et à me déconcentrer pour les écouter… Parce que, bon, quand-même, on ne sait jamais.
  • Le mec planqué derrière son ordi qui est CLAIREMENT sur Facebook en train de parcourir son fil d’actu amicales / répondre à ses potes sur messenger / écrire des commentaires inspirés sur des posts pas en reste. Contre toute attente il lâchera l’air de rien une question légitime ou une remarque pertinente, levant à peine ses jolis yeux bleus de son écran et donnant un switch inattendu au cours. Oui, c’est mon chouchou (et peut-être j’ai eu un petit crush).
  • Les « du milieu » : ils disent chut quand il y a trop de bruit et que mon silence veut dire « vas-y ta g*ule, j’aimerais dire un truc IMPORTANT », ils écoutent souvent, dorment un peu parfois et s’interrogent vers 11h sur le lieu où ils vont aller déjeuner / l’heure à laquelle je vais me décider à lâcher le mot « pause ».
  • L’improbable qui, sur un cours de 4 heures, franchi la porte d’entrée de la salle où je me suis réunie avec ses camarades de promo, après 2h45 de mon savant blabla, en plein milieu d’une phrase pleine de sens et INDISPENSABLE à la bonne réalisation de tout futur projet professionnel (comme personnel d’ailleurs). Il aura le droit à mon regard interrogateur (mais… qui es-tu ?), une double vérification de l’heure sur mon téléphone intelligent parce que, bon, QUAND MÊME, le sourire entendu de ceux en face de moi que ça ne surprend pas vraiment et mon haussement d’épaule en guise de clôture d’incident.

Face à tout ce beau monde « professeure Lisette » alterne entre sérieux, gravité (parce que, bon, quand-même), humour, tout en distribuant, de ci de là, quelques graines de savoirs à partager au gré de ma bonne parole.
En vrai chaque prise de parole me vaut des heures de préparation et un petit trac préalable proche de celui que l’on peut ressentir, juste avant de monter sur scène.

L’âme d’actrice en moi prend un pied incommensurable.

Yep, call me Lisette.
Professeure Lisette.

xxx

Image : {Flixelpix} David