Non.
On reporte à plus tard ce qui peut l’être et on bosse sous un plaid depuis son canapé, voire sous une couette depuis son lit.

Depuis hier je souffre de LA maladie. LA maladie celle bien connue et récurrente. Les symptômes sont toujours les mêmes : gorge qui pique, nez qui coule, yeux fatigués… Arrive alors l’état fiévreux, la fatigue générale, les quintes de toux, et la gorge, toujours cette gorge (je somatise énormément sur ma gorge).

Bon, alors je peux difficilement remettre beaucoup de choses à « plus tard ». Déjà parce que l’étendu de mes clients se compte sur les doigts d’une main. Ensuite parce que les impératifs de mes journées se décide avec eux à la semaine (on est sur le degré 0 de l’anticipation). Alors en bonne freelance, ce matin, fidèle au poste et malgré les 5 grogs de la veille et litres d’eau ingurgités, j’ai vêtu ma carcasse malade de ses plus beaux atours pour me rendre à une conférence de presse, tout au bout de la ligne 12.

À Issy Les Moulineaux il y a du vent, beaucoup de vent. C’est fou comme il y a toujours plus de vent en banlieue. Comme si la boucle du périphérique nous protégeait de son dôme invisible (de pollution ?). Alors forcément, Issy Les Moul’ oblige, il m’a fallut un temps très incertain pour réaliser que je me promenais les fesses à l’air et la jupe relevée, bien plaquée sur mon dos par la force du pote Éole. Comme je n’ai jamais vraiment froid aux fesses, je ne m’en suis pas rendue compte tout de suite, ça j’en suis sûre. Peut-être pour ça que j’attire la maladie…

Entre la conférence et le retour vers ma couette il y avait le point Psy hebdomadaire. Je lui ai dit

« J’ai LA maladie mais sinon j’ai la forme. »

J’aurais bien aimé conclure d’un « allez, j’vais me coucher, bisou », mais
1. On ne dit pas « bisou » à sa psy. Ça ne se fait pas.
2. Je devais finir de rédiger mon papier sur la folie furieuse qui a envahi l’auditorium privé dans lequel je me trouvais quelques heures plus tôt suite à la présentation de nouvelles fonctionnalités à venir dans une application qui doit révolutionner notre expérience avec le monde merveilleux de la TV. Comment ça, l’abus de superlatif sert à faire oublier la désertion globale des abonnés ? (Je n’ai pas dit chez qui j’étais…)

J’avais tout prévu. Un stop au Starbucks pendant une heure / une heure et demi pour boucler le sujet avant le point Psy, un chocolat chaud dans une cup à mon (presque) nom, et hop, plié. Sauf que, bien-sûr, il manquait des éléments, il a fallut relancer, emailer, et bien-sûr la version bêta de l’article a du être corrigée APRÈS le point Psy. Mais JUSTE après. Voilà donc comment on se retrouve sur un banc du quinzième, un jeudi après-midi, LadyApple sur les genoux et un partage de connexion avec son téléphone intelligent pour faire partir le papier en temps et en heure… Où comment prouver, par l’exemple que je peux VRAIMENT bosser de n’importe où. Et peu importe si le banc est froid (cf. l’insensibilité thermique de mon postérieur).

Quand on est freelance, on s’adapte.

Je te passe les détails de la réunion téléphonique d’une heure improvisée hier soir et que je dois retranscrire dans ma présentation power point pour demain et du stop impromptu chez les gens de la haute fashion. C’est la Fashion Week a Paris et il y a toujours un évènement de ci de là qui les réuni entre eux, tous maigres, tous habillés de façon improbables, tous impeccablement coiffés, barbés… Où comment te dire que finalement, ta jupe, tu peux la jeter, tu as l’air d’une plouc.

Fin de journée, retour case Palace.

Dans le confort douillet de mon plaid je ne sacrifie cependant pas à la douce tradition du petit billet du jeudi.

Coucou !

Bilan de la journée : j’ai gagné le doit de tester pendant quelques jours un boitier d’Apple TV avec accès aux chaînes Canal+ gratos. (Oups, je l’ai dit)
Manque de bol j’ai FINALEMENT vendu ma TV il y a quelques jours de ça.
Sinon lors du moment « petit-four » de ma journée j’ai croqué dans un truc avec du Roquefort dedans. C’était pourtant bien visible. J’ai discrètement reposé le mini sandwich portant la trace bien reconnaissable de mes dents en allant redemander un verre d’eau. Hop hop hop, comme si de rien n’était.

Je crois…

Mais comme, après tout, je me ballade les fesses à l’air sans m’en rendre compte en plein milieu d’un quartier très fréquenté par les gens de mon secteur professionnel, et que, quand je suis malade, j’ai la fausse impression que mon regard vitreux me donne un air sexy mystérieux, on n’est pas à l’abri d’une mauvaise interprétation de situation.

Parfois je me fatigue. Et je n’ai même pas besoin de LA maladie.

xxx