Chers aventuriers du quotidien,

L’annonce qui va suivre n’est pas des plus plaissantes, seulement vois-tu l’âge aidant, j’ai réalisé récemment que j’avais quelques caractéristiques propres contre lesquelles il était inutile de lutter.

Ainsi je suis imparfaite. Il m’aura fallut 32 ans pour oser l’admettre.

Et il est temps de l’écrire noir sur blanc :

Je n’ai aucune coordination de mouvements

J’ai longtemps ignoré cette évidence. J’ai fait des années de GRS et danse classique après tout ! J’ai lancé des ballons que je rattrapais quelques mètres plus loin après avoir fait une roulade, je synchronisais les serpentins de mon ruban avec la marche Turque de Mozart, alors forcément, dans mon esprit, si je n’avais pas le sens du rythme, j’avais au moins une plutôt bonne capacité à synchroniser mes bras et mes jambes dans l’espace qui m’entoure.
Et bien c’est faux.
Faire faire un mouvement différent à mes bras et mes jambes de façon coordonnées s’avère être un exercice extrêmement périlleux. Je l’avais déjà remarqué lors d’une initiation à la batterie. L’engin de torture auditive (ne pas savoir jouer n’aide pas à rendre le moment mélodieux), mais j’avais alors mis ça sur le compte de la difficulté intrinsèque à maitriser l’instrument. Seulement, depuis plus de 6 mois maintenant que je fais du Body Attack une fois par semaine, je ne peux que me rendre à l’évidence : la galère est systématique et je me retrouve, indéniablement, à me demander pourquoi mon bras est en l’air quand il devrait être en bas sur le temps où mes jambes se plient…
La question se répète chaque mercredi matin, et chaque mercredi matin je me dis « dit donc, je suis fatiguée AUJOURD’HUI, j’ai du mal ».
Il m’a fallut un peu de temps. J’ai même réussi à rembarrer une personne qui me qualifiait de maladroite il y a peu alors que, bon, PAS DU TOUT QUOI !!!
La vérité c’est que je n’ai aucune coordination de mouvements. Ainsi soit-il.

J’ai des goûts hyper traditionnels

Dans mon esprit je suis une nana ouverte, curieuse de l’inconnu et de nouvelles expériences. Dans la réalité, je ne suis pas si sûre de ça. Déjà je suis extrêmement casanière, du genre à ressentir un petit pincement au cœur à chaque fois que je pars de mon Palace pour quelques jours ou à pouvoir rester cloitrée dans mes 25 mètres carrés pendant plusieurs jours (ce qui est un avantage quand on a choisi de bosser de chez soi).
Mais la démonstration ne s’arrête pas là.
J’ai toujours été d’abord méfiante puis contente de découvrir de nouvelles saveurs. Avec l’âge j’ai appris à forcer mes intuitions premières, à gouter avant de me faire une opinion. Reste que je n’ai jamais compris le principe d’éduquer son palais où quand soit disant tu gouttes un truc la première fois, tu n’aimes pas, mais avec le temps tu apprends à apprécier. Si je n’aime pas, je ne vois pas pourquoi je me forcerais… Ainsi les fromages trop forts, le vin, le café et le foie-gras restent des mets incompris de mes papilles. Mais c’est devant le rayon confitures d’une épicerie aux produits frais ou cuisinés dans les règles de l’art comme il en fleurit un peu partout à Paris depuis 2 ans que j’ai eu l’illumination. Je guettais la confiture de mûres que j’aime tant avant de m’arrêter sur sa voisine au goût abricot. J’ai réalisé que j’avais envie de pêches, malheureusement la marque à laquelle mes tartines attribuent toute leur confiance n’en avait pas. Celle du dessus oui. Mais pêches / verveine. Quelle idée ? Pourquoi donc ajouter de la verveine aux pêches, des épices dans les poires, ou du laurier aux figues ?
D’instinct j’ai pris ma plus belle mine dégouttée et décroché le pot de confitures aux abricots-tout-court de l’étagère du dessous. Non mais…
Alors que la caissière me confortait dans mon choix je me suis vue lui répondre « oui je cherchais pêche mais vous ne l’avez qu’avec de la verveine. Je crois que j’ai des gouts très traditionnels -pour les confitures- en fait ! »

Ça peut paraître des détails pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup : cette semaine j’ai compris que mon rêve de danseuse étoile était définitivement voué à l’échec et que sous mes airs de nana bien de son temps, ouverte et tolérante se cache une vielle bique accrochée à sa confiture et ses habitudes…

Je pense que ma vision du monde est quelque peu perturbée.

Alors toi, dis-moi, t’arrive-t-il de te découvrir différent(e) de qui tu pensais être ?

xxx